07.12.2011

JE VOUDRAIS ...

 

  • Je voudrais faire la fête jusqu'au bout de la nuit et recommencer le lendemain soir sans problème, mais il me faut une semaine pour m'en remettre.
  • Je voudrais boire comme un trou et me réveiller fraîche comme une rose, mais trois coupes de champagne et j'ai la gueule de bois.
  • Je voudrais ne plus avoir d'enfants mais je jongle entre l'école, les activités sportives et les fêtes d'anniversaires.
  • Je voudrais manger des kilos de fraises tagada sans vomir ensuite, mais je vomis.
  • Je voudrais ne pas mettre de crême de nuit anti-rides et avoir un teint de rose au réveil, mais le matin je ressemble de plus en plus à Jeanne Calment.
  • Je voudrais aller chez le dentiste pour un simple détartrage, mais ma dentiste me dit "nous allons vérifier si vous n'avez pas d'arthrose dans les machoires".
  • Je voudrais être insouciante, mais je m'angoisse pour mes enfants.
  • Je voudrais partir sur un coup de tête mais je n'ai personne pour garder mes fils.
  • Je voudrais draguer mais je suis mariée et je ne sais même plus comment on fait.
  • Je voudrais  ne pas avoir à faire les courses et manger les restes mais on me demande "qu'est-ce-qu'on mange ce soir ?"
  • Je voudrais faire la grasse matinée, paresser dans mon bain, m'allonger sur mon lit pour bouquiner et révasser, mais à chaque fois que je tente le coup, c'est Beyrouth dans mon salon.


Je voudrais avoir 19 ans, mais aujourd'hui, je fête mes 39 29. 


17.06.2011

A FOND, A FOND, A FOND !!!

moi,n'importe quoi

16.02.2011

LOUISE MICHEL ? NON, LOUISE TOUT COURT.

Au risque de décevoir certains d'entre vous, je n'ai pas l'âme militante. Tandis que les défilés de protestations se multiplient en France et passent sous mes fenêtres, je reste tranquillement et passivement lovée dans mon canapé.

D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais manifesté, au grand dam de mon père qui, une fois à la retraite, s'est mis à participer à toutes les manifestations en compagnie de ma mère. Maman, encore prof, brandissait les pancartes : le lendemain, on pouvait voir une photo de mes parents à la une de la feuille de chou gauchiste locale. Ils détonnaient un peu, Papa dans son loden, Maman dans sa redingote en cachemire bleu marine, à côté des barbus-chevelus de la CGT, mais cela eut le mérite de me faire rire. Papa aime à se présenter comme un révolutionnaire - en blazer Hugo Boss ? - mais il est surtout gauche - caviar, même s'il s'en défend.

Pour moi, rien de tout cela car :

  1. Je n'aime pas les mouvements de foule, je suis un tantinet agoraphobe.
  2. Je m'embourgeoise en vieillissant, comme dirait mon père. Il est vraiment gonflé parfois !

Au lycée, les jours de grêve étaient pour moi un moyen de ne pas aller en cours. Les revendications de mes petits camarades m'ont toujours laissée de marbre. Où j'étais scolarisée, on pouvait presque compter sur les doigts d'une main les contestataires. Mais il faut dire que nous n'étions pas concernés par les mesures qui visaient à déterriorer nos conditions de travail : en dépit des nouvelles directives des ministres successifs de l'Education Nationale, l'établissement effectuait invariablement une sélection rigoureuse des élèves et tendait à niveler par le haut ; on visait les classes préparatoires plutôt que les voies de garage. Les seules craintes de ces jeunes gens issus pour la plupart de milieux archi favorisés étaient de pouvoir intégrer la meilleure prépa de la région. Les discours des révolutionnaires des autres établissements de la ville tombaient complètement à plat chez nous.

Plus tard, à la Faculté de Rouen puis à celle de Rennes II, je m'amusais des pannneaux d'affichage dans les halls d'accueil. Rouen et Villejean sont connues pour faire partie des universités les plus politisées de France, à l'image de Nanterre. A Rouen, il fallait vite décamper quand les étudiants FN de la fac de droit venaient casser du gauchiste à la faculté d'histoire : gaz lacrimo et matraques allaient bon train, mieux valait ne pas traîner ses guêtres du côté de l'UFR d'histoire. A Villejean, le hall était tapissé d'affiches de propagande du Bolchévik révolutionnaire" - sans doute précisait-on Révolutionnaire pour les crétins de première année ? Tous les murs étaient recouverts de feuilles de journaux rouge sang. Chaque jour, des chevelus avec des boucs tressés et des kickers nous demandaient de signer des pétitions : "Sauvons les indiens du Chiapas !" "Réhabilitons le Che !" "Aidons le front de libération des castors opprimés !" Puis, chaque année en février, Villejean revêtait sa tenue d'hiver pour faire face aux grands froids : pneus, chaises, bancs d'amphi et tables de TD venaient finir leurs jours dans un grand feu de joie devant les portes de la fac afin d'empêcher les non révolutionnaires de suivre les cours. Le temps s'écoulait paisiblement d'AG en AG où je n'ai jamais mis les pieds, bien trop occupée à boire une tasse de thé dans mon nid douillet.

J'ai toujours été fascinée par ceux capables de se mobiliser ainsi. Sans doute suis-je trop faignante pour cela (trop égoïste, c'est certain). Oh, je comprends qu'on manifeste parce qu'on veut nous supprimer des avantages acquis. Je ne m'offusque pas que la RATP mette la pagaille pour conserver ses avantages sociaux. Mais une fois de plus, c'est facile pour moi : les grêves ne m'ont jamais gênée car mon travail a toujours été proche de mon domicile, je n'ai jamais eu le moindre souci pour me rendre au boulot, j'apprécie même les jours de grêve car Paris change de visage.

On peut évidemment me reprocher ma passivité. Je ne brandis pas de pancarte, je ne conteste rien. Je me contente de prendre tout ce que la vie m'offre de bien et d'ailleurs, elle m'a toujours gâtée la vie, peut-être trop en fait. Je suis écolo à ma manière : je trie mes déchets, ne jette jamais un papier par terre et oblige mes fils à faire de même, je n'ai pas de voiture et utilise les transports en commun. ... Ouf, peut-être ne suis-je pas complètement perdue pour la cause ? 

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09.02.2011

QUAND ON PARTAIT SUR LES CHEMINS ... A BICYCLETTE !!!

Ce matin, j'étais d'humeur rêveuse et, comme souvent dans ce cas-là, j'ai ouvert la porte-fenêtre de ma chambre et me suis accoudée à la rembarde de mon balcon pendant de longues minutes. Alors que mon regard se posait sur l'une des multiples bornes Vélib' installées par la mairie de Paris, mon esprit s'est plu à remonter le temps. Ces vélos, en l'espace de quelques secondes, se sont métamorphosés en petite madeleine de Proust. Je me suis alors revue, adolescente, sur ma bicyclette.

C'était un vélo de ville bordeaux, certes un peu lourd à déplacer mais très élégant. Chaque jour, je pédalais pour me rendre au lycée. Je longeais le front de mer, puis le joli jardin Saint-Roch. Enfin, j'avais à rouler au beau milieu de la circulation sur 200 à 300 mètres tout au plus avant d'arriver à l'école.

Ma chère maman me disait toujours : "Attention aux voitures qui te doublent. Attention aux véhiculent qui quittent un stationnement. Attention aux automobilistes qui ouvrent leur portière sans regarder. Attention qux chauffards qui grillent stops et feux rouges." Et je suivais attentivement ses mille et une recommandations.

Mais un jour, j'avais quinze ans à peine. Il était là, dans sa voiture, une 306 blanche de société. J'avais senti sa présence depuis le parc. Il roulait presque au pas afin de rester le plus près de moi. Les autres voitures le klaxonnaient mais il n'en avait cure et se laissait doubler. Le feu est passé au rouge ; je me suis arrêtée. Il a immobilisé sa voiture juste à côté de moi. Sa fenêtre s'est ouverte et il a fait : "psst, psst !" Je me suis retournée et nos regards se sont croisés, puis mes yeux se sont arrêtés sur ... son entrejambe : monsieur s'astiquait avec ferveur ! 

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07.02.2011

OUPS !

Vendredi 3 août 2007, huit heures du matin.

Lui me réveille en m'enlaçant tendrement puis me sussurre à l'oreille :

- Bon anniversaire, mon amour.

- Hein ? Quoi ? Quel anniversaire ?

- Bah, notre anniversaire de mariage.

- Oh, zut, j'ai complètement oublié. C'est vrai que nous fêtons nos six ans de mariage.

- Ah non, Elsa, ce sont nos onze ans de mariage !

 

Consternation.

07.12.2010

L'ORIGINE DE L'HOMME, L'ORIGINE D'ELSA.

L’homme s’est toujours interrogé sur ses origines. Je ne fais pas exception à la règle. Pour moi, trois théories se complètent. J’affirme que :

1.       La théorie de l’évolution de Darwin est tout à fait fondée.

2.       Nous sommes tous issus d’Adam et Eve.

3.       La théorie du chaos s’adapte aussi à l’être humain.

Logiquement, vous argumenterez que, si l’on croit à l’évolution des espèces, on nie forcément la légende du Jardin d’Eden. Je ne peux que m’incliner devant un tel raisonnement. Pourtant, je vais démontrer que ces deux conceptions sont loin de s’annuler l’une l’autre et qu’elles peuvent même, dans certains cas, être complémentaires. Vous qui me connaissez maintenant savez à quel point mon esprit est cartésien, je vais au passage vous en donner la preuve une fois de plus.

 

 

I-                     Elsa et le Darwinisme :

J’ai entrepris des recherches généalogiques poussées afin de connaître mes ancêtres. J’ai réussi, en consultant les archives de ma mairie, à remonter jusqu’à la première Elsa de l’histoire familiale : Mamie Austrelsapithèque (aucune trace antérieure, puisqu’avant, c’était encore l’ère du singe !). Dans sa fiche d’état civil figure même une photo. Je n’y ai décelé aucune ressemblance flagrante (si ce n’est un grand nez ; déjà à l’époque …) : elle a la mâchoire beaucoup plus saillante que la mienne, est velue comme un singe (visiblement, Mamie Austrelsapithèque n’allait pas souvent chez l’esthéticienne) et est un peu voutée, si bien que ses membres supérieures, plus longs que les miens, ont tendance à toucher terre. Mamie Austrelsapithèque eut plein d’enfants. Je vous signale qu’elle avait en charge de fonder l’humanité à elle toute seule et qu’en plus la pilule n’existait pas encore. Résultat, je peux vous dire que ça y allait dans les fourrés, elle n’avait pas froid aux yeux ma grand-mère, ni aux fesses d’ailleurs avec tous ces poils …

Les enfants de mamie Austrelsapithèque se sont appelés Homo Elsabilis. Ils ont fabriqué des bricoles pour se faciliter la vie : un couteau électrique pour découper la viande de mammouth ou encore un chauffage électrique pour se réchauffer dans la grotte les soirs d’hiver. Dans ma famille on a toujours su se débrouiller : avec des bricoles, on fait des merveilles.

Au fil du temps, la famille s’est agrandie et ses membres se sont transformés. Ils ont réglé peu à peu leurs problèmes de dos : un bon kiné, deux trois massages et nous nous sommes progressivement redressés. C’est l’âge d’or de Mamie Elserectus.

Sa fille, Cromelsa, s’est exilée quelques temps du côté de Lascaux ; Une âme d’artiste ma grand-mère Cromelsa. Elle peignait des fresques tandis que son époux chassait.

Ensuite, mes ancêtres ont poursuivi leur petit bonhomme de chemin jusqu’à nos jours. Je suis donc le dernier produit de l’évolution selon Darwin.

 

II – Elsa au Jardin d’Eden :

                                                                                                                                                                               

Imaginez vos parents faire l’amour ! Beurk ! Oui, ça nous fait tous ça. Impossible d’y penser sans dégoût. Et pourtant, ils l’ont bien fait, sinon nous ne serions pas là. Mes parents l’ont fait en  tout et pour tout deux fois dans leur vie : une fois pour mon frère et une fois pour moi. Oui, c’est tout, puisque je vous le dis !

Le 7 mars 1972, Papa a croqué la pomme. La pomme, façon de parler, car il en faut un peu plus pour faire craquer un homme en cette période post soixante-huitarde. Maman avait tout prévu : elle était allée faire un peu de shopping ce jour-là et avait ramené une guêpière. (Imaginer sa mère copuler est déjà pénible, l’imaginer en guêpière est tout simplement traumatisant). Le soir venu, deux trois battements de cils de Maman et Papa croquait la fameuse guêpière. Neuf mois plus tard, le 7 décembre 1972, Maman enfantait dans la douleur (au jardin d’Eden, ils ne connaissent pas la péridurale : quelle arnaque !)

 

Adam et Eve n’ont pas eu trois fils, Caïn, Abel et Seth, mais une fille, moi, Elsa. Comment cela vous ne le saviez pas ?

 

 

III – Elsa et la Théorie du Chaos :

 

La Théorie du Chaos affirme que le battement d’aile d’un papillon au Chili peut provoquer un tsunami à Hawaï.

 

Il a suffi d’un battement de cils de ma mère le 7 mars 1972 pour qu’un raz de marée surnommé Elsa déferle sur la blogosphère trente huit ans plus tard.

 

Q E D.

 

 

38 ans ? La vache !

15.10.2010

TU VEUX ME PLAIRE ?

·         Tu es une bombe ? Tu commences bien ! Après avoir vu tes jolies petites fesses moulées dans ton jean, j’ai tout de suite envie de te mettre dans mon lit. Tu as le QI d’une huitre ? Rassure-toi Chéri, tu n’es pas là pour ton intellect, uniquement pour m’envoyer au septième ciel. C’est tout ce que je te demande, c’est bien suffisant, non ?

Ah, j’allais oublier : je déteste dormir avec quelqu’un. On se revoit bientôt ; promis, j’te rappelle.

·         Tu as quarante ans ? Je me suis toujours posé la question : pourquoi toi, l’homme de quarante ans, te laisses-tu pousser le ventre ? Et j’ai toujours trouvé la même réponse : parce que le seul sport que tu pratiques est le lever de coude devant un match de foot à la télé. Tu penses vraiment pouvoir me plaire comme ça ? Passe ton chemin, vieux ! J’ai mieux à la maison : un homme qui s’entretient, préfère faire du sport plutôt que se vautrer dans son canapé. Prends-en de la graine !

·         Tu es un investisseur né ? Je me fous totalement du CAC 40. J’ai déjà du mal à m’intéresser à mon banquier quand il me parle de mon livret A. Alors tes actions en bourses et tes placements immobiliers … Tu ne voudrais pas te taire un peu, tu me fatigues !

·         Tu es un intellectuel ? Tu as vu l’exposition Claude Monet au Grand Palais – par hasard : tu trainais dans le quartier et tu as eu envie de faire pipi, il y avait de la lumière dans le Grand Palais, tu es entré ; dix-sept ans que tu n’avais pas mis les pieds dans un musée – tu as appris le dépliant par cœur juste avant notre dîner en tête à tête, tu le récites avec emphase. C’est bien, tu es un bon élève. Mais quand je tente d’élever le débat en conviant Pissarro, Manet et Degas à notre table, tu me réponds : « tu ne m’avais pas dit que tu avais invité tes potes à dîner ! » Tu me vois alors souffler : c’est le signe qu’il faut que tu te taises. Mange donc, ça t’évitera de parler.

·         Tu es un baroudeur ? L’idée n’est pas mauvaise, nous nous laissons toutes séduire par un homme qui a bourlingué. Si c’est vrai, je boirai tes paroles en caressant ta peau tannée par les embruns. Si c’est faux, je lèverai les yeux au ciel : tu as un peu trop abusé des UVB dans la cabine de ton Point Soleil et ta dernière découverte d’une tribu primitive dans la forêt de Berck-sur-Mer me donne envie de renverser mon verre de tequila sur ton treillis Décathlon et ta chemise achetée l’après-midi même chez Terrang.

·         Tu as une grosse bagnole ? Passe-moi tes clefs, moi aussi j’adore faire vroum vroum place de la Concorde et donner les clefs au voiturier de la Closerie des Lilas. Ca m’amuse cinq minutes. Toi aussi, tu m’amuses cinq minutes, Canard ! Alors comme ça Dame Nature ne t’a pas gâté : tu sais ce qu’on dit ? Grosse voiture, petite **** ! Alors maintenant, retourne laver ta voiture au car wash, je t’ai assez vu.  

·         Tu es un surfeur ? Sache que je ne transgresserai pas la règle élémentaire qui consiste à ne jamais ramener un surfeur à Paris : un surfeur se consomme sur place, c'est-à-dire sur la plage ; c’est écrit en petite ligne sur les textes invoquant la loi littorale : « ne jamais déloger un surfeur de son milieu d’origine, espèce protégée, au même titre que les ormeaux ».

·         Tu es un homme de pouvoir ? Beaucoup de femmes sont prêtes à tout pour être avec un homme tel que toi. Dommage, mais je n’ai pas la fibre Carlita. Et puis, je ne voudrais pas divulguer un secret, mais des tas d’hommes très influents ont besoin, sans doute pour contrebalancer ce pouvoir justement, d’être dominé sexuellement. Mais, si tu me paies bien, je veux bien te fouetter après t’avoir attaché à la croix de Saint-André chez Cris et Chuchotements. Qui sait, peut-être même que je pourrais y prendre goût ? Dorénavant, appelle-moiMaîtresse Elsa !

 Mon pauvre ami, décidément, tu n'es vraiment pas doué ! Tu n'as aucune chance avec moi. Mais ce n'est rien, de toute façon, je ne suis pas libre.

07.10.2010

UN MOT SUR MA FAMILLE ...

images.jpgComment vous parler de ma famille ? Je peux d’ores et déjà vous dire que je suis née dans une famille tout ce qu’il y a de plus normal, avec ses secrets inavouables, ses petites faiblesses, ses procédés peu recommandables, ses histoires abracadabrantes, ses membres farfelus. Je ne crois pas à la famille parfaite et bien sous tous rapports, et puis ce serait tellement ennuyeux. Non, chez moi, vraiment, on ne s’ennuie pas …

 

 

Alors, disons pour commencer que je suis issue d’une lignée de nobliaux bretons sans le sou qui survécut à la Révolution Française, mon ancêtre de l’époque, un certain Corentin Cosquéric de Kerlidec, treizième comte de Ploubahinec, ayant préféré se réfugier en Suisse en attendant des jours meilleurs, plutôt que  rejoindre la Chouannerie ou se faire couper la tête. Lors de son exil helvétique, il épousa Lucie, roturière fort laide mais qui avait eu le bon goût de combler ces deux tares par un statut d’unique héritière de la Banque Genevoise.

 

 

 

Las des montagnes suisses et des « lalalaidou » et désireux de s’imposer socialement et économiquement dans son pays d’origine, Corentin revint à Paris, en ayant pris soin d’attendre la fin de la Révolution de 1848. Il installa dans le faubourg Saint-Honoré la première succursale parisienne de la banque familiale. Mon ancêtre sut s’attirer les faveurs de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie qui lui accordèrent de nouveaux titres de noblesse – duc de Cloirac, Baron de la Mortière -  et récompensèrent sa servilité et ses flatteries en lui restituant l’ancienne propriété finistérienne agrandie des deux tiers. La Banque Genevoise finança une partie des travaux d’Haussmann et participa à l’aventure des chemins de fer.

 

 

 

Après les évènements de 1870 et jusqu’en 1914, les héritiers pratiquèrent avec maestria le retournement de veste à de multiples occasions tirant ainsi leur épingle du jeu en prenant un minimum de risques. Le caractère fort et courageux de mes ancêtres les incita à rester planqués dans leur propriété helvètique jusqu’en 1918. Tandis que le monde entier mourrait sous les balles, mes aïeux organisaient de somptueuses fêtes sur les rives du Lac Léman.

 

 

 

 

La paix signée, ils regagnèrent Paris. Cependant, ils évaluèrent mal les effets de la Crise de 1929 si bien que la Banque Genevoise sombra. Mais rassurez-vous chers lecteurs, mes aïeux avaient su faire quelques réserves personnelles ; on peut même dire qu’ils ont été les inventeurs du fameux parachute doré. Ainsi, les Cosquéric de Kerlidec de Ploubahinec de Cloirac de la Mortière purent continuer à mener grand train sans le moindre scrupule.

 

 

Quand la France déclara la guerre à l’Allemagne, mon grand-père, grâce à l’appui d’un de ses amis ministres, pût rester tranquillement chez lui à siroter son bourbon et tailler ses rosiers. Grand-papa craignit bien en 1945 quelques représailles du fait qu’il s’était lié d’amitié avec des membres du Gouvernement de Vichy mais il louvoya tant et si bien qu’il ne fut jamais inquiété.

 

 

 

 

La guerre une fois terminée, mes grands-parents, qui venaient de donner naissance à Maman, se contentèrent de gérer leur fortune. Etablis avenue de Breteuil dans le VIIème arrondissement, ils firent bien vite partie du Tout-Paris. Ils étaient de toutes les grandes fêtes, de tous les bals costumés, fréquentant les Cocteau, Vilmorin et autre Cuevas. C’est d’ailleurs à cette époque que Maman fit son entrée dans le monde…

 

 

 La vie mondaine de mes grands-parents maternels grignota la fortune familiale. La dot de Maman s’en trouva considérablement réduite. Mais Maman, étant une jeune fille pleine de ressources et peu désireuse de travailler, décida de partir à la recherche d’un mari fortuné ou du moins avec un brillant avenir devant lui, promesse de richesses à venir. En échange, elle apportait son nom : comtesse Amélia Cosquéric de Kerlidec duchesse de Clérac baronne de la Mortière. Le soir de sa participation au Bal des Débutantes, un ami de la famille lui présenta Papa.

 

 

 

Papa avait terminé un an plus tôt ses études de chirurgien puis était parti compléter sa formation en techniques de chirurgie esthétique à la prestigieuse université de Yale. « Les américains sont largement en avance sur nous dans ce domaine », disait fréquemment Papa, qui voyait en la chirurgie esthétique la future poule aux œufs d’or de la médecine française. Il ne s’était guère trompé. Maman crut en lui et sesimagesCADEAYBF.jpg capacités financières futures si bien qu’elle l’épousa en 1972, date à laquelle il installa la célèbre Clinique Esthétique de Paris, pionnière en France, au 18, rue de l’Université. Le succès fut immédiat. Ma mère retrouva le niveau de vie de son enfance, Papa opéra le Tout Paris et transforma Maman en clone d’Yvana Trump.

 

 

 

Le mariage de mes parents ne résista ni à l’emploi du temps de fou de mon père, ni à ses incartades avec les infirmières ou les clientes de la clinique, ni aux nombreux amants de Maman : ils divorcèrent alors que j’avais six ans.

 

 

Bien que Maman n’eut pas réussi à plumer Papa comme elle l’aurait souhaité –Papa avait su s’entourer des meilleurs avocats ; Maman les lui emprunta d’ailleurs lorsqu’elle eut quelques soucis avec son mari suivant - leurs relations restèrent des plus cordiales, Papa opérant Maman gratuitement dès que son besoin de rajeunissement se faisait sentir, c'est-à-dire en moyenne une fois tous les six mois.

 

 

 

Sitôt divorcée, Maman mit le grappin sur un second mari, un gros industriel libanais. Alors que, quelques mois plus tard, il lui faisait part de son intention de divorcer, il décéda d’une crise cardiaque, lui léguant au passage la totalité de sa fortune. Les avocats de Papa furent sollicités et surent défendre les intérêts de Maman, au détriment des propres enfants de mon beau-père.

 

 

 

Peu échaudée par ce second fiasco matrimonial –l’argent fait oublier bien des désagréments- Maman, qui avait fait sienne la devise de la Duchesse de Windsor : « Jamais trop mince, jamais trop riche », n’hésita pas à répondre oui à la demande en mariage d’un troisième admirateur, non moins fortuné mais en revanche beaucoup moins hétérosexuel : Heinrich Von Klupper. Les parents d’Heinrich, de noble extraction germanique, avaient jugé préférable de s’exiler en Amérique Latine en 1945. Ils s’étaient installés à Bariloche, charmante bourgade tyrolienne des Andes Argentines.

 

 

A la mort de ses parents, Heinrich intégra l’Ambassade d’Allemagne à Paris en tant que responsable de la promotion des artistes allemands à l’étranger. Ce fut d’ailleurs lors d’un dîner dans les salons de l’Ambassade que Maman rencontra Heinrich. Leur petit arrangement fonctionna toujours parfaitement : chacun étant libre de vivre ses propres aventures en toute tranquillité, l’un  assurant respectabilité à l’autre et vice et versa.

 

 

Papa ne se remaria pas. Il avait fait fortune grâce à sa clinique et celle-ci lui imagesCAN3UE3B.jpgapportait, sur un plateau, toute la chair fraîche dont il pouvait rêver. C’est fou ce que les femmes sont prêtes à faire pour obtenir de nouveaux seins ou encore une simple injection de botox. Le lit de Papa n’a jamais désempli. : blondes, brunes ou rousses se succédaient en échange d’implants mammaires ou d’une liposuccion. Et qu’on ne lui dise pas qu’il profitait de son statut, non, il ne demanda jamais rien, n’obligea personne : les patientes se dévêtaient toutes seules et offraient leurs services sans qu’il ait eu à dire quoi que ce soit. Qu’elles  fussent jeunes, il se laissait faire et acceptait ensuite d’opérer gratuitement ; c’était toujours un plaisir ! Qu’elles fussent vieilles, que la peau fripée de leurs fesses ballotta devant ses yeux, que leurs seins en gant de toilette frémissent à l’idée de nouvelles poches de silicone gratuites, il leur conseillait, tout en leur faisant un baisemain charmeur auquel elles ne pouvaient résister, de se rhabiller vite fait et de revenir après avoir fait raquer leur mari.  Puis il prenait un bain de jouvence en plongeant sa tête dans le décolleté aguichant d’une jeune infirmière peu farouche tout en tâtant les fesses fermes sous la mince blouse blanche. Tout cela ne lui laissait guère de temps pour sa famille.

 

 

Mais pouvait-on encore parler de famille quand une mère passait d’un mari à un autre, quand un père partait en séminaire en compagnie d’une ou l’autre de ses maîtresses, quand une enfant n’était dorlotée que par la gouvernante dans un appartement trop grand, trop silencieux et désespérément vide ?

27.08.2010

LE DERMATOLOGUE.

imagesCAAYNQDO.jpgCet été, Lui et moi avions chacun un grain de beauté à faire enlever, Lui à l’arrière de la tête, moi en bas du ventre. Nous avons donc pris rendez-vous le même jour et nous sommes rendus ensemble à nos consultations respectives. Dans la salle d’attente pleine, que des patients de plus de quatre-vingt ans, à tel point que nous nous demandons si nous n’avons pas atterri dans un service de gériatrie.

Une demi-heure plus tard, le docteur vient nous chercher. Il a dépassé l’âge légal de la retraite. On nous a prévenus, l’homme n’est pas un bavard, plutôt du genre austère.

Lui passe en premier ; il suit le toubib dans une pièce contigüe au bureau. L’opération ne prend qu’un quart d’heure, le médecin n’a pas ouvert la bouche.

Vient mon tour. Je lui expose la raison de ma visite. Il regarde le bouton à ôter et se montre perplexe.

-          Déshabillez-vous entièrement, me dit-il. Je vais examiner vos autres grains de beauté.

Et tandis qu’il m’examine, le voilà qui se met à parler, parler, parler. On a l’impression qu’il revient d’un tour du monde à la voile en solitaire. Et puis il commence à blaguer et à rire. On est copains comme cochons !

Dans la pièce voisine, Lui qui peut nous entendre par la porte entrebâillée, n’en revient pas. Ce n’est plus le même homme : le toubib est transformé. L’assistante du médecin est médusée.

L’examen va durer trente cinq minutes. Le docteur fait du zèle.

Finalement, il accepte d’enlever le bouton indésirable ; Je reste encore étendue vingt minutes. Pendant l’opération, il s’arrête un moment et me regarde :

-          Hou la la, qu’est-ce qu’il fait chaud aujourd’hui, vous ne trouvez pas ?

Et il joint à la parole un geste de la main imitant le mouvement d’un éventail.

-          Docteur, ça va faire presque une heure que je suis allongée toute nue sur votre table et il fait dix-sept degré à tout casser dans cette pièce …

J’entends Lui se marrer de l’autre côté de la cloison.

Le dermatologue finit de recoudre sans que sa conversation tarisse.

Je me rhabille et nous rejoignons Lui. Le médecin est transformé : c’est un homme neuf. Il nous fait ses recommandations et nous donne deux nouveaux rendez-vous afin de vérifier la cicatrisation puis d’enlever les fils.

Il nous raccompagne jusqu’à la sortie toujours en plaisantant, devant l’air éberlué de son assistante et de sa secrétaire. Il nous salue puis retourne à son cabinet soigner ses petites mamies qui patientent maintenant depuis une heure trente.

C’est fini, il ne reparlera plus … jusqu’à lundi, date de mon prochain rendez-vous.

 

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01.07.2010

LE TAG DE LA PLAGE.

imagesCA1LDKT6.jpgQuand je suis à la plage et que j’ai sous le coude une âme charitable – et inconsciente - pour surveiller mes enfants, je lis ELLE. En lisant ELLE, j’ai découvert un questionnaire que j’ai trouvé plutôt amusant. Oh, je vous entends râler, vous les pseudo-intellos à deux balles cinquante ! ELLE ? Elsa, pourtant si spirituelle - si, si, vous avez dit cela aussi - ne lit pas ELLE, impossible !

Soyons clairs : ELLE, c’est exactement ce qu’il faut quand on est allongée pratiquement nue et que d’affreux gamins, s’amusent à courir autour de vous, un pistolet à eau entre les mains. La plage n’est pas l’endroit idéal pour lire Gide ou Hugo.

Et puis dites-vous que j’aurais pu trouver pire. Imaginez que j’achète le Nouveau Détective et que je décide de lancer le QCM de l’été meurtrier.

1.       Combien de coups de tournevis, la petite Jenifer a-t-elle reçu avant de décéder dans d’affreuses souffrances ?               A. 1     B. 12   C. 88

2.       A quel étage se trouvait Kevin, 10 mois, au moment où son père l’a défenestré parce qu’il refusait de manger sa purée de carottes ?           A. 2ème    B. rez de chaussée   C. 17ème      (attention, il y a un piège !)

3.       Qui a violé la petite Samantha ?                    A.   son père   B.  son frère   C.  son chien

4.       Combien de caves ont été construites en Autriche ces six derniers mois ?    A.  4  B.  23   C.  59

Vous voyez qu’il y a bien pire que ELLE !

 

 

 

Alors passons à ce nouveau tag !

 

 

 

La dernière fois que vous vous êtes mouillée ?

Il y a quatre heures, j’ai pris une douche. Pas vous ? Beurk, vous êtes sale !

Cet été, vous faites quoi ?

Je vais en Bretagne pendant un mois et demi et je file ensuite en Pays de Loire pour mettre mon ciré et mes bottes Aigle à sécher avant la rentrée.

Vous êtes plutôt eau, air, terre, feu ou vodka ?

Champagne, depuis le temps que je vous le dis, vous ne devriez même plus me poser la question.

Ca vous arrive d’envoyer des SMS dans la mer ?

Ce sont des trucs de d’jeuns ça. Mon fils voyant une canette de coca qui flottait dans le port d’Audierne l’autre jour m’a dit : « Maman, regarde, une canette à la mer ! Tu crois qu’il y a un message dedans ? »

Vous préférez les grosses palourdes ou les petites morues ?

Plus jeune, je suis sortie avec un type con comme un bulot. Ce sont des choses qui arrivent ... même aux meilleurs !

Votre kif sur la plage, c’est de mater les garçons de la serviette d’à côté ou d’attendre qu’ils vous matent ?

Cet été, pas de chance, il n’y a que des pères de famille bedonnants. Que voulez-vous que je mate ? En revanche, ils n’ont pas les yeux dans leurs poches, les cochons !

Vous êtes plutôt string et monokini, deux pièces ou une pièce ? 

Jamais de monokini et pas plus de string. Un joli deux pièces noir ultra simple. Mais quand je bronze à plat ventre, je tournicote le bas de mon maillot de bain pour bronzer au maximum des fesses (on se calme, on se calme !). J’ai un vieux maillot de bain noir une pièce de chez Erès, qui est sublime mais seulement une fois que je suis bien bronzée.

Si Cameron Diaz vous demande de waxer sa planche de surf, vous le faites ?

Wa xer Cameron !

Et si Kelly Slater vous le demande ?

Seulement si tu me waxes avant, Baby !

Vos trucs pour être sexy en maillot de bain ?

Pas de cellulite, pas de bourrelet et pas de seins qui tombent.

Le top en amour de vacances ?

Un câlin dans le lagon de Bora Bora. Les fauchés, vous pouvez toujours vous rabattre  sur l’ile de Sein, mais prévoyez un string en mohair !

Vous êtes plutôt beach girl ou sombre héroine de la mer ?

Je suis plutôt Maman qui passe son temps à courir après ses enfants. Même plus le temps de se dorer la pilule sur sa serviette, pfff !

Vous êtes du genre à bronzer ou à faire des cloques ?

A bronzer.

Votre type de garçon en été ? Et en hiver ? 

En été, Lui est tout bronzé avec les fesses toutes blanches (ça fait fluo dans la nuit !). En hiver, Lui est blanc comme un cachet d’aspirine avec les fesses toutes blanches (ça fait …rien !).

Votre tube de l’été préféré ?

Un pot de graisse à traire parfumée au Monoï afin de rentrer toute noire à Paris.

George Clooney vous demande de lui mettre de la crème solaire sur le corps, vous commencez par où ?

Par les fesses, comme ça il est obligé de se déshabiller. Après, je lui demande de se retourner …. censuré !!!

Sim vous le demande, vous commencez par où ?

Par son crâne, seulement son crâne. (J’y pense, il n’est pas mort Sim ?)

Votre look préféré pour l’été ?

Mon nouveau maillot de bain deux pièces noir.

En été, vous êtes bling-bling ?

Heu, le biniou ne fait pas du tout ce bruit là !

amarrez-vous votre yacht ?

Je n’en ai pas, mais mes garçons si : deux yachts de la marque Playmobil, amarrés dans le port de Salle De Bain sur Mer.

La partie de votre corps que vous préférez ?

Mes jambes et mes épaules. Mes jambes pour qu’on les caresse, mes épaules pour qu’on les embrasse. Ouh, c’est chaud !

Votre plat d’été préféré ?

Des bigorneaux tièdes sur une tranche de pain-beurre.

Vous avez des phobies d’été ?

Je crains les grosses vaches qui font du monokini, un coup de sein dans la figure est si vite arrivé.

Statistiquement, vous faites plus l’amour en été qu’en hiver ?

Si j’étudie les statistiques du mois de juillet, ce n’est pas brillant puisque Lui est à 600 bornes de là. Mais je table sur une nette progression au mois d’août. La courbe de croissance devrait grimper au rideau.

Peut-on être sexy avec des palmes au pied et un masque sur le visage ?

Vous en avez d’autres des questions cons comme ça ?

Avez-vous déjà pris un bain de champagne ?

Je ne suis pas une prostituée russe en villégiature à Saint-Tropez !

Questions subsidiaires :

 

Qu’est-ce-qui vous énerve sur la plage ?

Hier, une bande de gamins de douze ans en train d’écouter du rap. Ils ont du confondre Audierne avec la Grande Motte ou Paris Plage !

 Qu’est-ce-qui vous plait sur la plage ?

 

L’été dernier à l’Ile de Ré, deux adolescents sont venus me voir : « Ca te dirait de venir à notre feu de camp ce soir ? » Ils m’avaient prise pour la baby-sitter ! Yes ! Elle est pas belle la vie, hein ?

 

... ou alors c'était un petit jeune qui voulait se taper une cougar ...

14.06.2010

LA CLASSE.

imagesCAD89UIW.jpgJ'ai eu envie de me faire belle. J'ai mis une robe noire trois trous qui s’arrête au dessus du genou, des escarpins noirs et mon collier Darel. Je me suis fait un chignon banane, j'ai pris un joli sac à main et suis allée me promener. Mon parfait look Jackie K.

 

 

Je me suis fait siffler par les éboueurs du camion poubelle qui passait par là.

 

 

 

Ca c'est la grande classe !

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07.06.2010

PARIS

imagesCAYC86IA.jpg

Je n’avais jamais envisagé de vivre à Paris, c'était même impensable pour moi, tout simplement invivable, parce que trop gris, trop cher, trop métro boulot dodo ; c'était ainsi que je l'imaginais. En plus, il n’y avait pas la mer, or la mer faisait partie de ma vie : que ce soit au Havre ou à Audierne, les maisons de mes parents faisant face à la mer. Quelle que soit la pièce où l’on se trouvait, on la voyait. On vivait au rythme des tempêtes ou des bateaux entrant et sortant du port. On regardait chaque soir les couchers de soleil, on savait quelle heure il était en voyant les ferries partir pour l’Angleterre ou l’Irlande. Les promenades se faisaient sur le front de mer au Havre, sur la plage de sable fin à Audierne. Vivre sans la mer me semblait tout bonnement impossible. Et puis Le Havre Sainte-Adresse, aussi curieux que cela puisse paraitre car tout le monde sait que ce n’est pas une jolie ville, c’était chez moi. Audierne n’a toujours été que le lieu de mes vacances : je suis contente d’y aller, je suis aussi contente d’en partir.

 

Quand je dus quitter mon chez moi, je le fis avec un pincement au cœur. J’abandonnais une partie de moi, je laissais mes souvenirs d’enfance, d’adolescence derrière moi. Je me retrouvais en quelque sorte orpheline même si j’avais un joli appartement à Paris dans le Vème arrondissement. Cet appartement c’était chez moi bien sûr mais autour, Paris était une terre un peu étrangère, une ile ... sans la mer. Quand je retournais chez mes parents, je me ressourçais.

 

 

Puis, tout doucement, Paris a changé de visage … à moins que ce ne soit moi qui ai évolué. Oui, c’est fort probable. Paris est devenu mon chez moi. Pourquoi ce changement ?

 

Parce que j’y ai construit ma vie, parce que j’y ai aimé, parce que j’ai pu accrocher des souvenirs aux frontons des monuments parisiens, parce que je m’y suis fait plein d’amis, parce que j'y ai travaillé, parce que mes enfants y sont nés, parce que c’est à Paris qu’ils ont fait leurs premiers pas, parce que Paris progressivement a pris à mes yeux figure humaine. Il n’y a pratiquement plus un seul endroit de Paris où je n’ai un souvenir : souvenirs d’une promenade, d’un baiser, d’un déjeuner, d’un vent froid un jour d’hiver, d’un goûter assis sur un banc dans un parc du Ier arrondissement ou d’ailleurs, d’une vieille connaissance rencontrée par hasard, d’une course sous la pluie, d’un café à un comptoir, d'une sortie au théâtre, d'une terrasse par une après midi d'été. Mais aussi souvenirs douloureux d'un jour où on est allé en urgence dans un hôpital parisien, d'un jour où, accoudée à un pont de Paris on a versé quelques larmes qui ont rejoint la Seine, d'un jour où on a quitté ses collègues avec lesquelles on s’entendait si bien. Souvenirs d’inconnus croisés, de rencontres, de drames, de petites peines, de joies et de grands bonheurs. Souvenirs de fêtes, de dîners, de soirées. Des vies, une vie, ma vie.

 

Longtemps je me suis demandée où j’irais si j’avais le malheur de perdre Lui. Aujourd’hui, je sais : chez moi, c’est à Paris et nulle part ailleurs. Même la mer ne me manque plus.

 

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27.05.2010

SAUTE QUI PEUT !

imagesCAKW1YHJ.jpgJ’ai fait ma B.A. Vous ricanez, n’est-ce pas ? Oh, ne niez pas, je vous entends de là. Elsa qui fait une bonne action ; on aura vraiment tout vu ! Elle passe son temps à se moquer de tout et de tout le monde – même sa mère le pense qui lui dit sans arrêt « Elsa, tu salis tout ! » - et pourtant elle a le toupet de nous dire qu’elle aide son prochain.

Hé bien, je vais vous dire une bonne chose : je suis la reine de la B.A. J’aide des mamies à descendre leur valise du train ou bien à traverser la rue – j’ai pris sous mon aile protectrice  deux sœurs jumelles qui comptabilisaient 168 ans à elles deux mais ne parvenaient plus à monter les marches – je ramasse les doudous qui tombent des poussettes, je donne un bonbon à un enfant qui tombe lourdement devant moi tandis que son imbécile de mère lui passe un savon monumental parce qu’une fois de plus le bout de chou n’a pas regardé devant lui, je prends les articles qui sont hors de portée des clients plus petits. Et pas plus tard qu’hier, avec mes fils, nous avons délicatement pris dans un mouchoir en papier un petit rat mulot égaré sur un chemin du Jardin des Plantes pour le mettre à l’abri dans un buisson afin qu’il ne finisse pas sauvagement assassiné par un joggeur inconscient.

Ca ne vous fait ni chaud ni froid parce que vous le faites également ; Oui, mais MOI, monsieur, j’ai sauvé une vie un jour. Et PAF ! Vous la ramenez moins maintenant, hein ? Vous êtes coi. Et finalement, vous voulez savoir ce que ça fait de sauver quelqu’un, vous voulez savoir ce qu’on ressent exactement au moment précis où l’on accomplit un tel acte.

 

C’était une froide journée d’hiver. Je téléphonais et, en même temps, je regardais par la fenêtre de mon salon la neige tomber à gros flocons sur Paris. Le ciel était bas et gris. Soudain, mon regard fût attiré par une silhouette sur le toit de l’immeuble d’en face. Une jeune femme avait ouvert la fenêtre de sa chambre de bonne. Elle portait une simple jupe sur ses jambes nues et un tee-shirt malgré le froid mordant de cette matinée de février. Elle venait de se doucher, ses cheveux roux étaient encore mouillés. D’un coup, elle enjamba la rambarde de son petit balcon puis se pencha. De l’endroit où je me tenais, je crus tout d’abord qu’elle cherchait quelque chose dans la gouttière.

Je sais ce que vous pensez : " Elsa ne tourne pas rond ! " Elle voit sa voisine sous la neige, habillée comme en été, enjamber la balustrade de son balcon mais elle ne tilte pas. Hé non, car tout cela va si vite et on ne pense pas instantanément au suicide. De plus, une fraction de seconde plus tard, elle enjamba à nouveau la rambarde et se réfugia dans sa chambre.

J’eus à peine le temps de raconter ce qui venait de se passer à mon interlocutrice à l’autre bout du téléphone que déjà elle revenait, vêtue cette fois d’un pantalon de jogging et d’un pull. Cette jeune femme voulait se suicider, mais comme il faisait froid, elle s’était rhabillée. Est-ce bien utile quand on veut sauter du sixième étage ? Voilà à quoi pensait cette jeune fille au moment d’en finir : à mettre un pantalon.

Elle était en larmes. Elle enjamba la rambarde pour la troisième fois. C’est à ce moment que je suis intervenue. Je sais, je comprends vite mais il faut m’expliquer longtemps. Je poursuis malgré vos sarcasmes : j’ai enfin ouvert ma fenêtre, ai hurlé de toutes mes forces « NOOONNN, ne sautez pas. Ca n’en vaut pas la peine. » J’ai gesticulé dans tous les sens ; j’ai  crié, j’ai dit n’importe quoi (je suis incapable de me rappeler quoi) pour qu’elle ne saute pas ; j’étais hystérique.

Au moment où j’ai compris qu’elle allait se tuer, voilà ce que j’ai ressenti : pas un instant je n’ai pensé à elle. Je me suis juste dit que si elle se jetait dans le vide, je verrais son corps ensanglanté écrasé sur le trottoir chaque fois que je regarderais par la fenêtre de mon salon. Ca n’était pas possible. Jamais je me suis dit « la pauvre va se faire mal, elle est malheureuse, il faut que je l’aide. » Non, j’ai crié uniquement pour ne pas avoir à subir cette vision tous les jours. En fait, je l’ai sauvée par pur égoïsme. Je suis comme ça.

Alors, elle m’a regardée, m’a fait un geste de la main comme si je la dérangeais dans une activité quelconque et a enjambé la rambarde pour la quatrième et dernière fois. J’ai appelé les pompiers qui sont venus la chercher.

Plus tard, j’ai aperçu sa famille venir chercher ses affaires. Un mois après, il y avait une pancarte « A Louer » sur la rambarde du petit balcon.

La vue est toujours aussi jolie de la fenêtre de mon salon.

04.03.2009

DANS LES PREMIERES FOIS, CE QUE JE PREFERE, CE SONT LES SECONDES.

(Article sur le thème "la première fois", pour le magazine Ladies Room.)

imagesCAJ219DJ.jpg-   Bonjour, Elsa. Vous êtes bien installée dans le divan ? On peut commencer la séance?

-Allons-y docteur !

-Bien, parlez-moi de votre première fois ?

-Ma première fois ?

-Oui. Qu’est-ce-qui vous passe par la tête quand je dis première fois ?

-Quand vous dites première fois, je pense au vélo.

-Comment cela ? Développez s’il vous plait. Votre point de vue m’intéresse, en vingt cinq ans de consultation, je n’ai jamais entendu réponse si saugrenue. Je vous écoute.

-Prenons la première fois où j’ai fait du vélo, docteur. Mon père tient le vélo et m’aide à avancer. Puis il effectue une légère poussée et me voilà qui avance toute seule. J’entends derrière moi mon père crier : « C’est bien, Elsa, tu avances toute seule. Continue tout droit, tu vas y arriver. » Fière de moi, je me retourne et boum ! Je tombe, forcément. Après cela, je ne voulais pas tenter à nouveau l’expérience – quand on se casse la gueule une fois, on n’a pas forcément envie de remettre le couvert - mais mon père a insisté - et il a eu raison d’ailleurs – si bien que deux jours plus tard, j’enfourchai mon vélo. La deuxième fois fut la bonne. Je savais enfin faire du vélo.

Après, il y a eu la première fois où j’ai embrassé un garçon. A quatorze ans, on se dit qu’il faut se lancer, qu’il va être temps d’embrasser un garçon avec la langue. Surtout si, comme moi, on a commis l’erreur de dire qu’on l’avait déjà fait mais qu’au bout de six mois aucun élève de la classe ne vous a vue en pleine action : les copains commencent à douter de la véracité de vos propos et vous mettent la pression ; alors si on veut cesser d’être la cible de leurs sarcasmes, il n’y a qu’une solution : prendre son courage à deux mains, dégotter un volontaire et l’embrasser lors d’une boum. Je n’avais pas choisi le bon garçon : il a enfoncé une langue énorme –tellement énorme que je l’ai surnommé langue de bœuf – j’ai failli mourir asphyxiée et ce taurillon me bava copieusement dessus. Vous parlez d’une réussite pour une première fois.

Mais finalement, lors d’une première fois, on n’a pas de repère, on n'a rien pour comparer, alors on se dit que ce doit être comme ça, un point c’est tout. Ma première expérience de bouche à bouche a finalement été aussi concluante que ma première fois à bicyclette : la claque. J’ai attendu un bon bout de temps avant d’embrasser à nouveau un garçon. Et, comme pour le vélo, c’est la deuxième fois qui s’est révélée agréable. Le numéro deux était tout le contraire du numéro un, j’aurais pu rester collée à ses lèvres pendant des heures. J’y ai pris goût, c’est le cas de le dire. Ce fût une révélation : ma véritable première fois en matière de baiser.

J’ai grandi et ne me suis plus contentée de flirter. J’avais un amoureux du même âge et tout aussi inexpérimenté que moi. C’est bien joli tout ça, mais on fait comment la première fois quand ni l’un ni l’autre ne sait s’y prendre ? Bah, on a improvisé. Ce n’était ni bien, ni nul, c’était un premier pas, un balbutiement. Absolument pas traumatisant, fort heureusement, pas l’extase bien sûr. Et ce que j’en garde, c’est un souvenir amusé et tendre : deux adolescents qui ont fait du mieux qu’ils pouvaient, le genre d’expérience qu’on souhaite à sa fille de connaitre le jour où elle décidera elle aussi de perdre sa virginité. Juste un joli amour de jeunesse.


Le corps lui ne garde pas souvenir des ces sensations, quelles sensations d’ailleurs ?
Des caresses maladroites, des gestes empruntés, des baisers timides. Rien qui enflamme, qui donne le vertige, qui irradie depuis votre nuque jusqu’au bas de votre colonne vertébrale. Pour cela, il faudra bien souvent attendre une seconde fois.

L’expérience nous fait toujours défaut mais pas à lui, en qui on a confiance. Il nous guide et l’on s’abandonne. On est surprise par ses caresses audacieuses qui nous font découvrir notre propre corps mais on lui demande de continuer car on connait enfin la jouissance : on ressent le plaisir pour la première fois. Dorénavant, notre corps ne pourra plus vivre sans. Notre nuque réclamera désormais d’être embrassée, nos seins attendront d’être pressés, notre corps tout entier voudra être possédé. C’est cette première fois là qui nous fera aimer l’amour. Quand je vous dis que la seconde est la bonne !

Et puis l’amour, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas.

-Parfait, votre séance s’est bien passée, Elsa. Nous avons à nouveau rendez-vous la semaine prochaine. Je vous raccompagne à votre voiture ?

-Merci Docteur, ce n’est pas la peine, je suis venue à vélo.

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29.10.2008

FEMMES, JE VOUS AIME ?

images.jpgBonjour,

Je me présente : Lui, le mari d’Elsa.

Certes, Elsa est belle, intelligente, spirituelle, drôle… les qualificatifs me manquent tant Elsa est parfaite - Mouais !!! Mais, car forcément, il y a un mais, Elsa est une femme. Et c’est là que le bât blesse, car une femme :

1. Ca glousse. J’entends déjà les commentaires des moins bimbos d’entre vous me dire : “moi, je ne glousse pas !” Détrompez-vous, vous gloussez comme les autres. En fait, vous ne gloussez peut-être pas pour les mêmes raisons : la bimbo glousse parce qu’un pseudo rital l’a complimentée sur ses protubérances mammaires savamment mises en valeur par un tee-shirt taille 4 ans, l’intello glousse parce que son collègue a fait une blague foireuse sur la théorie de la relativité. Je vous l’accorde, la bimbo glousse peut être un tout petit peu plus fort.

2. En même temps que vous gloussez, vous agitez vos doigts juste à hauteur de votre menton comme si vous vous éventiez, tout en soufflant délicatement : la blague est tellement drôle que vous en avez le souffle coupé. Pour une fois, rétablissons la vérité : vous n’avez strictement rien compris à cette p***** de blague ! et essayez seulement de vous donner une contenance.

Nous, les hommes, sommes assis les jambes écartées, le buste légèrement en avant, et nous tapons la cuisse généreusement : “elle est bonne, elle est bonne !” - la blague, pas la bimbo. Enfin la bimbo aussi : “Tu vas voir ce que tu vas prendre ce soir, ma cochonne !”

3. Vous êtes indisposées. Entre les trois jours de déprime prémenstruelle, les quatre jours de règles pendant lesquels vous êtes à prendre par des pincettes et la période d’ovulation qui vous met les ovaires à l’envers, il ne reste plus beaucoup de jours dans le mois pendant lesquels vous êtes opérationnelles : vous n’êtes finalement pas chi**** pendant … oh … trois jours tout au plus ; le reste du temps c’est Auberge du Cul Tourné.

4. Vous passez votre vie aux toilettes : “J’ai envie de faire pipi ! C’est normal, il fait un froid de canard.” “J’ai envie de faire pipi ! C’est normal, je sors de la piscine.” “J’ai envie de faire pipi ! C’est normal, je vais avoir mes règles aujourd’hui.” “J’ai envie de faire pipi ! C’est normal, je suis enceinte de deux jours : le poids du bébé !”

Nous, les hommes, lorsque nous nous retrouvons pour un week end à la campagne, nous nous alignons au fond du jardin pour faire un pipi collectif : “On n’est pas bien là, hein ?” - … pour bander, il faudra quand même attendre le retour à la maison, ces dames s’étant bien gardées de venir passer le week end loin des boutiques parisiennes. Et puis, il faut bien le reconnaitre, l’alcool, ce n’est pas bon pour ça.

5. Vous passez des heures dans les magasins pour finalement dégotter une affaire qui nous - oui, parce qu’en plus, c’est à nous les hommes de payer vos expérimentations vestimentaires - a coûté les yeux de la tête et que vous ne porterez jamais. “D’habitude, ce que j’achète me va toujours comme un gant. Mais là …” S’il vous plait, cessez de trouver des excuses bidons à vos pulsions de modasse : vous avez l’air d’un sac dans ce truc à manches, un point c’est tout !

Nous les hommes, détestons faire les magasins et préférons vous envoyer faire nos courses à notre place. Et quand vous nous montrez notre nouvelle tenue, nous vous remercions par un : “Ca, j’aurais pu le trouver tout seul !” Ne prenez pas cet air outré, cela vous plait qu’on vous parle de la sorte. La preuve, deux mois après vous y retournez.

6. Votre conscience maternelle n’est pas aussi développée que vous le prétendez : vous n’entendez pratiquement jamais nos enfants pleurer la nuit. Résultat, c’est à nous, les Papas, que revient la pénible tâche de se lever pour aller consoler ces enfants - dont nous ne voulions pas au départ, mais vous nous avez tellement forcé la main qu’on a fini par céder. Pendant ce temps là, vous vous vautrez dans notre lit king size, piquez la couette et râlez si un peu de lumière filtre dans la chambre. Et après on parle de fusion mère-enfant ! Mais je vois bien, moi, qu’Elsa ne fusionne qu’avec son lit ! Pfff. D’ailleurs, je me souviens qu’une nuit, je lui avais dit : “si tu pouvais me demander de les allaiter, tu le ferais !!!”

Finalement, vous fabriquez les enfants pendant 9 mois et les dix-huit années suivantes vous nous dites : “Hé oh, j’ai fait le plus dur, hein. Accoucher n’est pas une partie de plaisir. Maintenant, c’est à ton tour !”

7. Elsa est la reine des emmerdeuses.

Je pourrais continuer longtemps comme ça, tant Elsa et, à travers elle, toutes les femmes, sont pénibles. Mais si je commence à retrouver toute ma lucidité, nul doute que je vais demander le divorce. Or, à bien y réfléchir, c’est ce qui pourrait m’arriver de pire, car Elsa, à part ses défauts, elle est parfaite !