31.01.2012

ON N'EST PAS SERIEUX, QUAND ON A 6 ANS.

Ca y est, Bébé Chéri a enfin terminé ses cartons d'invitation pour ses copains. Samedi en huit, Bébé Chéri recevra neuf camarades de classe à la maison. Rien que d'y penser, vous êtes déjà crevé : le goûter d'anniversaire de votre trésor revient bien trop souvent à votre goût, vous ne vous êtes toujours pas remis de celui de l'année dernière. Car un anniversaire d'enfant, c'est un vrai parcours du combattant.


  • Cela commence par le choix du carton : Antoine vous a demandé des invitations pirates, les belles à 15 euros les six qu'on trouve dans la très jolie papeterie de la rue Jacob (presque plus cher que du velin d'Arche). Mais, une fois que, fière de vous, vous lui mettez en main les précieuses cartes, il refuse de les utiliser, préférant les horribles invit Spiderman ou Naruto qu'il a vues sur Internet. Tant pis pour les Pirates. Et ne croyez pas les réutiliser pour votre cadette, Charlotte ne jure que par les  invitations  Princesse de chez Cassegrain (27 euros les 6) qu'elle customisera avec des auto-collants en relief (3euros 50 la plaquette).
  • Venons-en à la distribution : pas de problème majeur, la maîtresse accepte toujours de s'en charger. Cependant, vous n'aviez pas prévu que 3 enfants supplémentaires viendraient vous supplier de les inviter à la sortie de l'école. Gênée, vous tentez de noyer le poisson mais la mère d'Alexandre aperçoit son fils se rouler par terre en hurlant : "la maman d'Antoine est méchante. Elle a dit qu'elle m'inviterait mais maintenant elle dit le contraire." Si vous ne voulez pas que les autres parents vous jettent la pierre, vous n'avez pas le choix : invitez cet horrible Alexandre.
  • Le jour J est enfin arrivé. Antoine est excité comme une puce et saute partout dans votre appartement, vous demandant toutes les trente secondes : "Dis maman, dans combien de temps ils arrivent mes copains ?"
  • Enfin, le premier invité tant attendu sonne à la porte : Antoine se précipite, ouvre la porte et saute sur son petit ami manquant le faire tomber. La père ou la mère du copain entre.
  • ATTENTION AU PARENT ACCOMPAGNANT ! Dans la plupart des cas, le parent accompagnant est quelqu'un de normal, aimable et attentif au bien-être de son enfant ; il laissera son numéro de téléphone "au cas où" et reviendra chercher son fils ou sa fille dans des délais raisonnables.
  1. Mais parfois, le parent accompagnant est un être perfide ; on le reconnait à une chose : il n'entre pas chez vous, se contentant de jeter son fils ou sa fille dans votre appartement et omettant de vous laisser son numéro de portable - il n'est jamais trop prudent ! Généralement, son enfant est malade à crever et contagieux, mais vous l'apprendrez tout seul un peu plus tard, quand, par exemple, il vomira dans votre salon. A son retour, le parent perfide vous dira : " Chouchou tenait tellement à venir, je n'ai pas voulu le priver, bien qu'il soit malade comme un chien. Aurais-je omis de vous le dire ? ". En attendant, vous avez dû, en plus de vous occuper des autres enfants, consoler le petit bout qui est bouillant, blanc comme un linge et réclame sa mère à corps et à cris, mère qui n'est pas joignable puisque qu'elle s'est bien gardée de vous laisser son numéro, et qui arrivera une demi-heure après la fin de la fête :"Vous allez rire, je me suis trompée d'heure. C'est ballot !"
  2. Parfois, le parent accompagnant, au lieu de lire sur le carton "fin de la fête à 18 H", a lu "fin de la fête entre 18 h et 21 H". Celui-là aussi rechigne à donner son numéro de portable. Si c'est une femme, il profite de l'anniversaire d'Antoine pour faire les soldes. Si c'est un homme, pour dormir ou faire un squash avec ses copains. Dans les deux cas, cela dure 2 heures de plus que l'anniversaire d'Antoine.
  3. Parfois, le parent accompagnant, généralement un curieux, découvre non sans plaisir que vous avez un très bel appartement qu'il aimerait beaucoup visiter et il ne va d'ailleurs pas se gêner pour le faire, sans même vous demander votre autorisation (si, si, je vous assure !). Alors, tandis que vous tentez désespérément de gérer vos petits invités passablement énervés, le parent curieux déambule tranquillement dans TOUT votre appartement (oui, même les toilettes), faisant l'inventaire de vos meubles, appréciant la qualité de vos tableaux, s'attardant sur les plis de vos rideaux, caressant amoureusement la commode de votre chambre. Certes il vous félicitera avec une certaine délicatesse pour votre goût irréprochable, mais avouez que la visite de l'appart par un étranger, c'est franchement lourd.
  4. Parfois, le parent accompagnant, généralement un anxieux, pense que lui aussi est invité à l'anniversaire d'Antoine et squatte alors votre canapé pendant 3 heures. Poussez le gentiment dehors en lui faisant miroiter une après-midi de rêve seul, sans enfant. Il partira à contre-coeur et s'installera au café juste en bas de chez vous, fixant avec angoisse la fenêtre de votre salon jusqu'à ce l'anniversaire touche à sa fin.

Mais nous n'en sommes pas encore là. Les enfants sont presque tous arrivés, il n'en manque qu'un que vous ne connaissez que de nom d'ailleurs. Là est l'erreur !

  • Ne JAMAIS inviter d'enfant que vous ne connaissez pas. Si vous vous étiez renseigné, vous auriez appris que ce Jean-Baptiste était loin d'être un saint. C'est même le diable en personne. Totalement ingérable, il vous répond quand vous le priez de ne pas faire de trampoline sur votre canapé et pique une crise après que vous lui ayez dit que les toilettes ne servaient pas à baigner le chat de la famille. Il se barbouille le visage de fondant au chocolat puis vole tous les bonbons au grand désespoir des autres enfants qu'il griffe et frappe au passage. Quand sa mère le récupèrera, elle vous dira : "j'espère que cela s'est bien passé. Nous donnons une éducation très libre à Jean-Baptiste. Il s'épanouit davantage dans un environnement sans règle."
  • Ne JAMAIS inviter que des filles si vous tenez à vos tympans.
  • Ne JAMAIS inviter que des garçons si vous voulez éviter les bastons.
  • Prévoyez des activités : jeux de société rapides (Dooble). Jeux rigolos (tapis avec des tâches de couleurs sur lesquelles poser ses pieds et ses mains.) Statue musicale. Momie en papier toilette (enfants par groupes de deux. l'un entoure son copain de bandelette de PQ pour en faire une momie. Ensuite, on déchire d'un coup les bandelettes en criant. Rires assurés. En cas d'enfants trop agités, utilisez des bandelettes de plâtre : tranquillité assurée, sauf peut-être avec les parents...) Pêche au canard avec des petits cadeaux dans votre baignoire. Pistolets à eau au parc quand les anniversaires ont lieu fin juin. Etc.
  • Faites des photos. Une fois l'anniversaire terminé, envoyez deux photos par mail à chaque famille, les parents seront ravis.

Voilà, l'anniversaire est fini. Vous êtes sur les genoux. Il y a des confettis dans toute la maison, des fraises tagadas écrasées sur le carrelage de la cuisine, des assiettes en carton "Cars" avec des restes de gâteau au chocolat. Mais vous êtes heureux - si, je vous assure que vous êtes heureux. Vous êtes heureux parce que maintenant il ne vous reste plus que quatre heures de ménages afin que la maison retrouve un aspect normal. Mais surtout, vous êtes heureux, car la prochaine fois que vous devrez vous fader l'anniversaire de Bébé Chéri, ce sera dans 364 jours et 16 heures. Un an sans anniversaire d'enfant, elle est pas belle la vie ? 

02.12.2011

LES PARENTS D'ELEVES, C'EST COMME LES VACHES, CA VA TOUJOURS EN TROUPEAUX.

Lorsque, pour la toute première fois, on emmène Bébé Chéri à l'école, on se dit que l'ambiance est formidable : tous ces parents polis, le sourire aux lèvres, qui se disent bonjour. Oui, vraiment le monde est bien fait ; Antoine se fait plein de nouveaux copains, tout comme ses parents. Cependant, tout doucement, ce monde de Oui Oui évolue incontestablement. Alors qu'on embrassait toute l'école en petite section de maternelle, arrivé en CE2, le clanisme est de rigueur, la faute, certes, aux affinités, mais surtout au "tout pour ma gueule".

Afin d'illustrer mon propos, établissons tout d'abord une liste (non exhaustive) des différentes races bovines.

  1. La race des snobs : la vache snob vous toise de la tête aux pieds et, quand elle daigne vous adresser la parole (ce qui est hélas mon cas, mes tenues semblant lui convenir) c'est pour vous parler de ses soucis avec son ISF ou bien pour s'étonner du fait que Machin prenne l'avion pour la Suède tel jour et non le lendemain, ce à quoi vous lui répondrez "hé bien, cela fait quand même une différence de 1500 euros." "Mais nous ne sommes pas à 1500 euros prêts." "Mais si, pétasse", mais cela vous ne le direz pas, vous vous contenterez de le penser très fort.
  2. La race des collantes : moche comme un cul, habillée comme un sac, nunuche et j'en passe, la collante a fait de vous son modèle. Dès qu'elle le peut, elle vous coince contre la barrière de sécurité de l'école, vous choppe au feu rouge, vous aggrippe le bras au parc de peur que vous ne lui échappiez et tente de vous persuader que des vacances ensemble, ce serait formidable. Elle vous aime !
  3. La race des étouffantes : elles passent leur temps à se plaindre que leur enfant est maltraité et incompris, surtout par le prof de sport qui, à cause de ses trois séances hebdomaires, oblige Capucine à revêtir un jogging plutôt que la jolie robe rose qu'elle adore. Elle devrait plutôt se réjouir de la chance qu'ont les écoliers parisiens de faire aussi souvent du sport (l'une des particularités de l'école parisienne étant que les enfants ont, en plus de leur instituteur, un professeur de sport, un de musique et un d'arts plastiques) mais non. D'ailleurs, elle n'aime pas non plus le professeur d'arts plastiques car Capucine déteste avoir de la peinture sur les doigts. Et puis elle demande tous les ans qu'on ouvre une salle en hiver car sa fille a froid pendant la récréation. J'ai conseillé à Capucine de courir pendant la récré, sa mère ne me dit plus bonjour.
  4. Les races des représentants des associations de parents d'élèves (FCPE, PEEP, Indépendants) : dans l'école de mes fils, il y a pratiquement autant de représentants qu'il y a d'enfants à l'école, car ici, Madame, les parents s'impliquent ! (Pauvres maîtresses qui ne peuvent plus faire une remarque à un enfant sans être harcelées et sans avoir à faire un rapport détaillé aux parents par la suite. Pauvres gosses qui ont le sentiment d'être sans cesse fliqués par leur parents.) Premièrement, les représentants tenteront de vous endoctriner. Résistez ! Si vous n'y parvenez pas, attention à intégrer l'association correspondant à vos convictions politiques. Une amie allemande s'y est laissée prendre ; elle, qui est de droite, ne savait pas que la FCPE était à gauche, son mari a failli s'étrangler un soir en la voyant rentrer d'une réunion FCPE le poing brandi chantant l'Internationale. Deuxièmement, ce n'est pas parce qu'on est une vache représentante des parents d'élèves qu'on beugle pour tous les veaux du troupeau. Non, on est là pour son veau et uniquement pour son veau. Ainsi, lors d'un conseil d'étable d'école, alors que le proviseur proposait d'utiliser une partie de l'argent de la coopérative pour une activité ayant pour but d'aider quelques enfants en difficulté, une mère FCPE s'est écriée "si je donne de l'argent à la coopérative, c'est pour que cela serve à MON fils." C'est  beau d'intégrer une association de gauche qui a pour but de défendre les intérêts de TOUS les enfants de l'école !
  5. La race des "on est super intime" : à se voir tous les jours, à prendre le café ensemble tous les matins dans les "cafés - poussettes", à se croiser lors des anniversaires, des sorties d'écoles, des activités extra-scolaires et des fêtes d'école, on devient vite amis. A-t-on pour autant le devoir de déballer notre vie intime à nos nouveaux amis ? Je n'en suis pas si sûre. Je vais vous donner un exemple. Un midi, je suis invitée chez une maman de l'école avec d'autres mamans de l'école, ce qui est plutôt sympa. On discute, on picole, on mange, on discute, on picole, on rigole, on picole. Est-ce parce qu'on a trop picolé que la conversation prend un tour pour le moins inattendu ? Toujours est-il que l'une d'elle vient à raconter à toute la tablée qu'elle adore la sodomie (j'en ai avalé mon champagne de travers. La bourgeoisie germano-pratine s'est bien décoincée ces derniers temps.) mais qu'elle est terriblement frustrée parce que son mari ne la pratique pas, d'ailleurs il ne pratique plus rien du tout depuis la naissance de sa deuxième fille quatre ans plus tôt. Une autre mère lui répond alors que son mari ne la touche plus depuis deux ans mais que l'été précédant elle a découvert en épluchant leur compte bancaire qu'il s'était offert une call-girl dans un grand hôtel parisien alors qu'elle était en vacances dans leur maison de la Baule. Ce n'est pas fini, la troisième maman nous parle de son mari qu'elle trouve plan-plan au lit et d'une expérience avec deux hommes en même temps (normal que son mari lui paraisse plan-plan après ça). Quand vient mon tour, je ne trouve qu'une échappatoire : "tu l'as fait par derrière, dis-je à la première. Tu l'as fait avec deux hommes, dis-je à la seconde. C'est bien tout ça, mais qui l'a fait avec un chien ?" Tous s'esclaffent et je soupire de soulagement. Pas envie que tout le monde sache ce que je fais de mes fesses et pas plus envie de savoir que Monsieur, que je croise tous les jours devant l'école, ne touche plus sa femme, que cet autre Monsieur s'offre des call-girls, que Machine couche avec quatre hommes, trois femmes et cinq bouledogues. Gardez vos secrets, je ne suis pas sexologue ! Et je ne suis pas échangiste non plus, alors, à la mère de famille qui vient toujours me voir en me faisant du plat et me propose à mots couverts des partouzes avec son mari, je dis NON ! Foutez-moi la paix ! Et puis moi, de toute façon, je suis très vieille France côté cul ...

 

Au milieu de ce troupeau de vaches, je me sens comme une brebis égarée mais qui, au contraire de celle du Nouveau Testament, aurait trouvé le bon chemin, un chemin pas tout droit, n'exagérons rien ; non, légèrement sinueux, qui va d'un troupeau à l'autre. Amen.

14.06.2011

LA VISITE.

Il y a certaines règles que je n'ai pas réussi à imposer à mes deux charmants bambins : ne pas dire de gros mots (dès que j'ai le dos tourné ils s'en donnent à coeur joie. En ce moment, ils sont même poêtes : "Prout de mammouth, ça schmoukte. Prout de mouette, avis de tempête"), ne pas se battre comme des chiffonniers, ne pas forcément s'exprimer tout haut (un exemple : "maman, si le monsieur buvait moins de coca cola et mangeait moins de chips, il ne serait pas aussi gros. Hein, c'est vrai maman ?"). Bref, pour ne pas qu'on me jette la pierre au parc ou dans la rue, il m'arrive parfois de regarder les autres parents en prenant un air horrifié : "Ah non, ces deux horribles enfants ne sont pas les miens ! Où donc peut être leur mère ?"

 

Cependant, s'il me reste quelques problèmes éducatifs à résoudre avec ma marmaille, j'ai réussi deux trois trucs. De fait, mes deux anges (mais si !) savent se tenir dans le bus, sont irréprochables au restaurant ce qui nous vaut à chaque fois les félicitations du personnel et pourraient en remontrer à certains adultes dans les musées.

"Les musées ?" me répondront certains narquois, "on n'y va pas tous les jours ! Pfff."

Là est l'erreur, leur répondrai-je. Les miens sont presque nés dedans. Un adulte n'ira au musée qu'à la condition qu'on lui ait appris enfant. 

"Mais des enfants si petits dans un musée ? Ils vont s'ennuyer ?"

On n'emmène pas un petit enfant dans un musée de la même façon qu'on y emmène un adulte ! 

 

  • On choisit des espaces vastes dans lesquels l'enfant peut déambuler à son aise : le Louvre, le Centre Pompidou, Orsay, les Arts Premiers sont parfaits. Ces bâtiments en eux-même valent le détour : diversité des espaces au Louvre avec ses nombreuses galeries et sa multitude de salles, les différents "panoramas" à Orsay, le côté ludique des Arts Premiers avec ses "labyrinthes" de couleurs, ou encore l'immense hall, les escalators et la vue sur tout Paris de Beaubourg.
  • On évite par conséquent le musée du Sénat : trop petit avec ses trois minuscules salles. Si vraiment vous voulez tenter avec des enfants, sachez qu'il vous en coûtera  11 euros par tête et qu'ils ont même voulu faire payer au fils d'une de mes amies : son fils avait trois mois et était en train de dormir dans le porte-bébé ! Les poussettes ne sont pas admises. Mieux vaut y aller le matin pour éviter la foule et ainsi voir les oeuvres exposées. L'étroitesse des lieux fait qu'on n'a pas de recul : il vous faudra porter votre enfant dans vos bras pour qu'il puisse voir quelque chose.
  • On choisit des expositions "amusantes". Ils adorent tous voir les momies au Louvre, les têtes réduites des coupeurs de têtes de Bornéo aux Arts Premiers, le rhinocéros en résine rouge à Pompidou (attention, il n'est pas toujours exposé !), les jouets aux Arts Décoratifs, les créations délirantes au Musée d'Art Moderne (évitez le Palais de Tokyo : trop petit !).
  • On dépose TOUJOURS ses vêtements au vestiaire : c'est gratuit et beaucoup plus pratique de se ballader sans avoir à porter sa doudoune et son parapluie !
  • On se ballade dans un musée quand on a des enfants !!! On les laisse regarder ce qu'ils ont envie, parce qu'ils n'ont pas forcément les mêmes goûts que vous et ne sont donc pas sensibles aux mêmes choses que vous. Certes, on a droit de leur présenter des oeuvres et on en profite pour leur expliquer deux trois bricoles, mais on fait simple et court (il ne s'agit pas les saouler ! ) et surtout, on évite de leur raconter des âneries : "regarde le beau Fragonard", quand c'est une toile de Matisse. (Oui, ce sont des choses qui arrivent ! Tendez l'oreille dans les musées, vous verrez qu'on entend un certain nombre de conneries !) Mieux vaut ne rien dire -on vous pardonnera de ne pas connaître tous les artistes. Qui d'ailleurs peut se targuer de les connaître tous ? - que dire des bêtises grosses comme vous !
  • On leur prête un appareil photo et on leur propose de faire une sorte de reportage : les enfants photographieront tout ce qu'ils aiment et regarderont leur "travail" à la maison ensuite.
  • On ne reste pas des heures, au bout d'un moment c'est ennuyeux et fatiguant, pour eux comme pour vous : ne prenons pas les tics des parents profs à l'éducation nationale (et je sais de quoi je parle !). Des visites courtes ! mais plus fréquentes, c'est bien mieux.
  • On diversifie : un jour, sculpture au Louvre, une autre fois les expos interactives du palais de la Découverte ou de la Cité des Sciences (étudiez bien le programme chez vous avant et pensez à réserver !!!), ensuite, des dinosaures à la Grande Galerie de l'Evolution. (Attention ! pas tout le même jour, on espace les visites !)
  • On va faire un tour à la boutique du musée, pas forcément pour acheter mais parce qu'il y a toujours des petits gadget amusants à découvrir (mention spéciale à la boutique de la Maison de la Culture du Japon). Quand on quitte le Louvre, on fait un tour au Carrousel : les enfants vont jouer un peu dans la boutique Apple puis vont lire chez Virgin, ça vous laisse du temps pour fouiner tranquillement au rayon bouquins ; tout le monde est content !

 

C'est ainsi que vos enfants prendront le pli. Aller au musée deviendra alors la chose la plus naturelle au monde. Une petite victoire pour vous, une grande chance pour eux !

         

03.03.2011

MA MAMAN ELSA. (20.11.2007)

Bonjour, je suis S., le fils cadet d'Elsa, j'ai vingt-deux mois et aujourd'hui, je troque ma tétine contre la plume. Vous ne me croyez pas ? C'est impossible, dites-vous ? C'est que vous n'êtes pas souvent venus sur ce blog, sinon vous sauriez que tout est possible ici. Même les bancs parlent chez nous. 

Mais il faut dire que mon frère et moi sommes des enfants précoces. Je sais ce que vous allez me répondre : "Actuellement, tous les parents ont des enfants précoces." Et c'est vrai qu'on entend à la sortie de l'école : "Antoine a un QI supérieur à la moyenne."' "Agathe a une intelligence hors du commun." Et les parents viennent harceler la directrice de l'école maternelle pour que leur rejeton, surdoué il va sans dire, saute une classe. 

Mais, vous en connaissez beaucoup, vous, des enfants de mon âge qui tiennent un blog. QED. (Et oui, il est possible de parler latin à vingt-deux mois !) 

Donc, aujourd'hui, c'est moi qui écris sur ma Maman Elsa.

 

 

Ma maman, vous pensez qu'elle est pleine d'énergie, mais vous vous trompez. Bien que je sois le plus petit de la famille, c'est moi qui me lève le plus tôt, vers sept heures, parfois même six. Et bien, Maman n'accourt pas pour me prendre dans ses bras. Non, non, non. Elle traîne des pieds, a les cheveux en bataille et l'air hagard puis, dans un soupir, me soulève péniblement alors que je ne pèse que douze malheureux kilos. Chaque matin, invariablement elle me dit "Bonjour mon Ange, mais pourquoi ne veux-tu pas faire la grasse matinée ?" Elle me donne des baisers mais je sens bien qu'elle préfèrerait être dans son lit. Pour la forcer à se bouger les fesses (ce n'est pas parce qu'on est dimanche et qu'il est six heures trente qu'on a le droit de paresser ; est-ce que je paresse, moi ?), je réclame mon biberon avec force cris et pleurs. Ca marche à tous les coups : elle s'active car elle a peur que je réveille toute la maisonnée.

Ensuite, on déjeune tous les deux. C'est le moment que je préfère car j'ai ma maman pour moi tout seul et puis, après avoir bu son thé bien chaud, elle semble apaisée et me fait plein de calins. 

Sa douche achève de la réveiller totalement et là, attention, ça déménage. Elle bouge, court dans tous les sens, range, lave, nettoie. Elle me fatigue ma mère ! Pfffff ! Faudrait lui dire de se calmer, lui dire que les vrais problèmes sont à Bagdad. Elle est limite maniaco-dépressive et comme moi j'aime bien mettre le bazar dans la maison, nos relations sont parfois tendues. Il faut la voir hurler quand je renverse ma boîte de Légo sur le tapis et qu'ensuite je shoote dans le tas. Elle vitupère, lève les bras, s'énerve. J'adore, ça m'amuse. J'ai remarqué que plus je rigolais, plus elle elle s'énervait. Alors j'en profite, ça me fait marrer. Il faut l'entendre crier (ma mère crie beaucoup) "j'en ai marre !" tandis qu'à quatre pattes elle tente de récupérer, à l'aide d'un couteau, les petits morceaux de Légo coincés entre les lattes du parquet. J'en profite alors pour monter sur don dos et faire du cheval, mais cela l'amuse moyennement et elle se cabre.

 

Parfois, Maman me brime car elle est incapable de comprendre mon goût prononcé pour la physique et les arts. C'est le problème majeur que rencontrent les parents d'enfants précoces : ils sont souvent dépassés par leur progéniture.

Commençons par la physique : j'aime étudier la gravité. Pour cela, je jette tout ce qui me tombe sous la main - admirez au passage le jeu de mots subtil d'un enfant de vingt-deux mois !!! - depuis ma chaise haute. Mais Maman fait ses gros yeux noirs comme elle dit (je n'ai pas encore osé lui dire que ses yeux n'ont jamais été de cette couleur puisqu'ils sont marron, mais Maman n'est pas à une contradiction près).

Idem pour mon sens artistique auquel elle n'est absolument pas réceptive. J'aime peindre. Enfin, peindre est une façon de parler car je n'utilise ni pinceau, ni peinture, ni toile. Moi, je projette, c'est plus conceptuel ! En effet, je prends dans ma bouche quelques cuillérées de purée d'épinards que je projette donc sur une surface humaine, en l'occurence ma mère. Elle devrait s'extasier devant son sens créatif si développé, crier au génie. Mais non, au lieu de ça, elle hurle que son tee-shirt blanc est foutu : que des détails bassement matériels quand je pense élévation spirituelle. Pathétique !

 

Quand je sens qu'elle est vraiment à cran et que, du coup, ça risque de chauffer pour mon postérieur (elle ne tient même pas compte des directives européennes qui proscrivent la fessée !) je m'approche d'elle tout doucement, prends son visage entre mes petites mains, frotte mon nez contre le sien et sens que ma punition s'envole. Elle se fait avoir à chaque fois ! Elle est un peu naïve ma mère quand même...

 

Mais je lui pardonne ses défauts car Maman prend ma défense quand des plus costauds que moi m'embêtent un peu trop au parc, quand le voisin ouvre la fenêtre dans la cage d'escalier alors que c'est dangereux pour mon frère et moi, quand mes grands-parents maternels s'entêtent à m'appeler "Coco joli" et à ma parler comme si j'étais un demeuré qui ne comprends rien. "Non, Mamie, je ne suis pas un crétin ! Oui, Mamie, tu peux me parler normalement !" Et de commenter le choix de mon prénom par mes parents ...

Non mais, de quoi je me mêle ? Et même si cela ne leur plaît pas, ils n'ont qu'à se taire, ce ne sont pas mes parents. Alors, pour me venger, j'ai régurgité mon lait sur le chemisier de Mamie ; bien fait ! Et moi, mon prénom, je l'aime beaucoup parce que c'est ma Maman qui l'a choisi et ma Maman, c'est la meilleure. Na !

01.03.2011

MON PAPA LUI. (21.11.2007)

Bonjour, je m'appelle S., j'ai 4 ans et c'est mon tour aujourdhui, d'écrire sur notre Papa Lui.

Papa Lui est vraiment super chouette.

Tout d'abord, Papa travaille la nuit. Enfin, travaille est un bien grand mot. Disons qu'il quitte le domicile conjugal vers 23 heures, passe ses nuits avec des stipteaseuses et autres créatures qui portent haut la plume dans le derrière, et revient, au petit matin, l'air de rien. Une petite parenthèse : je crains que ma Maman Elsa ne soit limitée intellectuellement. Quelle femme sensée laisserait ainsi son mari rejoindre tous les soirs des effeuilleuses et des libertines ? Mais c'est leur problème après tout. Et puis moi, je suis gagnant car, dans la journée, Papa est souvent à la maison : le matin, il dort et l'après-midi, il vient me chercher à la sortie de l'école. Ensuite, nous filons en famille au parc et le soir, c'est lui qui me donne mon bain. Vous en connaissez beaucoup des papas disponibles comme ça en pleine semaine ?

Avec mon Papa, on fait plein de trucs sympas : on va à la forêt, dans les musées, pêcher des bigorneaux, à la piscine. L'été dernier on a même campé pour la première fois -bon, je dois vous avouer que le camping, ce n'est pas vraiment mon truc ; mon petit frère adore ça car il se sent dans son élément à la campagne, mais, moi, je préfère cent fois Paris. Je n'ai pas encore osé en parler à Papa pour ne pas trop lui faire de peine, mais je crois qu'il s'en doute un petit peu quand même. Papa joue avec moi aussi : il passe trois heures à monter un camion Légo que je casse en une minute trente.

J'adore quand il m'emmène avec lui et qu'on est tous les deux, sans Maman et surtout son mon petit frère qui passe son temps à m'énerver alors que moi, je ne l'embête jamais. Si c'est vrai que je ne l'embête jamais ... On est ainsi allés au cirque, à la Fête Foraine sous la verrière du Grand Palais, au POPB voir des courses de voitures, aux courses à Auteuil, etc. Bref, des trucs de mecs entre mecs. On est même allés voir des stripteaseuses dans un bar...

Nan, je rigole... mais j'attends : plus que treize ans, huit mois, un jour et trois heures !

Dans l'ensemble, il est plutôt sympa, mais parfois, il s'énerve et ça me fait un petit peu peur. Dans ces cas-là, je vais me cacher sous ma couette. Si Papa s'est laissé emporter, je vais voir ma Maman et je lui dis que je l'aime et que je suis son amoureux. Elle me réponds que ce n'est pas possible, que son amoureux c'est Papa et ça me rend triste. Je n'en crois rien : comment ma Maman, si douce et si belle, peut avoir épousé mon Papa alors que c'est moi qu'elle épousera quand je serai devenu grand ? Non, c'est impossible qu'elle se soit mariée avec un type qui passe ses nuits avec des danseuses nues !

... ah, mais j'oublie une donnée pourtant essentielle : Maman n'est pas futée.

 

Mais quelle famille !

25.01.2011

UN PETIT PIPI POUR COMMENCER.

Comment vous en êtes-vous rendu compte ? Suite à des nausées persistantes ? Après plusieurs jours de retard de vos règles ? Dans mon cas, des périodes d'endormissement et l'envie de faire pipi toutes les deux minutes sont les signes avant-coureurs. Alors, entre deux petits pipis, à neuf heures du matin, j'ai filé à la pharmacie du coin acheter un test de grossesse.

 

De retour à la maison, je me suis précipitée aux toilettes : j'ai bien essayé de diriger le jet de pipi sur la mine absorbante du stylo annonciateur de grossesse, en vain. Je me suis retrouvée avec les doigts trempés et pas une seule goutte du divin nectar sur ce foutu stylo. J'ai alors du attendre une autre envie, ce qui m'a pris ... oh ... cinq bonnes minutes ! Afin d'éviter une mauvaise manoeuvre, j'ai préféré utiliser un verre pour y tremper le stylo en plastique blanc.

Mon coeur se met à battre un peu plus fort, un peu plus vite : une ligne bleue apparaît dans la première fenêtre, signe que le stylo fonctionne bien (au prix où ça coûte ces trucs là, manquerait plus que ça ne marche pas !) Puis, une croix dans la deuxième fenêtre.  Fantastique, fabuleux, extraordinaire, incroyable (non, je retire incroyable : je ne m'appelle pas Marie et je sais parfaitement comment j'en suis arrivée là, quand même) : je suis ENCEINTE !!!

 

Quelle est la première chose que fait une femme quand elle découvre qu'elle est enceinte ? C'est simple, elle se fait greffer la main droite (la main gauche pour les gauchères) sur la ventre. Car, pendant neuf mois, la seule chose digne d'intérêt pour elle qu'elle fera, sera de caresser son ventre dans le sens des aiguilles d'une montre.

 

Dès la découverte de la bonne nouvelle, la femme enceinte se dandine telle un canard : mais oui, ce foetus de moins d'un centimètre pèse 3kg550 ; d'ailleurs, il lui fait déjà mal au dos, ce qui explique que Madame se masse les reins tout en grimaçant. Et puis son corps se transforme : mais oui, même au bout de deux semaines ! Elle doit d'ores et déjà changer toute sa garde-robe. Elle vous dit, en se mettant de profil : "regarde comme j'ai grossi ! Je ne vois même plus mes pieds. Ne vous avisez surtout pas de lui répondre : "mais non, tu as mangé trop de choucroute ce midi, tu sais bien qu'aérophagie et rétention d'eau ne font pas bon ménage." vous perdriez une amie. Mais, tous ces petits inconvénients ne réussissent pas à mettre à mal sa joie d'être enceinte. A la lecture du diagnostic émis par le fameux stylo en plastique, Madame est tout sourire.

 

Mais il va falloir patienter toute la journée pour annoncer la bonne nouvelle au futur papa. Certaines d'entre nous font l'erreur d'aller le dire à leur mère en premier. gare ! Monsieur pourrait en prendre ombrage et ce serait tout à fait légitime : c'est lui le père  ! (dans le cas où votre mari ne serait pas le père de l'enfant à naître - cela arrive beaucoup plus souvent qu'on ne le pense !!! - je vous conseillerai d'attendre d'être sur votre lit de mort pour avouer votre faute, et encore. Il faut TOUJOURS nier !)

Bon, où en étais-je ? Ah oui, annoncez la bonne nouvelle au futur papa et gardez cela pour vous deux tant que vous le pourrez ; les mamies auront bien le temps de vous emmerder la vie avec tous les conseils qu'elles se feront un devoir de vous prodiguer.

Alors, madame, rongez votre frein et plutôt que d'appeler votre môman au téléphone, songez plutôt à la façon d'aprendre à votre conjoint sa future paternité. Pour ma part, j'avais acheté de ravissants petits chaussons en piqué de coton blanc que j'avais faits emballer dans du papier cadeau. Quand j'ai donné le cadeau à Lui, il m'a répondu : "Que veux-tu que je fasse de ça ? " Les hommes ont vraiment la psychologie d'un hamster ! Après quelques explications - le papa met la petite graine dans le ventre de la maman, tout ça, tout ça ... - vous vous réjouissez ensemble et tirez des plans sur la comète.

Si j'utilise cette expression, c'est à dessein, car quelle différence entre ce dont on rêve pendant neuf mois et la réalité une fois que Bébé Chéri est né. Attention, je ne dis pas qu'on est déçu ! Au contraire, on est émerveillé une fois que Bébé Chéri est là, on est ravi, mais il y a une marge, ou plutôt un gouffre entre ce qu'on imagine et ce qui sera vraiment ...

POURQUOI N'ETAIT-CE PAS ECRIT DANS LE PERNOUD ?


Neuf mois à grossir. Neuf mois à rêver de lui. Neuf mois à l'imaginer.

Et puis ...

 

 

... LA CLAQUE !

 

1) Le physique d'un ange :

Je me souviens qu'au cours de préparation à l'accouchement, la sage-femme nous avait demandé une représentation de notre enfant à naître, type dessin, collage, etc ... Jusqu'alors, je la trouvais très bien cette sage-femme, mais là, elle m'avait prise de cours. J'aurais pu, à l'instar de certaines futures mamans, découper la photo d'un bébé dans le catalogue de la Redoute, mais cela m'a semblé tellement aberrant que j'ai préféré m'abstenir. D'autres avaient dessiné au feutre ou peint des enfants : mais ils étaient si laids que même Picasso les aurait abandonnés sous X. Quand ce fût mon tour de présenter mon chef d'oeuvre, les autres mères m'ont regardée d'un sale oeil puisque je n'avais absolument aucune toile, aucun bébé en papier mâché, aucun avorton en pâte à modeler bleue à présenter à toute l'assemblée.

"Madame, toute mère se représente son enfant d'une façon ou d'une autre !" m'a dit la sage-femme.

- Certes, mais je ne suis pas sûre que présenter un bébé décapité aux futures parturientes aurait été du meilleur goût ?"

Silence dans la sale.

- Mais pourquoi décapité ?

- Tout simplement parce que je suis incapable de m'imaginer la tête de ce bébé. Et, croyez-moi, ce n'est pas faute d'avoir essayé. En fait, quand j'imagine mon enfant, c'est un corps et uniquement un corps que je vois.

Et puis, comment leur dire que je n'ai absolument aucune envie que mon bébé ressemble à ces horreurs peinturlurées qu'elles exhibent aussi fièrement que leur gros ventre ? Comment leur expliquer qu'un nouveau-né n'est ni orange, ni vert ? A la rigueur, il peut être un peu jaune s'il a la jaunisse du nourrisson. Mais bleu ? Franchement, quelle idée ?

Mon cas ayant été débattu (les Freud et Dolto en puissance ne sont décidément pas mes copines), on a pu passer à la future maman suivante qui m'a toisé avec condescendance ... son mari en a fait de même. Son mari ? me direz-vous.

Oui ! Son mari. Cette future maman là ne se déplace pas sans son futur papa à son bras, papa qui aimerait bien être la maman, papa qui fait la couvade, papa qui souffle bruyamment quand la sage-femme demande à son épouse de respirer comme un petit chien, papa qui demande : "Qu'est-ce que je fais quand ma femme allaite ?"

Je lui aurais bien répondu : "Tu bois une bière en regardant un match de foot", mais je ne crois pas que l'assemblée aurait été une fois de plus sensible à mon humour. (bon, là, c'était juste pour l'anecdote).

 

Donc, sur le physique, je n'étais pas très forte. Tout ce que je voulais, moi, c'était un bébé en bonne santé, bien rond et chauve. J'avoue, je n'aime pas les bébés avec des cheveux. Le jour de l'accouchement, la sage-femme dit :

- Encore un tout petit effort, c'est presque fini, je vois ses cheveux.

- Comment cela, des cheveux ? Vous êtes sûres ? J'aime pas du tout les bébés avec des cheveux !

- Il n'en a que très peu et ils sont blonds. Vous faites quoi ? Vous le gardez quand même ou on lui dit de retourner d'où il vient ?

- C'est bon, je pousse !

Finalement est arrivé un Bébé Chéri, pratiquement chauve. Ouf, je n'ai pas été déçue sur ce coup là. C'est bien simple, c'était le plus beau bébé du monde. Et en plus, il avait même une tête fournie avec. Incroyable !

 

Mais après, nos rêves se transforment en cauchemars ...

 

2) Mais faites le taire !

Tout le monde sait qu'un bébé pleure. mais ce qu'on ne nous avait pas dit, c'est qu'un bébé peut pleurer, notamment la nuit, pendant plusieurs heures d'affilée. Impossible de le calmer, impossible de savoir pourquoi il pleure. Et ça énerve ! Ca vous énerve et ça énerve Monsieur également. Résultat, à trois heures du matin, Madame engueule Monsieur : "Fais quelque chose bon sang ! Tu vois bien qu'il pleure ! Ce n'est pas la faim, il vient de téter !"

Monsieur rétorque : "C'est toi sa mère, tu sais mieux que moi ! Calme-le enfin !"

Les parents crient davantage et bébé pleure de plus belle. La nuit est foutue, la maman pleure d'épuisement et papa berce dangereusement son bébé en chantant : "les oies sauvages vers le nord ..." Plus que cinq heures et il fera jour.

 

3) Un petit encas ? Tu parles !

Pour les tétées aussi, la réalité n'est pas toujours rose layette; On parle de fusion entre la mère et son enfant, d'amour incroyable, de sensations magnifiques. Certes, mais même si j'ai allaité chacun de mes enfants six mois, je ne suis pas pour autant une intégriste de la Leche League, et sais aussi que l'allaitement n'est pas toujours une partie de plaisir.

 

Commençons par la fameuse montée de lait. Parfois ça se passe bien : ce fût le cas pour mon premier fils. parfois ça se passe mal aussi : ce fût le cas pour mon second fils. On vous dit : "la montée de lait peut-être légèrement douloureuse".

Légèrement signifie que la jeune maman pleure tant elle a mal parce que ses seins ont pris des proportions hallucinantes, même pour Pamela Anderson. Elle ne pense plus qu'à ses seins. Elle les trempe dans des saladiers d'eau chaude, leur fait des masques à l'argile, leur fait prendre des douches pendant des heures. Elle supllierait presque son mari de les lui têter tant elle souffre. Et finalement elle ne dit rien quand une puéricultrice de la PMI lui masse les seins afin de la soulager ; et elle s'en fout totalement qu'un papa venu faire peser son nouveau-né n'en perde pas une miette, croyant sans doute à un porno lesbien. Elle a tellement mal qu'elle en oublie toute pudeur.

La galère ne s'arrête pas là, ce serait trop simple. Vos seins ont dégonflé mais Bébé Chéréi est un vorace qui n'arrive pas à téter correctement. Voici venir les crevasses ! Je passe sur la douleur fulgurante ressentie à chaque fois que Bébé Chéri happe le mamelon ensanglanté. Tout le monde a compris, pas la peine d'en rajouter. Mais ce qu'on ne précise pas dans les manuels d'allaitement, c'est que votre sang est bu par votre enfant en même temps que votre lait, mais qu'il ne ressortira de Bébé Chéri, sous forme de vomi, qu'à la tétée suivante, quand vos seins, eux, ne saigneront plus. D'où la panique qui s'empare de vous quand votre enfant de quatre jours crache du sang : ne ferait-il pas une hémorragie ? Bien sûr Monsieur n'est pas là et vous voilà seule, à six heures du matin, en train d'emmener Bébé Chéri et son grand frère aux urgences de Saint-Vincent de Paul. Elle s'est bien gardé de nous le dire ça, Laurence Pernoud !

 

4) Le caca, c'est la vie !

Un bébé fait caca et le changer fait partie des tâches que chaque parent doit accomplir. On le sait tous avant même que Bébé Chéri soit sur terre. Ce qu'on ne sait pas, c'est l'importance que revêt la défécation d'un enfant.

 

Qui ne s'est pas étonné en entendant ces parent s'ébahir devant les cacas de leur progéniture ?

"Mais ils sont dingues !" disions-nous. "Jamais nous ne ferons ça !"

Et puis la roue tourne. Un beau caca est le signe premier de la bonne santé d'un enfant. S'il est trop mou : attention à la gastro ! Les puéricultrices le savent bien qui vous attendent chaque soir à la crêche : "Votre fils a eu deux selles molles aujourd'hui !" façon de vous dire que Bébé Chéri est en quarantaine et qu'il va falloir trouver un autre moyen de garde. La gastro ne passera pas par la crêche, Vade Retro Bébé Chéri !

Si le caca est trop acide (rapport à l'odeur et à l'irritation qu'il déclenche sur les petites fesses de Bébé Chéri), c'est le signe que votre enfant fait ses dents. A ce souci s'ajoutent les pleurs, car Bébé souffre (retour donc au petit 2, et là, on est vraiment dans la m**** !)

Si le caca est trop dur : Bébé Chéri est constipé. Changez votre alimentation en cas d'allaitement, préparez une purée d'épinards si votre enfant a déjà attaqué l'alimentation solide et tout rentrera dans l'ordre. dans quelques jours, les cacas de Bébé Chéri seront à nouveau parfaitement moulés.

Si le caca de Bébé Chéri est granuleux, c'est juste que votre enfant a avalé tout le bac à sable.

A ce propos, je tiens à saluer l'excellent travail de la société Playmobil qui a eu l'ingénieuse idée de faire des pièces de trésor de pirates bien dorées : ainsi, les couches de mon petit dernier brillent de mille feux, le comptage en est facilité et toute la famille s'émerveille des cacas de mon fils : on est fier, ça fait riche !!!

 

5) ces petites choses qui nous pourrissent la vie :

a- Papa et maman sont fiers de toi !

Bébé Chéri piquera les jouets des autres enfants, il se battra, il piquera des crises et tout le monde se retournera pour voir quel enfant insupportable fait un tel raffût, il refusera d'avancer dans la rue sans raison aucune, juste vous faire tourner en bourrique, il dira à la gardienne de l'immeuble : "Dis, pourquoi t'es grosse ?", il refusera un jour de dire bonjour à sa grand-mère, il mettra les deux mains dans sa purée, il refusera de manger son jambon coquillettes alors qu'il adore habituellement ...

Désolée, votre enfant n'est pas mieux que les autres, c'est un enfant, tout simplement.

b- Dors mon ange !

En ce qui concerne le sommeil des bébés, je me contenterai de citer léo J. Burke : "Ceux qui disent dormir comme un bébé n'en ont pas."

 

6) Et l'amour dans tout ça ?

On peut tout écrire sur l'amour parents-enfants, mais les mots ne seront jamais assez forts pour évoquer sa puissance. On peut essayer d'imaginer cet amour pendant neuf mois, ce sera toujours bien en deça de la réalité. Nos plus beaux rêves seront toujours bien ternes à côté de la réalité des liens qui nous unissent à nos enfants.

Croyez-moi, il en faut de l'amour pour supporter tout ça !

06.09.2010

LA REUNION.

imagesCAFQTRFM.jpgSamedi avait lieu la réunion de rentrée à l’école de mon fils. 9h30, briefing dans le préau en commun avec les autres classes ; 10h, dans la classe, la maîtresse expose son organisation et le programme de l'année scolaire.

 

 

L'année dernière, dans le préau, cela avait été un vrai bazar, le mot n'est pas trop fort. Tous les parents étaient restés debout, serrés comme des sardines, et discutaient pendant que la directrice faisait son petit spitch d'accueil d'une voix faible. Au fond, on n'entendait absolument rien. Puis, les représentants des parents d'élèves  avaient prêché la bonne parole afin de recruter quelques inconscients  (les mêmes qui, lorsqu'ils avaient onze ans, s'étaient présentés à l'élection d’élève délégué de la classe de sixième) pour prendre le relais.

 

 

Alors, cette année, j'ai décidé d'arriver un peu plus tard dans le préau. Pas folle la guêpe. C'est donc à 9h30 au lieu de 9h15 que j'ai laissé mari et enfants à la maison afin de me rendre tranquillement à la fameuse réunion. A 9h45, j'arrive en même temps qu'un papa que je connais. Nous entrons dans l'école et nous félicitons mutuellement de notre clairvoyance. Mais au moment ou nous nous présentons devant la porte vitrée du préau, quelle n'est pas notre surprise de constater que le bazar de l'an passé a laissé place à des rangées de parents assis bien sagement sur des bancs et écoutant religieusement la directrice.

 

 

Un vent de panique souffle sur nos deux têtes. Une solution, demander à la gardienne à passer discrètement par la cour, mais celle-ci, avec un plaisir non dissimulé, ouvre grand la porte et nous pousse en avant. Cinquante têtes se tournent et nous dévisagent tandis que la directrice nous jette un regard noir : nous sommes grillés pour tout le reste de l'année ! Nous esquissons un sourire gêné et nous avançons sur la pointe des pieds. Ayant repéré un énorme poteau, je choisis de me cacher derrière en attendant qu'on m'oublie.

 

 

L'année prochaine, je viendrai à 9h20.

02.09.2010

VIVE LA RENTREE !

images.jpgIl y a des jours dans la vie d’une Maman qui sont bénis des Dieux. Le jour de la rentrée en est un.

Jeune maman dont c’est la première rentrée scolaire et institutrices vont me haïr. La première, car pour elle, c’est un déchirement cette entrée en petite section : leur enfant  n’est plus un bébé mais un petit garçon ou une petite fille qui va devoir affronter la dure loi de la cour de récré. Maman ne sera plus là pour défendre la chair de sa chair face à cet affreux Clément de quatre ans – une brute sanguinaire ce Clément : il a osé pousser Clara qui descendait du toboggan. Quant aux secondes, elles pensent : « encore une qui considère l’école comme une garderie pour ses sales mioches ! »

Mais pour moi, la rentrée c’est :

  • Le jour où mon fils découvre sa nouvelle maîtresse et lui dit bonjour sans qu’on ait besoin de se fâcher.
  • Le jour où mon fils est ravi de retrouver ses copains : ils ne se tapent même pas dessus.
  • Le jour où je retrouve les mamans des copains de mon fils qui sont devenues mes copines.
  • Le jour où je peux souffler : « enfin un peu de temps pour moi ! »
  • Le seul jour de l’année où directrice et maîtresse vous accueillent avec le sourire. Profitez-en, dans deux semaines vous recevrez votre première convocation.

Je me souviens avec un brin d’émotion de la première convocation de l’année de petite section, deux semaines jour pour jour après la rentrée – mon fils aîné devait être précoce, je ne vois que ça.

-          Madame, il faudrait expliquer à votre fils qu’il n’est plus à la plage ou dans le jardin de son grand-père et qu’il lui est donc formellement interdit de baisser son pantalon au beau milieu de la cour pour faire pipi. En plus, votre fils fait des huit avec son zizi quand il fait pipi.

Mon fils est doué en mathématiques, je ne vois que ça …

10.06.2010

C'EST UN GARCON, MADAME !

imagesCALFBXWT.jpg-  C'est un garçon, madame.

-  Ah. Mais je voulais une fille, moi. Une fille, je sais ce que c'est, j'en suis une. Mais, un garçon ? Je n'y connais rien en garçon, j'ai même pas de zizi.

 

 

Et puis, j'ai appris. Un garçon, c'est :

 

 

  • ·         des petits cailloux dans les poches.
  • ·         du sable dans les chaussettes.
  • ·         des marrons dans la poussette.
  • ·         des branches mortes plus grandes que soi qu'on traîne avec acharnement.
  • ·         des tas de feuilles mortes dans lesquels on saute, on shoote.
  • ·         des bigorneaux, des crevettes et des crabes dans les seaux de plage.
  • ·         des lézards qu'on capture et qu'on observe ensuite dans un verre transparent.
  • ·         des os de dinosaures.
  • ·         des crânes d'animaux dénichés sous des troncs dans la forêt.
  • ·         des cailloux qu'on jette de la digue.
  • ·         des cailloux qu'on collectionne.
  • ·         des doigts qu'on trempe dans la colle et puis des mains entières qu'on trempe dans la colle.
  • ·         des points de suture sur le front.
  • ·         des joues rouges d'avoir trop couru.
  • ·         des croûtes aux genoux.
  • ·         des culottes courtes et des chaussettes en accordéon.
  • ·         une chemise qui sort du pantalon.
  • ·         des vêtements tâchés de boue et d'herbe.
  • ·         des vroum vroum et des pin pon.
  • ·         des pirates, des corsaires, des pompiers, des chevaliers.
  • ·         un zizi.
  • ·         des mouches qu'on observe au microscope.
  • ·         des bains qu'on ne veut pas toujours prendre.
  • ·         des fantômes, des squelettes, des momies et des monstres.
  • ·         des épées laser et des pistolets.
  • ·         des engins de chantier.
  • ·         des fourmis qu'on observe accroupi.
  • ·         des gâteaux à la boue.
  • ·         des Légo et des Playmobil.
  • ·         des oeufs Kinder fauchés dans le frigidaire.
  • ·         des lampes de poche cachées sous la couette.
  • ·         de la glace au chocolat tout autour de la bouche.
  • ·         des bouquets de pâquerettes cueillis pour Maman.
  • ·         des dessins pour Papa.
  • ·         des "Maman, plus tard, je me marierai avec toi."
  • ·         des "Maman, t'es la plus belle des Mamans.
  • ·         des bisous, pleins de bisous.
  • ·         des câlins, pleins de câlins.
  • ·         de l'amour, que de l'amour.

30.04.2010

LES REMEDES DE GRAND-MERE.

imagesCAYSPTQI.jpgUne amie albanaise m’a raconté une histoire amusante pas plus tard qu’hier, alors que nous promenions au Jardin des Plantes nos enfants passablement énervés après une journée d’école.

Quand elle était enfant, elle habitait avec toute sa famille dans un village albanais. Sa grand-mère était l’une des figures de la petite communauté. Elle donnait des consultations un peu à la manière des rebouteux dans nos campagnes françaises. Les villageois venaient la voir quand ils souffraient du dos, s’ils étaient anxieux ou encore si les bébés étaient un peu trop agités au goût de leur maman. Elle leur donnait alors à boire un sirop blanchâtre et doucereux tout en prononçant des paroles inintelligibles. Tous les patients étaient alors immédiatement apaisés et repartaient chez eux pleinement satisfaits. Le village avait beaucoup plus confiance en cette femme un peu fée un peu sorcière qu’en le médecin. Et force était au docteur de reconnaitre que les résultats obtenus par cette grand-mère singulière étaient beaucoup plus probants que les siens.

Mon amie conserva jusqu’il y a deux semaines, date à laquelle elle fit un bref séjour dans sa famille, un souvenir émerveillé de cette grand-mère qui guérissait son rhume en appliquant un peu d’huile sur sa poitrine. Mais à son regret, ni elle, ni ses sœurs, ni ses cousins, n’eurent le droit de goûter, ne serait-ce qu’une seule fois, l’étrange breuvage. Etonnamment, la grand-mère s’y était toujours fermement opposée.

 A l’occasion de sa visite à sa famille, le charme fut rompu par l’un de ses cousins qui lui révéla les dessous de l’affaire. Cette surprenante grand-mère incisait délicatement les capsules des pavots qui fleurissaient en quantité dans son jardin, en récoltait le suc épais et le donnait ensuite à boire à ses patients.

Mon amie et moi avons alors regardé autour de nous si, au détour d’une allée du Jardin des Plantes, il ne subsisterait pas quelques plants de pavots. Hélas, la floraison a lieu en été. Pourtant, nos enfants auraient eu grand besoin d’être calmés.

23.04.2010

C'EST PAS JOLI JOLI.

 

imagesCA3ZZO1C.jpgMonsieur et Madame habitent dans le XVIème arrondissement de Paris. Le couple pèse vingt-huit millions d’euros. Lui est patron d’une grande entreprise et négocie ses contrats directement avec les chefs d’états. Il est bien sûr très pris par son travail et voyage aux quatre coins du monde. Elle ne travaille pas. Quand elle est à Paris, elle passe ses journées chez le coiffeur Alexandre Zouari ou au salon Guerlain, fait du shopping rue du Faubourg Saint-Honoré ou avenue Montaigne et se fait photographier par les journalistes mondains du Figaro dans toutes les soirées parisiennes. Monsieur et Madame se croisent à l’occasion de dîners d’affaires qu’elle organise pour son époux, lors de soirées caritatives à l’Hôtel Crillon ou encore à l’Opéra où ils sont invités à toutes les premières puisque l’entreprise de Monsieur fait partie des plus grands mécènes de la vénérable maison.

 

 

Depuis longtemps, Monsieur et Madame font lits séparés : depuis la naissance de leur fils unique en fait. Le divorce n’est pas envisageable : Madame est l’héritière de l’entreprise que dirige son mari. On appelle cela un mariage de raison : elle apporte l’entreprise de papa en dot, lui, son savoir-faire. Et tout le monde est content. L’amour, me direz-vous ? Mais l’amour n’entre pas en ligne de compte quand on pèse vingt-huit millions d’euros. Pourtant, quelqu’un en a fait les frais.

 

 

Le fils, unique héritier, se sent bien seul entre un père trop pris par sa carrière et une mère dont l’instinct maternel s’est limité à payer une fortune une nurse pour l’élever. L’enfant a mangé seul dans la vaste cuisine high-tech, a joué seul dans les trois-cent-cinquante mètres carré avenue Foch. A l’adolescence, ses parents lui ont offert un mois de vacances aux States, seul encore. Là-bas, il a découvert la drogue qu’il a continué à prendre une fois rentré à Paris : pas très difficile de s’en procurer dans les boîtes à bac du XVIème arrondissement. Dans les établissements de nuit du VIIIème, il hésite l’air blasé entre une bouteille de Cristal Roederer ou un magnum de Dom Pérignon, se rend aux toilettes accompagné de deux ou trois copains et en ressort le nez plein de poudre. Mais Papa et Maman ne remarquent pas la descente aux enfers de leur rejeton, bien trop occupés.

 

 

Pendant ce temps, Monsieur continue ses voyages à travers le monde. Parfois, au retour de l’aéroport, il passe boulevard Ney et se tape un travesti nord-africain séropositif : après le stress des négociations commerciales, la montée d’adrénaline procurée par des rapports non protégés avec la lie de la société l’excite au plus haut point. Quant à Madame, elle se partage entre ses obligations mondaines parisiennes, son nouveau pied-à-terre new-yorkais et ses escort boys qu’elle embauche de plus en plus souvent pour combler sa solitude.

 

 

Fiston grandit. Il échoue lamentablement au baccalauréat mais poursuit sa plongée dans les profondeurs des stupéfiants. Même ses parents se sont rendu compte de sa dépendance. Papa lui offre cure de désintoxication sur cure de désintoxication, mais rien n’y fait. A trente ans, seul une fois de plus, il s’endort doucement devant sa télé pour ne jamais se réveiller.

 

 

Monsieur est contraint de décaler un rendez-vous très important pour assister à l’enterrement.  Madame achète une robe noire chez Chanel et va chez le coiffeur pour être présentable à l’église. Ils disent : « depuis le temps qu’on s’y attendait ! » sans verser la moindre larme. Pour la première fois de sa courte vie, l’enfant n’est pas seul.

 

29.03.2010

CONSEILS AVISES AUX MAMANS DESIRANT EVITER LA CORVEE DE PISCINE.

imagesCA31OXB7.jpgCette année, la seule école maternelle de la ville à avoir obtenu un créneau horaire pour la piscine, est celle de votre enfant. Formidable, dites-vous quand vous apprenez la nouvelle lors de la « réunion spéciale piscine ». Clément et Mathilde vont être beaucoup plus à l’aise dans l’eau, ils vont faire davantage d’activité physique, ils vont s’épanouir. Ah ça, pour s’épanouir, ils vont s’épanouir ! Ils sont mignons !!!!

Certes, pour les enfants c’est une véritable chance : on peut noyer discrètement son copain sans trop de risque de se faire prendre par la maîtresse et on peut dire « caca-fesses » et « pipi-crotte » sans se faire repérer grâce au bruit ambiant.

Donc, pour l’instant, tout le monde nage dans le bonheur.

Rassurez-vous, ça ne va pas durer. Hé hé hé !

Hé non, car si vous voulez que vos chers petits s’épanouissent, il va falloir les aider. Pour cela, on va vous demander d’accompagner la classe. C’est là que les emmerdes commencent !!!

Certes les directives prévoient un accompagnateur pour huit enfants, mais avec des petits âgés de 4 à 6 ans, il vaut mieux prévoir un peu plus large, question de sécurité. Donc, la maîtresse va faire pression sur vous, parents, pour arriver à ses fins ; toutes les techniques sont bonnes et l’institutrice qui fait ça depuis quinze ans les maîtrisent à la perfection : séduction, chantage, culpabilisation, flatterie … en fonction de la personne qu’elle a en face. Vous êtes foutu, vous voilà sur la liste des parents homologués par le Rectorat pour accompagner la classe à la piscine, va falloir vous mouiller de septembre à juin. Le pire est que vous ne vous êtes rendu compte de rien. En tout cas, maintenant, c’est trop tard pour faire machine arrière.

La première sortie est prévue, la maîtresse réattaque : vous êtes choisie pour essuyer les plâtres. Pas de chance, ce sont des mamans qui elles aussi se sont faites avoir comme des bleus et non les trois beaux papas de la classe. Vous n’allez même pas pouvoir mater les pères en maillot de bain et en plus, si vous n’avez pas de cellulite, vous allez vous attirer les foudres de leurs femmes qui elles en sont bien pourvues. La prochaine fois, vous penserez à vérifier qui accompagne avant d'enfiler votre maillot de bain.

Maintenant que c’est le grand jour, je vais vous donner quelques conseils pour éviter d’y retourner.

  • 1. Pendant le trajet, pensez à vous mettre en fin de queue avec les enfants qui marchent lentement. La maîtresse va pester : « La Maman de Thibault, il faudrait les faire avancer plus vite, on va être en retard ». Surtout, surtout, n’accélérez pas le rythme. Et si vous voyez que ça ne fonctionne pas, n’hésitez pas à laisser un des enfants dont vous avez la charge se faire écraser. Vous verrez, c’est très efficace, car dorénavant vous serez déchargée de la piscine, mais aussi de toutes les autres sorties scolaires.
  • 2. Dans les vestiaires, pendant que les enfants se déshabillent, ne les aidez pas : c’est du temps de gagner. Puis, quand, à votre tour, vous allez vous changer dans une cabine, hurlez que la porte est bloquée et tenez fermement le verrou pendant que tout le personnel essaiera de vous délivrer. Si on arrive à vous sortir de là, tentez à nouveau l’expérience dans les toilettes.
  • 3. Vous pouvez aussi enfermer un ou deux enfants dans les toilettes, cela en fera deux de moins à surveiller dans le petit bain. Bâillonnez les avant, c’est plus sûr.
  • 4. Sous la douche, ébouillantez-en quelques uns au passage : plus vous vous débarrasserez d’enfants, plus facile sera la surveillance dans la piscine. Dites leur de courir et de chahuter sous les douches : glissade assurée ; le pourcentage de pertes est alors extrêmement élevé.
  • 5. Il vous reste quelques survivants qui ont réussir à atteindre la piscine. Aux grands maux les grands remèdes : apprenez-leur à nager comme le petit Grégory !!!!!
  • 6. Ne vous précipitez pas aux différents ateliers, laissez les enfants faire ce qu’ils veulent. Mais encouragez les ! « Vas-y Antoine, appuie plus fort sur la tête de Clémentine. Il faut qu’elle batte son record d’apnée cette fois : 4’58. »
  • 7. Ne rassurez pas les enfants qui ont peur de l’eau ; jetez les dans le grand bassin. ... bien sûr, sans les bouchons !

Voyez, sur 24 enfants au départ, il n’en reste plus que 3 en vie : ça c’est du travail efficace !

Mais rassurez-vous, pour les trois derniers, j’ai aussi une solution : une fois habillés, oubliez de mettre leur bonnet aux enfants. Laissez les dans le froid hivernal avec leurs cheveux mouillés : avec un peu de chance ils attraperont une bonne pneumonie.

PS : un dernier petit conseil pour la route : ne vous occupez pas de l’atelier plongeon car pendant toute la séance piscine vous allez être aspergée, vous allez recevoir des coups de pieds, de coude et de tête dans la poitrine et en plus, à la fin, la maîtresse va venir vous voir : « Oh, on sent que la Maman d'Alexandre est vraiment à l’aise dans l’eau. On a l’impression que vous avez fait ça toute votre vie. Tonique, dynamique, efficace (ça, c’est la technique de séduction dont je vous parlais dans mon intro !), je vous embauche pour le reste de l’année vous !» Et là, vous comprenez que vous venez de rempiler pour six mois !!!

26.03.2010

DIX BONNES RAISONS DE NE PAS FAIRE DE BEBE.

imagesCA9WA5S7.jpgC’est bien peu me direz-vous. Effectivement, vous répondrai-je. Mais étant donné que ma nouvelle rubrique s’intitule « Dix bonnes raisons de …», il faut bien que je m’arrête à dix. Cette liste n’est donc pas exhaustive.
1. Parce que votre maison ne sera plus jamais propre et rangée.

2. Parce qu’après avoir fait l’amour avec votre conjoint(e), la conversation reviendra systématiquement sur vos enfants :

- Hum, c’était bien ce soir, mon amour.
- Oui … Au fait, tu ne m’as pas raconté ce que t’avait dit la maîtresse ce matin à propos d’Antoine.

Et ne comptez plus sur les siestes crapuleuses ou sur les séances magistrales sur le canapé. Fini tout ça ! Dorénavant, ce sera au lit, à 22 heures, dans une chambre avec une porte blindée à serrure cinq points. Vous avez dû faire venir un serrurier pour qu’il vous installe le top du top en matière de porte depuis la dernière fois :

- Alex, on nous regarde.

- Papa, tu fais quoi à Maman ?

- Heu, je compte les grains de beauté que maman a dans le dos.

- Dis Papa, quand tu auras fini de compter, tu pourras me donner un verre d’eau, j’ai soif.

3. Parce qu’après avoir accouché, vos seins et vos fesses ne seront plus jamais aussi fermes qu’avant.

4. Parce que lorsqu’on a des enfants, on fait tout ce qu’on détestait chez les autres :

· On parle de couche, de pipi et de caca avec grand sérieux.
· On répond au téléphone tandis que nos chers petits pleurent, hurlent et se roulent par terre, ce qui est extrêmement désagréable pour l’interlocuteur qui n’a qu’une envie : raccrocher.

· On raconte à tout le monde que son fils est un génie, que sa fille est la plus belle et on les saoule avec nos surdoués qui n’en sont pas.

· On fait un compte rendu détaillé de son épisiotomie, on mime sa rééducation périnatale dans les diners en ville.

· On discute pendant des heures du choix du pédiatre.

· On jure que ses enfants ne regarderont pas la télé et qu’on ne leur achètera que des jouets intelligents et on s’insurge quand un oncle ou une tante achète des Polly Pockets … en vain, car quand toutes les copines de la classe auront leurs Polly Pockets, votre fille –ne vous faites aucune illusion- voudra avoir la même chose … et vous vous empresserez de les lui acheter. Alors, vos grands principes d’éducation, autant vous assoir dessus tout de suite, ça vous évitera d’emmerder tout le monde avec. On achète même le dernier bouquin d’Aldo Nouri et on suit à la lettre les conseils d’Edwige Antier.

BREF, on devient très très très cons et très très très pénibles, tout simplement infréquentables. Remarquez comme déjà vos amis vous invitent beaucoup moins à dîner !

5. Parce que les enfants tombent toujours malades quand il ne faut pas, notamment le soir où vous aviez prévu de faire une grosse fête avec tous vos amis ; il faudra attendre l’année prochaine.

6. Parce que vous ne pourrez plus faire la grasse matinée. De plus, en semaine, alors que vous êtes pressé car vous avez un rendez-vous important, vos enfants dorment toujours à huit heures, tandis que le dimanche ils sont sur le pied de guerre à six heures et demi.

7. Parce qu’ils vont bouffer la ferme. Le seul morceau que j’aime dans le poulet, c’est la cuisse, mais depuis que j’ai des enfants, ils me piquent mon morceau préféré. C’est pô juste ! M’en fous, j’me venge en leur volant leurs fraises Tagada quand ils sont à l’école.

8. Parce que vous serez obligé de vendre votre joli coupé sport et de vous rabattre sur un Kangoo.

9. Parce que lorsqu’on a des enfants, on doit jouer, mais surtout, on doit perdre sinon les enfants pleurent. Or, moi, je déteste perdre et ce n’est pas un p’tit con de cinq ans qui va m’empêcher de gagner, non mais. Et tant pis si je dois tricher pour y arriver. On va voir qui est le plus fort.

10. Parce que lorsqu’on a des enfants, ça ne s’arrête pas à deux têtes blondes qui investissent votre appartement. Il faut aussi recevoir les enfants des autres lors des anniversaires et des après-midi à la maison. Résultat, vous vous retrouvez avec quinze affreux gamins qui sautent à pieds joints sur votre magnifique canapé blanc, essaient de dépecer le chat de la maison ou tentent de plonger la tête la première dans les toilettes.

Alors, Mesdemoiselles Mesdames les nullipares, procédez donc à une ligature des trompes avant qu’il ne soit trop tard.

Vous me remercierez plus tard.

02.04.2009

AMOUR, GLOIRE ET BEBE.

 

(Article sur le thème "la Grossesse" pour le magazine Ladies Room).

images.jpgLes temps sont loins où les actrices se terraient pendant toute la durée de leur grossesse puis enfantaient en cachette avant de finalement dissimuler au monde entier l’existence de leur enfant. Heureusement d’ailleurs.

Cependant, aujourd’hui, nous sommes passés à l’extrême inverse : Toute actrice qui se respecte, toute starlette en mal de célébrité, se doit de mettre en avant sa grossesse. Et c’est un véritable travail : un contrat à durée déterminée d’environ 41 semaines d’aménorrhée. Mais attention, si chez la femme lambda, ce travail peut s’avérer éreintant et contraindre même à une hospitalisation pour cause d’ouverture trop précoce du col de l’utérus - au mieux - la star, elle, vit sa grossesse parfaitement bien allant même jusqu’à passer neuf mois dans un jet privé à sillonner le monde et aider les petits enfants malades du sida au cœur de l’Afrique avant d’enchaîner les premières ou bien les festivals internationaux, le tout en étant toujours tirée à quatre épingles, le teint frais et reposé, la jambe légère ;

Tandis que vous, vous suppliez votre Gérard d’amour de glisser un coussin sous vos mollets afin de soulager vos jambes alors que vous regardez la Nouvelle Star, installée tant bien que mal dans votre canapé en skaï. Cette différence de traitement ne s’arrête pas là.

La petite mère de l’Amérique :
Étudions tout d’abord le cas de Nicole Richie - starlette célèbre pour n’avoir rien fait, le néant est devenu une valeur sûre -, anorexique au moment de tomber enceinte. La demoiselle crie haut et fort qu’elle souhaite un enfant. L’Amérique s’indigne : « My God, on ne peut pas enfanter en étant anorexique ! » Qu’à cela ne tienne, Nicole avale une feuille de salade devant les paparazzi et la voilà enceinte. Elle cesse de boire dans les soirées, prend 250g en 9 mois et donne naissance à une petite fille en parfaite santé qui ne gardera aucune séquelle des années de dépendance à l’alcool et à la drogue de ses deux tatoués de parents - puisque les attachés de presse vous le disent ! Depuis, la meilleure copine de Paris Hilton est devenue la maman de référence de l’Amérique. Nicole continue son petit régime - la coke, ça coupe la faim - et bébé grandit. Ça fait peur.

Elle grossit, donc elle maigrit : C’est bien connu, les Nicole ne grossissent pas - Certes votre maman qui s’appelle aussi Nicole a quand même pris une bonne dizaine de kilos depuis sa ménopause, mais là, c’est hors sujet puisque nous traitons aujourd’hui de la grossesse ; Et puis votre maman Nicole n’est pas une star, ça se saurait.
Nicole Kidman a ainsi eu une grossesse dénuée de toute prise de poids. Mieux : Plus elle approchait du terme, plus elle maigrissait. Comment savions-nous alors qu’elle était enceinte, me direz-vous. La plus très belle botoxée se touchait le ventre sans cesse devant les paparazzi - l’anneau gastrique qu’elle s’est fait poser la gênait sans doute - et clamait qu’elle était enceinte et absolument ravie de grossir et de manger tout ce dont elle avait envie - essentiellement de la soupe Weight Watchers.

Au huitième mois, elle a troqué le coussin qu’elle portait sous ses vêtements contre un oreiller, puis est allée accoucher au fin fond du bush australien avant de nous revenir au bout de trois jours dans une robe Chanel taille 34 tout en tenant un magnifique bébé dans ses bras : Merci les mères porteuses ! Remarquez, je ne lui jette pas la pierre : Quand on connaît le fameux penchant de son mari Keith Urban pour les substances illicites, toute femme un peu sensée refuserait d’en faire le géniteur de ses enfants - pauvres gosses.

L’adoption, c’est si simple :
Quand l’idée d’une grossesse vous révulse, que vous n’avez pas envie d’attendre 9 mois pour devenir maman et que de toute façon, vous n’avez pas de géniteur sous le coude, il suffit d’adopter. Sharon Stone l’a bien compris, qui est allée choisir trois petits blondinets sur un joli catalogue un jour de désœuvrement - elle n’avait pas de soirée de l’Amfar à animer en compagnie d’Elisabeth Taylor, alors fallait bien s’occuper. Depuis, elle a fait bien des émules : Calista Flockart juste avant qu’elle ne rencontre ce bientôt liquide Harrison Ford - plus bon à rien, même plus à faire des enfants - Madonna juste avant de divorcer, Meg Ryan juste avant une énième opération de chirurgie esthétique. Il faut dire que c’est si simple d’adopter : On feuillette son catalogue « La Redoute de L’adoption » ou bien on fait appel à Madame Chirac quand on s’appelle Hallyday et hop, un joli bébé est à votre disposition au point relais-adoption. Il en coûtera un don à l’orphelinat du coin, mais rassurez-vous, cette somme est déductible des impôts de la star. -Il se murmure que Carla Bruni-Sarkozy songerait à adopter une petite fille … Je ne saurai trop lui conseiller de demander un petit coup de pouce à Bernadette.

Le cas Angelina Jolie : le syndrome Mère Teresa :
La star est un cas un part dans le microcosme hollywoodien. Tout d’abord, la star s’aime enceinte. Elle assume d’ailleurs ses grossesses avec une telle maestria que lorsqu’elle arbore la fameuse robe longue à taille haute Gérard Darel, toutes les fashionistas se transforment le temps d’un été en femmes enceintes de jumeaux. Toutes les filles veulent ressembler à Angelina : Nadya Suleman a poussé le concept assez loin, accouchant d’octuplés alors qu’elle était déjà mère de six enfants, se coiffant comme la star et négociant les photos de ses enfants pour 1,5 millions de dollars quand les Brangelina en avaient obtenu 9 millions à la naissance de leurs jumeaux.

Être enceinte pour Angelina ne signifie pas passer neuf mois à se regarder le nombril comme vous et moi, égoïstes que nous sommes, mais au contraire à continuer à donner de son temps aux plus démunis : ambassadrice du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, elle a voyagé dans le monde entier afin d’aider son prochain, trimballant ses enfants en même temps, emmenant Brad dans ses bagages Louis Vuitton. Une femme enceinte toujours active, jamais fatiguée - pas même essoufflée par une petite randonnée au Darfour -, aux tenues toujours impeccables et à l’air serein - Angelina ne sait pas ce que c’est que la rétention d’eau. Et après cela vous osez pleurer parce que personne ne se lève dans le métro pour vous céder sa place ? Un peu de retenue ma fille !

De plus, Angelina adopte des enfants à tour de bras, ainsi que l’a précédemment fait l’actrice Mia Farrow. Elle veut offrir un foyer stable à ces enfants : Celui qu’elle n’a pas eu, la faute à son père Jon Voight qui a déserté le domicile familial alors qu’elle était encore enfant ? Là est peut-être la faille d’Angelina ? Elle adopte pour compenser la perte qu’elle a subie enfant ? Angelina ne serait donc pas invulnérable ? Angelina ne serait finalement pas la Lara Croft de la maternité ?

Après, les preuves de ses faiblesses se sont accumulées : La compagne de Brad Pitt est devenue anorexique - allaiter six enfants, ça tire sur la bête -, a fait une petite déprime post-natale - Brad en a même eu un peu marre de ses névroses de mère parfaite et s’est fait la malle à Berlin quelques temps - et s’est finalement décidée à utiliser les services de baby-sitters - moins sexys que celle de Jude Law -  avouant ainsi à la face du monde que même elle a besoin d’aide quand il s’agit d’élever six enfants.

Depuis, Brad est revenu, Angelina a changé de couleur de cheveux - c’est un signe : quand une femme change de coiffure, c’est que sa vie prend un nouveau tournant - et la petite famille vit à nouveau soudée … En attendant le prochain enfant. Le public est comblé par cette happy end, même si Angelina n’a pas remporté l’Oscar - mais ça, c’est normal : Cela aurait été assurément fort humiliant pour Jennifer présente lors de la cérémonie, de voir sa rivale repartir avec la célèbre statuette : l’Amérique n’était pas encore prête pour ça.

Et vous, quelle femme enceinte êtes-vous ? Prenant la pose devant les journalistes accrédités ? Mince ? Glamour ? Sur le point d’adopter des enfants par paquets de dix ? Ou bien tout simplement future maman comblée mais épuisée par ce ventre qui prend des proportions hallucinantes et devient de plus en plus lourd à porter ?