31.01.2012
ON N'EST PAS SERIEUX, QUAND ON A 6 ANS.
Ca y est, Bébé Chéri a enfin terminé ses cartons d'invitation pour ses copains. Samedi en huit, Bébé Chéri recevra neuf camarades de classe à la maison. Rien que d'y penser, vous êtes déjà crevé : le goûter d'anniversaire de votre trésor revient bien trop souvent à votre goût, vous ne vous êtes toujours pas remis de celui de l'année dernière. Car un anniversaire d'enfant, c'est un vrai parcours du combattant.
- Cela commence par le choix du carton : Antoine vous a demandé des invitations pirates, les belles à 15 euros les six qu'on trouve dans la très jolie papeterie de la rue Jacob (presque plus cher que du velin d'Arche). Mais, une fois que, fière de vous, vous lui mettez en main les précieuses cartes, il refuse de les utiliser, préférant les horribles invit Spiderman ou Naruto qu'il a vues sur Internet. Tant pis pour les Pirates. Et ne croyez pas les réutiliser pour votre cadette, Charlotte ne jure que par les invitations Princesse de chez Cassegrain (27 euros les 6) qu'elle customisera avec des auto-collants en relief (3euros 50 la plaquette).
- Venons-en à la distribution : pas de problème majeur, la maîtresse accepte toujours de s'en charger. Cependant, vous n'aviez pas prévu que 3 enfants supplémentaires viendraient vous supplier de les inviter à la sortie de l'école. Gênée, vous tentez de noyer le poisson mais la mère d'Alexandre aperçoit son fils se rouler par terre en hurlant : "la maman d'Antoine est méchante. Elle a dit qu'elle m'inviterait mais maintenant elle dit le contraire." Si vous ne voulez pas que les autres parents vous jettent la pierre, vous n'avez pas le choix : invitez cet horrible Alexandre.
- Le jour J est enfin arrivé. Antoine est excité comme une puce et saute partout dans votre appartement, vous demandant toutes les trente secondes : "Dis maman, dans combien de temps ils arrivent mes copains ?"
- Enfin, le premier invité tant attendu sonne à la porte : Antoine se précipite, ouvre la porte et saute sur son petit ami manquant le faire tomber. La père ou la mère du copain entre.
- ATTENTION AU PARENT ACCOMPAGNANT ! Dans la plupart des cas, le parent accompagnant est quelqu'un de normal, aimable et attentif au bien-être de son enfant ; il laissera son numéro de téléphone "au cas où" et reviendra chercher son fils ou sa fille dans des délais raisonnables.
- Mais parfois, le parent accompagnant est un être perfide ; on le reconnait à une chose : il n'entre pas chez vous, se contentant de jeter son fils ou sa fille dans votre appartement et omettant de vous laisser son numéro de portable - il n'est jamais trop prudent ! Généralement, son enfant est malade à crever et contagieux, mais vous l'apprendrez tout seul un peu plus tard, quand, par exemple, il vomira dans votre salon. A son retour, le parent perfide vous dira : " Chouchou tenait tellement à venir, je n'ai pas voulu le priver, bien qu'il soit malade comme un chien. Aurais-je omis de vous le dire ? ". En attendant, vous avez dû, en plus de vous occuper des autres enfants, consoler le petit bout qui est bouillant, blanc comme un linge et réclame sa mère à corps et à cris, mère qui n'est pas joignable puisque qu'elle s'est bien gardée de vous laisser son numéro, et qui arrivera une demi-heure après la fin de la fête :"Vous allez rire, je me suis trompée d'heure. C'est ballot !"
- Parfois, le parent accompagnant, au lieu de lire sur le carton "fin de la fête à 18 H", a lu "fin de la fête entre 18 h et 21 H". Celui-là aussi rechigne à donner son numéro de portable. Si c'est une femme, il profite de l'anniversaire d'Antoine pour faire les soldes. Si c'est un homme, pour dormir ou faire un squash avec ses copains. Dans les deux cas, cela dure 2 heures de plus que l'anniversaire d'Antoine.
- Parfois, le parent accompagnant, généralement un curieux, découvre non sans plaisir que vous avez un très bel appartement qu'il aimerait beaucoup visiter et il ne va d'ailleurs pas se gêner pour le faire, sans même vous demander votre autorisation (si, si, je vous assure !). Alors, tandis que vous tentez désespérément de gérer vos petits invités passablement énervés, le parent curieux déambule tranquillement dans TOUT votre appartement (oui, même les toilettes), faisant l'inventaire de vos meubles, appréciant la qualité de vos tableaux, s'attardant sur les plis de vos rideaux, caressant amoureusement la commode de votre chambre. Certes il vous félicitera avec une certaine délicatesse pour votre goût irréprochable, mais avouez que la visite de l'appart par un étranger, c'est franchement lourd.
- Parfois, le parent accompagnant, généralement un anxieux, pense que lui aussi est invité à l'anniversaire d'Antoine et squatte alors votre canapé pendant 3 heures. Poussez le gentiment dehors en lui faisant miroiter une après-midi de rêve seul, sans enfant. Il partira à contre-coeur et s'installera au café juste en bas de chez vous, fixant avec angoisse la fenêtre de votre salon jusqu'à ce l'anniversaire touche à sa fin.
Mais nous n'en sommes pas encore là. Les enfants sont presque tous arrivés, il n'en manque qu'un que vous ne connaissez que de nom d'ailleurs. Là est l'erreur !
- Ne JAMAIS inviter d'enfant que vous ne connaissez pas. Si vous vous étiez renseigné, vous auriez appris que ce Jean-Baptiste était loin d'être un saint. C'est même le diable en personne. Totalement ingérable, il vous répond quand vous le priez de ne pas faire de trampoline sur votre canapé et pique une crise après que vous lui ayez dit que les toilettes ne servaient pas à baigner le chat de la famille. Il se barbouille le visage de fondant au chocolat puis vole tous les bonbons au grand désespoir des autres enfants qu'il griffe et frappe au passage. Quand sa mère le récupèrera, elle vous dira : "j'espère que cela s'est bien passé. Nous donnons une éducation très libre à Jean-Baptiste. Il s'épanouit davantage dans un environnement sans règle."
- Ne JAMAIS inviter que des filles si vous tenez à vos tympans.
- Ne JAMAIS inviter que des garçons si vous voulez éviter les bastons.
- Prévoyez des activités : jeux de société rapides (Dooble). Jeux rigolos (tapis avec des tâches de couleurs sur lesquelles poser ses pieds et ses mains.) Statue musicale. Momie en papier toilette (enfants par groupes de deux. l'un entoure son copain de bandelette de PQ pour en faire une momie. Ensuite, on déchire d'un coup les bandelettes en criant. Rires assurés. En cas d'enfants trop agités, utilisez des bandelettes de plâtre : tranquillité assurée, sauf peut-être avec les parents...) Pêche au canard avec des petits cadeaux dans votre baignoire. Pistolets à eau au parc quand les anniversaires ont lieu fin juin. Etc.
- Faites des photos. Une fois l'anniversaire terminé, envoyez deux photos par mail à chaque famille, les parents seront ravis.
Voilà, l'anniversaire est fini. Vous êtes sur les genoux. Il y a des confettis dans toute la maison, des fraises tagadas écrasées sur le carrelage de la cuisine, des assiettes en carton "Cars" avec des restes de gâteau au chocolat. Mais vous êtes heureux - si, je vous assure que vous êtes heureux. Vous êtes heureux parce que maintenant il ne vous reste plus que quatre heures de ménages afin que la maison retrouve un aspect normal. Mais surtout, vous êtes heureux, car la prochaine fois que vous devrez vous fader l'anniversaire de Bébé Chéri, ce sera dans 364 jours et 16 heures. Un an sans anniversaire d'enfant, elle est pas belle la vie ?
| Commentaires (0) | Tags : enfant
26.01.2012
LE DAL ? DES METHODES DE SALOPARDS !
Ce blog n'a habituellement pour but que de divertir, amuser et faire sourire. Mais aujourd'hui, je m'en sers comme d'une tribune afin d'exprimer ma colère et mon indignation de mère à l'encontre de l'association Droit Au Logement (DAL) qui a utilisé, pas plus tard qu'hier, des méthodes qui, selon moi, s'apparentent à des méthodes de voyous.
Que ces gens livrent bataille afin d'améliorer leurs conditions de logement me semble tout à fait légitime ; qu'ils prennent des enfants âgés de 5 à 9 ans en otages, car il s'agit bien d'une prise d'otages qui a eu lieu hier, mercredi après-midi, dans un gymnase du cinquième arrondissement de Paris, est absolument intolérable et inadmissible.
Revenons aux faits : hier, mercredi après-midi, jour des enfants, alors que ceux-ci (une quarantaine de petits) étaient en plein cours de gymnastique avec leurs trois professeurs, 200 à 300 personnes ont fait irruption illégalement dans le gymnase, hurlant, criant dans un mégaphone et scandant à tout va, sans se soucier des enfants, terrorrisés, je dis bien terrorrisés, certains pleurant, d'autres tremblant, d'autres encore criant.
Rien ne saurait justifier un tel comportement à l'égard de petits.
Pourquoi ne pas avoir fait évacuer les enfants dans les vestiaires avant d'investir les lieux ? Cela n'aurait pris que quelques minutes, il suffisait qu'un meneur de la manifestation s'entretienne quelques instants avec le responsable du cours de gymnastique. Au lieu de cela, les enfants et leurs professeurs ont été contraints de se réfugier dans un coin du gymnase à l'opposé de la sortie. Ils étaient pris au piège de cette horde humaine vociférante qui se contrefichait éperdument de ce que ces petits bouts pouvaient ressentir. Ceux qui ont consolé et rassuré les enfants ? Les CRS (4 à 5 fourgons) et policiers en civils dépêchés sur place. Et je les en remercie vivement.
Car le choc a été rude pour ces enfants ; si je parle de choc, c'est que j'ai récupéré mon fils pleurant et tremblant de tous ses membres. Hier soir, il a eu bien du mal à s'endormir et moi à calmer ses pleurs et ses angoisses. Il ne veut plus retourner à son cours de gymnastique et, ce matin, s'est serré contre moi craignant que ces voyous (j'appelle voyous les personnes aux méthodes de voyous) n'investissent son école.
Mesdames et Messieurs du DAL, si vos revendications sont légitimes, vos méthodes sont lamentables et indignes. Avec de telles pratiques, vous ne méritez que le mépris.
| Commentaires (0) | Tags : dal, droit au logement