24.06.2010

MANUEL DE SURVIE A L'ATTENTION DE MES FUTURS INVITES.

imagesCA928CJW.jpgTandis que je lis, avec quelques difficultés, il me faut l'avouer (mon unique année de philosophie est hélas loin derrière moi), Le Manuel de survie dans les dîners en ville (ne vous fiez pas au titre, c'est ardu) des brillants philosophes Sven Ortoli et Michel Eltchaninoff, une idée de note me vient à l'esprit : écrire en quelques lignes un manuel de survie à l'attention de mes futurs invités.

 

 

Le propos est évidemment moins philosophique (moi, à part la philosophie de comptoir ... Il n'est point question ici de chien situationniste (?) ou de principe de Popper) mais peut-être plus humoristique. Ne vous méprenez pas, je ne remets aucunement en question le côté drôle du manuel original, je me délecte au contraire de leur second degré.

 

 

 Je conçois seulement un bref manuel que tous mes invités se devront d'apprendre par coeur si :

 

 

1.    ils veulent rentrer vivants chez eux.

 

2. ils veulent être réinvités à la maison.

 

 

 

·         La première chose quand vous êtes invité chez moi, c'est d'arriver à l'heure. "Bonnemine a une sale gueule", la femme de l'ancien chef de mon mari et qui a la facheuse habitude d'arriver la gueule enfarinée avec deux heures de retard, est interdite de séjour. C'est pour l'exemple.

 

 

·         Merci de m'offrir un bouquet de fleurs (j'adore les pivoines), cela va de soi. C'est moi qui cuisine (Lui risquerait de vous empoisonner), il est donc normal de me remercier. Pas de palmier qui font la taille du salon, ni de cactus, je les ai en horreur. Si vous amenez du vin à Lui, choisissez un bon Bordeaux plutôt qu'un vulgaire rosé, cela nous évitera le mal de crâne. Sachez que j'apprécie toujours autant le champagne.

 

 

 

·         Quelques règles de base qu'il est toujours utile de rappeler :

  • pensez à manger la bouche fermée. 
  •  N'accaparez pas la conversation, laissez les autres s'exprimer. 
  •  Cessez de dire : "Hé bien moi je , selon moi je, moi je ". Mais oui, tout le monde sait que vous, c'est toujours mieux.

·        

Ne ramenez pas vos photos de vacances : Jean-Claude et sa bedaine en Tunisie, Jean-Claude et sa bedaine dans un souk, Jean-Claude et sa bedaine sur un dromadaire, Jean-Claude et sa bedaine par dessus son maillot de bain. C'est long, c'est pénible et la bedaine de Jean-Claude coupe l'appétit à tous les invités.

 

 

·         Ne parlez pas de vos enfants : des enfants, j'en ai deux, ça me suffit amplement et ce sont les seuls que je supporte. Je me fous complètement de vos gosses, de leurs beaux dessins, de leurs magnifiques vélos et de leurs extraordinaires cacas.

 

 

·         Evitez les discussions santé : vous avez un cancer, certes je suis ravie pour vous, mais la description en long, en large et en profondeur de votre colonoscopie m'empêche de bien digérer mon saumon à l'oseille.

 

 

·         Epargnez-nous la liste de toutes les catastrophes et horreurs que vous avez vues au journal télévisé cette semaine : non, on ne parle pas du petit Etienne agé de six mois, atteint de mucoviscidose, abandonné par sa mère dans une benne à ordure, battu par son père alcoolique, violé à la DASS et écrasé par un camion.

 

 

·         Vous souhaitez parler culture, alors évitez de me dire d'un ton pédant : "Le Requiem de Fauré est mon Requiem favori." car je vous demanderai alors : "Quels sont les autres requiems que vous aimez ?" Ce à quoi vous répondrez : "Bah, heu, j'sais pas, j'en connais pas d'autre ". 

 

 

·         Vous avez le droit de putasser : tous les invités adoreront. Sauf si, étant la toute nouvelle femme du copain de Lui, vous putassez sur l'ancienne épouse qui se trouve être mon amie. Dommage.

 

 

·         Le bon dîner et les bons vins font leur effet, les esprits s'échauffent. Vous allez parler sexe : qui couche avec qui, qui saute qui. Comme les putasseries, le sexe est un sujet qui fédère. Mais essayez d'être léger, d'en parler finement et avec un minimum d'humour. Les grossièretés et les lourdeurs sont prohibées.

 

 

 

Enfin, si vous me voyez bailler après le digestif, partez, j'ai envie de dormir !

17.05.2010

PETITES HORREURS ENTRE PERSONNES CIVILISEES.

images.jpgJe ne jure pas comme un charretier. Je ne pense pas qu’il faille jurer pour affirmer sa personnalité. Jurer n’apporte rien, bien au contraire. J’essaie d’avoir un langage châtié. Bien sûr, je suis comme tout le monde et, parfois, je dérape. S’il m’arrive de dire « merde » quand je laisse tomber une assiette sur le carrelage de la cuisine, en société vous m’entendrez dire « mince » ou « zut » quand je commets une erreur. Si je m’énerve, comme ce fût le cas avec mon affreux voisin, mes cordes vocales peuvent se laisser aller à prononcer, bien involontairement ( ? ) un « c’est pas possible d’être aussi con ! », mais il faut vraiment que je sois dans tous mes états. Quant au très populaire « putain », vous ne l’entendrez sortir de ma bouche que si un indélicat automobiliste manque me tuer.

Si mon lexique ordurier est des plus restreints, celui de mes congénères est hélas beaucoup plus fournis. Et moi qui ai pourtant une imagination débordante, qui suis capable de disserter sur les sujets les plus farfelus, je suis en totale manque d’inspiration quand il s’agit d’insanités. Mais, n’étant pas bêcheuse, je m’intéresse et suis prête à « enrichir » mon vocabulaire.

Rien de plus facile hélas, il suffit d’écouter les gens dans la rue. J’ai entendu quelques spécimens des plus fleuris qui, s’ils attestent du néant intellectuel de leurs utilisateurs, traduisent, on ne peut que les en louer ( ? ), des qualités imaginatives hors du commun dans les domaines de la scatologie, du sexe et même de la naissance, sujet pourtant habituellement auréolé de beauté, de pureté et de douceur. Les filles n’ont rien à envier aux garçons. Ces très gracieuses demoiselles font également preuve de la plus grande audace. Vive l’égalité des sexes ?

En tendant l’oreille, j’ai surpris quelques perles qui devraient me faire pleurer, voire me pousser au suicide, mais le propos est tellement, tellement, tellement énorme que je préfère en rire.

Ami poète, voici pour toi une liste non exhaustive :

  • Amène ta mère que je te refasse.
  • Ton père t’a fini à la pisse.
  • Va faire caca dans ta caisse.
  •  Bouffe-moi la chatte.
  • Ton pote m’a mis les ovaires à l’envers.
  • J’te pisse à la raie.
  • Ta mère t’a chié en courant dans l’escalier.
  • T’es qu’une raclure de fond de bidet.

 

 

 

Pauvre France ! Moi, tout ça, ça me troue le cul !

                                                            

12.05.2010

PROVINCIAUX, BANDE DE PLOUCS !

images.jpgDepuis quinze ans maintenant que je suis devenue parisienne, des petites choses m’agacent quand je viens passer quelques jours chez vous en province.

·         Vous ne nous aimez pas, nous, les parisiens. Aux inévitables « Parisien, tête de chien, parigot, tête de veau » que vous vous sentez obligés de nous ressortir à chaque fois que l’on vous dit « j’habite Paris », je répondrai que le parisien est essentiellement un provincial reconverti. Nous sommes tous frères, yé !

·         Evitez de rayer ma voiture quand je rends visite à ma famille en Bretagne, simplement parce qu’on peut lire le chiffre 75 sur la plaque d’immatriculation. S’il vous plait, les Corses, ne vous sentez pas non plus obligés d’y déposer quelques bombes. (je rigole ! Dites, vous n’allez pas faire sauter mon blog pour si peu, hein ?)

·         Ne me tapez pas dessus quand je vais assister aux Gras à Douarnenez.

·         Dans les boulangeries, faites en sorte qu’on puisse acheter du pain au-delà de dix heures du matin.

·         Dans les restaurants, laissez-nous déjeuner même passé treize heures et dîner même passé vingt et une heures.

           Cessez d'être ville morte dès que dix-huit heures sonnent.

·         Ne mélangez pas tout : ce point s’adresse tout particulièrement aux anciens banlieusards partis s’installer en province et qui me disent toujours : « moi aussi j’ai habité Paris ! »

-          Ah bon, dans quel arrondissement ?

-          A Aulnay-sous-Bois.

-          Le parisien habite dans le 75 !!! et non dans le 93, le 94 ou le 92. Oui, je suis affreusement snob ! Mais il y a une grande différence entre un parisien intra-muros et un habitant de Plaisir ou de Compiègne. Le premier habite Paris, le second en banlieue et le troisième vit, comme vous, en province. Alors, quand vous vous écriez : « la qualité de vie à Paris, quelle horreur ! », le parisien, le vrai, vous répondra : « je n’ai pas besoin de voiture, j’ai absolument tout autour de chez moi (commerces, parcs, médecins, administrations, crèches, musées, spectacles, restaurants …) je fais tout à pieds. Le RER ? Connais pas ! Le métro ? Je vais bosser à pieds.» Hé oui, c’est ça aussi Paris ! Pas besoin de prendre sa voiture pour acheter une baguette de pain ou déposer ses enfants à l’école.

·         Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles incapables de comprendre quoi que ce soit. Les Marseillais : pas de « couillon » intempestif s’il vous plait ; c’est vexant à la fin.

·         Arrêtez d’augmenter vos prix sous prétexte que nous sommes parisiens. A Honfleur, le macaron est deux fois plus cher que chez Ladurée, mais deux fois moins bon.

·         A force de vouloir vendre vos maisons aux riches parisiens, vous videz votre magnifique Ile de Ré de sa population d’origine. Vos enfants ne vous diront pas merci quand ils voudront s’installer sur Ré la Blanche ou dans vos belles régions françaises. Les prix au Shopi de La Couarde ont tellement augmenté pour cause de parisiens en vacances (ne mettez pas tout sur le prix du passage du pont), que vous êtes obligés de le passer, ce fameux pont, et de faire trente kilomètres pour vous ravitailler à un prix décent au Carrefour de la Rochelle. Est-ce bien le meilleur calcul ?

Je conclurai par cette citation de mon cru :

«L’appât du gain est plus fort que la haine du parisien. »

 

Je vous sens énervés là, non ?

 

LE RETOUR DU BÂTON.

imagesCAGHGOGI.jpgBien que Parisienne, certaines manies de mes congénères m’insupportent quand je me rends en province.

  • Le Parisien a l’arrogance de l’imbécile. Il sait tout sur tout. Il fait un exposé grandiloquent aux pêcheurs de bar du Raz de Sein, leur expliquant comment mettre l’appât et lequel. Il donne un cours sur la chasse au sanglier aux Solognots. Bref, il emmerde tout le monde et démontre par A + B qu’il n’y connait vraiment et qu’il est parfois vraiment très con.
  • Le Parisien a le droit parce qu’il paie. Bonjour, merci, au revoir ? Connait pas.
  • Le Parisien en vacances s’habille comme … un Parisien en vacances : s’il va sur la côte atlantique, il est tout de jaune (ciré Cotten rutilant) et bleu marine vêtu (bottes Aigles scintillantes et pull rayé Armor Lux qui gratte). Une vraie panoplie de marin du dimanche, incapable de faire la différence entre un ormeau et un bigorneau. S’il va en Sologne, tenue intégrale Barbour. Parfois, la Parisienne oublie qu’elle a passé le périphérique et un affiche un look qui, s’il ne dépare pas outre mesure rue des Saints-Pères, la fait passer pour un indien quand elle se promène le samedi matin au marché de Ploubahinec. Maryvonne Lequerrou ne sait guère apprécier à sa juste valeur les nouveaux codes vestimentaires parisiens. Enfin, tout le bourg en parlera encore dans dix ans.
  • Avertissement aux Parisiens du très clinquant, m’as-tu-vu, parvenu VIIIème arrondissement de Paris : pitié, ne quittez pas les enclaves que sont Deauville et Courchevel quand vous partez en vacances en province. Je n’ai aucune envie de voir vos immondes manteaux en renard bleu et vos grotesques bagues de quarante carats chacune dans mon petit port de pêche finistérien.

 

Et après, on s’étonne que les provinciaux ne nous aiment pas …

 

28.04.2010

FAMILLE, JE VOUS AIME.

images.jpgCertains disent « je t’aime » à tout bout de champ. Je n’en suis pas. Je fais partie de ces gens qui, à la mort de leurs parents, regretteront de ne pas le leur avoir dit, ne serait-ce qu’une fois. Est-ce de la froideur ? Plutôt de la pudeur. L’écrire est déjà plus facile, surtout pour moi qui manie avec plus de facilité la plume que la parole. Je me dis que peut-être, un jour, ils liront ce texte et comprendront à quel point je les aime. Et en même temps, j’ai peur : encore cette foutue pudeur.

 

 

Lui est le seul homme à qui j’ai dit « je t’aime » et encore, puis-je compter sur les doigts de la main les fois où je l’ai fait. Lui-même ne me le dit pas souvent mais cela ne me gêne aucunement, ses regards et ses gestes sont autant de déclarations d’amour. Banaliser les « je t’aime » reviendrait pour moi à les transformer en « j’adore ». Ce « j’adore » qu’on emploie à tout propos et qui signifie actuellement : « cette chose me plait, je la veux, je l’achète, je la possède ». Mais je n’oublie pas pour autant les « j’adore quand tu te coiffes comme ça » ou encore « j’adore ta petite moue quand tu n’es pas content », toutes ces phrases qui donnent du sens à la vie de couple. Cependant, ce ne sont que des petits plus à un grand « je t’aime » pesé et mûrement réfléchi. La sobriété et la simplicité d’un « je t’aime » lui confèrent une certaine sacralisation. On n’est plus dans la consommation de masse ni dans la parole touchante et complice. On donne, on s’efface même et ainsi, l’on divinise l’objet de notre amour. Pas de méprise, on ne s’avilit pas en portant l’être aimé aux nues, simplement on le rend et on le sait digne de notre amour ; notre amour vaut bien ça lui qui n’a jamais été si fort. Voilà pourquoi je préfère utiliser ces trois mots avec parcimonie, ils n’en auront que plus de valeur.

 

Finalement, c’est avec mes enfants que je suis la moins avare de « je t’aime » et je me contredis effrontément avec tout ce que j’ai écrit précédemment. Avec eux, j’abandonne la pudeur que connaissent mes relations avec mes parents. A mes enfants je dis tous les jours « je vous aime », je veux qu’ils grandissent bien. Parfois, ils s’arrêtent dans leurs jeux, le plus grand me répond : « moi aussi Maman je t’aime », le plus petit blottit sa tête dans mes jambes à défaut de pouvoir l’exprimer oralement. Nous nous étreignons.

 

Je me souviendrai de ces étreintes quand je serai vieille et que mes fils auront à leur tour perdu cette spontanéité à me dire leur amour. Je les regarderai couvrir leur femme du regard et dire à leurs enfants : « Papa t’aime très fort mon ange. »

26.04.2010

MES PETITS BONHEURS DE LA SEMAINE.

  • imagesCAVMV9U4.jpgMes enfants étaient en vacances chez leurs grands-parents, mon mari à l’étranger : pas de mari, pas de gosses, pas d’emmerdes !      
  • J’ai profité du temps magnifique qu’il a fait à Paris cette semaine.
  • J’ai mangé un pain au chocolat de chez Dalloyau.
  • J’ai flâné le long des quais, puis j'ai emprunté le Pont des Arts, me suis assise sur un banc et ai admiré la vue sur l'Ile de la Cité : ma vue préférée avec celle sur l'arrière de Notre-Dame.     
  • J’ai organisé une soirée entre copines à la maison. On devait être trois, le reste de la bande devant être aux quatre coins du monde ; mais les avions étant cloués au sol à cause du nuage de cendres, on a fini à une bonne dizaine. Je leur ai remonté le moral en leur servant ma spécialité : Saumur blanc, citron en petits morceaux, sucre, champagne. Et on recommence jusqu’à plus soif. C’est qu’elles boivent comme des trous ces mères de famille indignes ! On a putassé toute la soirée : qui couche avec qui dans le quartier : il s’en passe de belles rue Mouffetard !!!
  • J’ai dépensé une fortune en bijoux : 3 euros 95 la bague chez C & A. Qui dit mieux ?
  • Dès le mois d'avril, le parisien est tout émoustillé. Il faut dire que les parisiennes savent y faire : 
  • Trois vieux beaux déjeunent à une terrasse à Maubert. Au moment où je passe devant leur table, ils cessent leur conversation, me regardent en souriant, et l'un d'eux - celui qui a l'air le plus roublard - me dit : "vous apportez un charme particulier à ce quartier." Ah, l'âme de Saint-Germain des Près et du Quartier Latin ! Ils ont regardé mes fesses dès que je leur ai tourné le dos.
  • Trois beaux garçons m’ont souri dans la rue. (Si le canon de la place Saint-Sulpice qui m’a adressé un sourire ravageur mardi vers 18h voulait bien me rappeler au 06- …., ça m’arrangerait : vous étiez vraiment charmant !  Dépêchez-vous avant que mon mari ne rentre !!! Bah quoi ? Il faut bien que mon blog serve à quelque chose ! )
  • Je me suis levée, j’ai pris mon petit-déjeuner et … je me suis recouchée. Le pied !
  • Je me suis verni les ongles de pied devant la télé.
  • J’ai passé une matinée entière dans ma salle de bain à me tartiner de crème et à me faire belle.
  • J’ai chanté à tue-tête « Le petit pain au chocolat » de Joe Dassin.
  • Mon mari étant absent, j’ai pris toute la place dans le lit et j'ai dormi comme un bébé.
  • Enfin, j’ai vu l’exposition Saint-Laurent au Petit Palais et l’exposition Crime et Châtiment au Musée d’Orsay : il fallait bien que je fasse un truc adulte pendant ma semaine de vacances !

21.04.2010

DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

imagesCAA11EPN.jpgVoici le courrier que je reçois le 26 janvier 2009.

« Chère Elsa,

Nous avons décidé de procéder à de nombreux changements au sein du magazine Ladies Room. L’idée a été d’intégrer au sein des questions éditoriales et fonctionnelles, des filles qui sont emblématiques du site. Leur mission est de devenir les ambassadrices de Ladies Room, de faire partie des décisions éditoriales et fonctionnelles du magazine, de prendre parfois en charge la lourde tâche de rédaction en chef, de proposer rubriques, thématiques, évènements et de couvrir des avant-premières, etc.

Comme tu fais partie de celles dont on attend toujours les articles avec impatience, nous te proposons donc de devenir membre éminent du comité de rédaction, en tant que :

« Elsa : Maman cynique à lire au 154 ème degré ».

L’équipe de Ladies Room. »

 

 

 

 

DROIT DE REPONSE :

 

Mais de qui se moque-t-on chez Ladies Room ? Je m’insurge !

 

Certes, j’admets volontiers qu’on attende mes articles avec impatience –en même temps, c’est un peu normal quand on est un auteur brillant comme moi. C’est le contraire qui m’aurait étonnée - mais dire que, moi, Elsa, je suis une maman cynique : c’est une grossière erreur de jugement.

1. OK, je suis une maman, mais bon, je ne suis pas que ça. Je suis avant tout une feeeeemme. Qu’est-ce-que viennent faire mes enfants dans tout ça ? Chez Ladies Room, ils cherchent vraiment à me griller auprès des hommes célibataires ! Quel homme sensé voudrait de mes deux charmants bambins ? De plus, qui dit Maman, dit généralement Papa, dit «casée comme une bonne vieille grosse mémère».
Et puis, avouez que multipare de 37 ans ça fait beaucoup moins fantasmer que jeune bombasse de 18 : fermez les yeux et imaginez ! La multipare a les seins en gant de toilette quand la pétasse à peine majeure a deux obus en titane et un cul en acier qui défient les lois de la gravité. La multipare a une pâte à pizza à la place du ventre quand le tour de taille de la minette n’atteint pas 60 centimètres. Voilà ce que je suis devenue grâce à Ladies Room : de la chair molle et flasque qui commence à se rider. Ah, ça fait plaisir de venir ici ! Quel accueil !

2. Le pire est que ça ne s’arrête pas là : on me fait une sale réputation alors que je ne suis même pas encore arrivée dans leurs bureaux (tous neufs les bureaux à l’accueil : on voit bien que ce n’est pas la crise pour tout le monde ; enfin, j’dis ça …) Ils disent que je suis cynique. Moi, Elsa, cynique ?
Mais où sont-ils allés chercher une idée pareille ? Moi, un monstre de douceur, de charité chrétienne (Elsa, le cœur sur la main, toujours prête à aider son prochain, à se sacrifier pour les autres. Elsa n’est qu’amoouuurrr !). Moi, qui ne dis jamais un mot plus haut que l’autre. Mes textes sont d’ailleurs à mon image : pleins de tendresse, de fraîcheur, d’amour, d’humanité ; si j’osais, je dirais « de poésie ». Allez, j’ose : de poésie !
Mon âme est pure (ceux que j’entends glousser, dehors ! Non mais.) Je suis belle intérieurement. (je ne peux plus dire extérieurement vu qu’ils ont pratiquement donné en une de leur magazine le nombre de rides que j’avais sur le visage … sans compter celles de mes fesses. Maman ! Pfeu, je vous assure, je ne m’en remets pas.) Passons.
Je disais donc que mes textes étaient des parangons de douceur, de diplomatie, de tact : aucun cynisme, tout en légèreté, rien qu’en légèreté. Elsa est une vraie petite fille bien sage qui obéit toujours à sa maman, est très amie avec sa belle-mère, est dévouée à son mari et à ses enfants, ne sort jamais sauf pour aller à la messe le dimanche, est très fleur bleue et écrit de ravissants poèmes sur les jolies fleurs et les petits oiseaux qui gazouillent. (Alors, toujours contents de m’avoir embauchée chez Ladies Room ?)

… pour un peu je démissionnerais !

 

19.04.2010

BOUCLEZ LA !

imagesCAI8GS4Z.jpgCOMMANDE POUR LA "JOURNEE DES RALEUSES" SUR LADIES ROOM.

Vous passez votre temps à râler, rouspéter, ronchonner et protester, vous les Français. Et, moi, en bonne Française que je suis, ça me fait hurler ! Je ne suis pas la seule à penser cela de vous. Hélas, vous vous montrez arrogants et méprisants ou que vous vous rendiez et vous me faites honte. Si si.

Prenons l’exemple du bon franchouillard que vous êtes lorsque vous voyagez à travers le monde. La première chose que vous affirmez sans vergogne est : “Qu’est-ce qu’on mange mal dans ce pays !”. Pardon, je reprends, vous préférez ce genre de formule, plus stylée : “Qu’est-ce qu’on bouffe mal ici !”. A croire que vous déjeunez chez les étoilés du Guide Michelin tous les jours et que vos compétences culinaires rivalisent avec celles d’une Anne-Sophie Pic ou d’un Jean-Luc Rabanel. Mais rétablissons la vérité pour une fois : votre seule prouesse en matière de cuisine est de savoir faire fonctionner un four micro-ondes et, le plus souvent, vous remplissez votre estomac de sandwichs et de plats tous préparés insipides, gras et hypercaloriques. Vous êtes la reine de la malbouffe alors, un peu de décence je vous prie !

Vous vous exclamez à la vue des Américains : “Comme ils sont gros !”. Il est vrai que chez nous, nous n’avons pas de problèmes de poids : on préfère parler de rondeurs. Assez ! Il est temps d’appeler un chat un chat ! Oui, Marilyn Monroe était toute en courbes et en rondeurs, oui Scarlett Johansson est pulpeuse. Mais non, une femme qui pèse XXX kilogrammes pour un mètre soixante n’est pas ronde, elle est obèse ! Regardez cet été sur les plages : vous verrez un nombre impressionnant de personnes obèses. Oui, j’ose l’affirmer, le français est en surpoids ! Chez nous aussi c’est devenu un problème de santé publique, ne nous leurrons pas.

Votre bêtise va jusqu’à vous faire dire : “Ils ne savent même pas un mot de Français !" Vous êtes à l’étranger, la moindre des choses est d’apprendre à dire bonjour, merci et au revoir dans la langue du pays où vous avez décidé de voyager. Vous verrez, les habitants seront tout de suite plus aimables avec vous. Ces règles de base, que vous semblez avoir oubliées, voire ne pas connaître, sont valables également sur notre bonne terre de France.

Vous passez votre temps à gueuler. Votre caractère outrageusement râleur vous incite à tout critiquer. Commençons par la politique. Le français se fait greffer, dès l’adolescence, un piquet de grêve dans la main droite, un sifflet dans la bouche et une banderole dans la main gauche avec, au choix, “Sarkozy, la France c’est pas Neuilly ” ou ” Sarkozy, facho, la France aura ta peau.” Criez un peu moins fort au moment du passage de la manifestation sous mes fenêtres, vous interrompez la sieste de mes enfants ! Est-ce que je m'énerve, moi ? Merci d'avance. Une fois le Vème arrondissement passé, vous pourrez hurler à nouveau autant que vous voudrez, je suis de tout coeur avec vous !!!

Passons à la plus élémentaire politesse. Visiblement, votre Maman a oublié de vous faire la leçon quand vous étiez petit. Vous vous plaignez de la vendeuse qui n’a pas été aimable. Mais vous ne lui avez même pas dit bonjour et lui avez aboyé dessus pour qu’elle aille vous chercher la bonne taille de jupe tout en la toisant d’un air condescendant. “Je la paye, j’ai le droit !” dîtes-vous, confondant larbin et vendeuse. Si vous vous étiez adressée à elle en disant “Bonjour Madame” et “s’il vous plait” avec un joli sourire, vous seriez repartie avec des échantillons de crème et de parfum. Mais vous êtes vraiment trop stupide pour comprendre cela. Vous vous êtes enrichie, vous avez les moyens d’employer une femme de ménage. Mais là encore, vous faites l’amalgame entre femme de ménage et bonniche. Vous n’avez pas à lui demander de ramasser vos culottes sales et vos vieux cotons à démaquiller de souillon. Votre défaut est de croire que tout vous est dû. Vous vous moquez bien d’autrui.

Votre façon d’éduquer votre chien est révélatrice : vous râlez quand on vous prie de ne pas laisser les crottes de Titus sur la voie publique. Rien à secouer que les excréments de votre animal chéri souillent les trottoirs, que les enfants des autres marchent dedans. ” Titus a autant de droits que votre Antoine ” rétorquerez-vous à une Maman. Sauf que vous seriez outrée si Antoine faisait un petit caca sur le trottoir. Alors, la prochaine fois, pensez à ramasser les déjections de Titus !!! Vos relations avec vos voisins en ressortiront améliorées.

Vos amours également pâtissent de votre caractère exécrable. Il vous faut tout et tout de suite. Pas un seul homme n’est digne de vous. Vous pestez contre la gent masculine à tout bout de champ. Premièrement, il doit vous donner un premier rendez-vous dans un bar d’hôtel, sinon, c’est forcément un ringard. Moi je n’aimerais pas être assimilée à ces jeunes call-girl qui hantent le bar de l’Hôtel Costes à la recherche du client qui leur paiera le dernier it bag de chez Chloé en échange de quelques faveurs. Je ne trouverais pas cela très flatteur. Rien à faire de ces bars ou l’on boit un quart Vittel à 10 euros et ou l’essentiel est d’être vue arborant une J-12 au poignet. La prétention vous perdra.

Deuxièmement, si L’Homme n’est pas parfait, on le jette. Ah bon, vous êtes parfaite vous ? Troisièmement, vous avez raison de laisser choir ce charmant garçon, une autre fille un tantinet plus intelligente vous en remercie d’avance, mais apparemment elle sait voir un petit peu plus loin que le bout de vos escarpins Louboutin (au fait, au passage, vous savez que ce modèle d’escarpins n’est plus à la mode depuis un bon mois déjà ? Dommage !)

Maintenant que votre aigreur chronique et ses conséquences ont été mises au grand jour, il serait temps de laisser votre bonne humeur reprendre le dessus. Allez, souriez !

P.S. : Si mon article vous a déplu, vous pouvez toujours me faire parvenir une lettre de réclamation ! Un coup de boule vous sera adressé par retour du courrier. Ne me remerciez pas, ça me fait plaisir ...

12.04.2010

C'EST QUI CHLORRAINE ?

imagesCAHZ4141.jpgHier soir, Lui et moi étions invités à diner chez un couple d’amis afin de fêter l’anniversaire de Monsieur. Madame avait mis les petits plats dans les grands, de sorte que nous avons diné de… quiches ! Quel est le con qui a inventé la quiche ? Pourquoi, à chaque fois qu’on est invité, faut-il qu’on nous serve des quiches ?

J’entends déjà vos réponses:

1.      C’est facile à faire.

2.      Ca n’est pas cher : pour l’hôtesse non. Mais nous, hier soir, notre part de quiche nous a couté une bouteille de très bon champagne pour Monsieur qui est un amateur, un bouquet pour Madame, sans oublier une baby-sitter. Et là, c’est très, très cher la part de quiche.

3.      Il y a des tas de sortes de quiches différentes : prenez tous les restes de la semaine (on ne va pas jeter quand même !), ajoutez deux œufs et de la crème fraiche, mélangez, versez sur une pâte brisée industrielle élastique à souhait (Madame n’avait absolument pas le temps de faire sa pâte brisée elle-même) et basta.

4.      Tout le monde adore les quiches. NON, tout le mode est poli, c’est pas pareil!

Alors voici ce qu’on nous a proposé hier soir :

·         Une quiche lorraine : dans les grandes soirées on met toujours un grand classique, c’est une règle.

·         Une quiche au thon : les invités revenant tous d’un mois à la mer, c’est le clin d’œil.

·         Une quiche au saumon et aux épinards : les épinards c’est pour le côté light.

·         Une quiche au poulet : parce qu’il restait du poulet dans le frigidaire depuis mercredi.

Et, en dessert, non pas la “Cerise sur le Gâteau” de Pierre Hermé (hélas), mais des… tartes, aux pommes, aux poires et aux abricots, faites par Maman pour l’anniversaire de Papa avec de bons rouleaux de pâte sablée industrielle ! J’ai fini ma soirée prostrée dans un fauteuil, respirant difficilement, mon ventre prêt à exploser.

Résultat, ce matin, j’ai couru jusqu’à la pharmacie de garde pour acheter trois boites de Microlax.

11.12.2007

JE SUIS BRANCHEE, JE SUIS DEPRIMEE.

imagesCAUWHMO1.jpgAujourd’hui, vous et moi allons parler culture. Attendez, revenez, ne partez pas tout de suite. Je vous propose de vivre une expérience nouvelle : je vais vous transformer en critique artistique. Sautez sur l’occasion, abandonnez votre boulot de tous les jours, adoptez la culturelle attitude.

Drapez-vous dans une nouvelle dignité toute étudiée: portez des petites lunettes rectangulaires - les rondes font baba cool -, adoptez la coiffure de la rousse Sonia Rykiel, ne vous lavez pas, fumez la pipe, mangez bio et prenez votre air le plus supérieur.

Vous n’aimez pas votre nouveau style que vous jugez complètement … pourri ? Détrompez-vous, vous êtes ainsi devenu LE critique d’art et essai, responsable de la rubrique littéraire à Télérama et vous travaillez aussi en Free Lance pour Libé et le magazine Danse. Il n’y a pas plus branché que vous, vous êtes le pape des nouvelles tendances culturelles. Même Jack Lang a l’air Has Been à côté de vous. Vous révélez les trésors de LA culture au reste du monde. Vos critères sont très sélectifs ; une seule règle pour vous séduire, inciter les spectateurs et les lecteurs au suicide.
C’est ça l’art branché à la française.

La littérature française contemporaine, vous l’aimez trash et sordide comme chez Virginie Despentes ou Christine Angot. Le cul et l’inceste, y a que ça de bon. A la rigueur, vous votez Amélie Nothomb, mais seulement quand elle décrit un vieil obèse qui se goinfre jusqu’à en crever parce que ça donne la nausée au lecteur. Vous vous êtes précipité pour être le premier à lire Les Bienveillantes et Littell est devenu le meilleur ami de votre hiver 2006 -2007.

Vous avez adoré que Jonathan - vous vous appelez par vos prénoms ! - impose une sodomie à son “héros” toutes les deux pages - le livre en compte plus de 900 ... des pages pas des sodomies ! -, une fois aurait suffi, ça n’apportait rien de plus au texte ou à l’intrigue ... si ce n’est un Goncourt. Si le policier a acquis ses lettres de noblesse dans les pays anglo-saxons, pour vous cela reste un genre mineur. Et puis, qu’iriez-vous faire à Cognac ou il n’y a même pas un Café de Flore ?

Au cinéma, quand vous avez vu l’affiche de Baise-moi, vous avez joui. Vous aimez les ambiances glauques comme dans le film J’embrasse pas d’André Téchiné avec Emmanuelle Béart. Votre critique fût élogieuse et Emmanuelle, malgré son peu de talent, a bien failli remporter le César de la meilleure actrice cette année là. Vous adorez les films Lovers, Too much flech et Being light avec Elodie Bouchez qui se met toujours à poil sous couvert d’intellectualisme à 2 balles avec son collègue Jean -Marc Barr qui, en plus d’avoir réalisé cette trilogie, joue toujours comme un pied. Mais vous aimez ce franco américain depuis qu’il a viré intello grâce son mariage avec la pianiste Irina Decermic.

Vous vénérez Kieslowski et sa fantastique trilogie - lui aussi - Trois couleurs : Bleu, idem en Blanc, idem en Rouge, et toujours aussi chiant quelle que soit la couleur ! Vous adorez Cannes pour sa sélection impitoyable : que des films qu’on n'a pas du tout envie d’aller voir parce qu’ils vous dépriment au bout de cinq minutes de projection.

En France, plus le sujet d’un film est triste, voire sordide, plus vous avez de chance d’être primé. D’ailleurs, il vous arrive de conseiller scénaristes et metteurs en scène : un bon film est sombre, gris, triste, avec peu ou pas de dialogues et, quand dialogues il y a, ceux-ci doivent être sans queue ni tête. Il faut s’emmerder !!
L’action est inexistante - nous ne sommes pas des américains. Enfin, tout doit tourner autour d’un problème psychologique : l’auteur se met à nu et expose ses failles ; c’est son psy qui lui a dit de le faire afin d’exorciser ses névroses.

Quand des films attirent en masse les français dans les salles, vous êtes le seul à vous retrancher dans votre dignité : ce qui est popu est forcément mauvais. Si en plus, on sort du cinéma joyeux, alors vous tirez à boulets rouges. Heureusement, nombreux sont les festivals pourris en France et à l’étranger. Vous arpentez les tapis rouges à la recherche du nouveau Woody Allen arménien, tchétchène ou bulgare. Vous allez ainsi de festival en festival - au passage, vous mangez gratos, vous êtes devenu le champion des pique -assiettes - admirant vos actrices fétiches : ici, point de glamour, Elodie Bouchez - encore elle - et Amira Casar exhibent leurs tenues hideuses et ridicules lors des avant -premières, et posent l’air renfrogné devant les photographes accrédités.

Vous êtes en France, pas aux States ! Vous tolérez les tenues plus glamour de Monica Bellucci mais seulement parce qu’elle joue aussi mal que Jean -Marc Barr et Emmanuelle Béart réunis. Pour vos propres tenues de gala, vous faîtes quelques infidélités aux stylistes français que vous trouvez trop joyeux, leur préférant leurs concurrents belges plus sombres, plus avant-gardistes, plus importables il faut bien le dire.

Parfois, vous allez assister à des ballets, pardon, à des représentations chorégraphiques. Surtout pas de classique à Garnier, c’est au dessus de vos capacités. Uniquement des chorégraphes contemporains. Cependant, vous n’adhérez pas à la pureté d’un John Neumeier ou à la beauté d’un Béjart, votre choix se porte sur Jean-Claude Gallotta : personne n’y comprend rien, c’est laid mais tout le monde s’y presse car c’est Gallotta, la figure de proue de la nouvelle danse française et que seul Jean-Claude est capable de demander à ses danseurs de secouer leurs testicules sur scène ; tout un concept !

Depuis trente ans vous vantez les mérites de Carolyn Carlson, la seule danseuse au monde à frotter la main sur le sol une heure trente durant. Ça s’appelle de l’expérimentation chorégraphique et ça nécessite un travail de recherche intense. Tout est dans le Moi intérieur profond.

Et votre Moi intérieur profond, en tant que critique culturel, est hyper profond. Vous atteignez des profondeurs abyssales de … connerie. Mais c’est un métier !