10.10.2011
CHERIE, JE VAIS MOURIR.
Vous, les femmes, combien de fois avez-vous entendu cette phrase "Chérie, je vais mourir" ? Et si ce n'est pas précisément cette phrase, c'est certainement "Chérie, c'est la fin" ou encore "Chérie, tu crois que je vais m'en tirer ?" ce qui revient strictement au même.
Nous pouvons donc en conclure que ces messieurs meurent beaucoup plus souvent que nous, les femmes, au cours de leur vie.
Mon mari, pour vous donner un exemple concret, est mort deux fois rien que pour la seule année dernière.
La première fois, c'était un mardi matin à sept heures. Comme tous les jours, le réveil sonne, je me lève et commence à préparer le petit déjeuner. D'habitude, lui me rejoint et m'aide à installer la table mais ce jour-là, rien. Je retourne alors dans notre chambre et, tandis que j'allume la lumière, j'entends des vaigissements. Oui, ce sont bien des vagissements que j'entends. Et au milieu, des bribes de phrases :
"Pas bien ... malade ... température ... hyper mal." Ca y est, c'est reparti, Lui va mourir une fois de plus.
"Touche mon front, je crois que je suis brûlant." C'est moi qui bous à l'intérieur, mais c'est lui qui a chaud, allez comprendre.
Je dépose ma main sur son front (mon côté maternel sans doute). "Je n'en sais rien, prends ta température." Je vais chercher le thermomètre et le lui tends.
Lui : Tu ne m'as pas apporté le thermomètre des enfants, celui qu'on mets dans l'oreille ?
Moi : Tu vas rire, il n'y a plus de pile. (Il ne rit pas du tout, il aurait même plutôt tendance à faire la gueule et grommeler)
Lui : Tu ne voudrais pas aller acheter des piles chez Franprix ?
Moi, radieuse : Mon Trésor, Franprix est fermé à cette heure. Il vas falloir que tu baisses ton pantalon, que tu le mettes dans tes fesses et que tu attendes une minute. Tu vas voir, ça va bien se passer.
Une minute s'est bien passée, le thermomètre affiche 38°5.
Lui : Ah, je te l'avais bien dit Elsa que je n'allais pas bien du tout.
Moi : C'est sûr que passé 38°4, on est à l'article de la mort.
Lui a été particulièrement pénible pendant deux jours : "Donne-moi mes médicaments. Apporte-moi mon journal. Chut, fais moins de bruit, ça résonne dans ma tête. La soupe est trop chaude, ja vais encore avoir une suée. Touche mon front, je crois que la température ne tombe pas malgré les trente doliprane que j'ai ingurgités. Tu t'en fous que je meure."
Finalement, Lui a lutté "courageusement" pendant quarante-huit heures. L'Ankou a repris sa faux et est reparti les mains vides.
La deuxième fois, c'était un week-end. Il fallut appeler de toute urgence SOS Médecin (70 euros la visite à domicile) parce que Lui avait du sang dans les urines. Il a alors fait pipi dans un verre et c'est vrai que c'était tout rouge. Sans aucun doute, les symptômes d'un cancer de la prostate. Lui est devenu blanc comme un linge et s'est soudainement trouvé une multitude de tumeurs forcément malignes dans tout le corps, son cancer de la prostate étant particulièrement agressif : il avait déjà essaimé un peu partout, Lui était directement arrivé en stade terminal ; je serai veuve avant deux semaines, c'était sûr et certain.Le médecin a fait un test pour vérifier que c'était bien du sang. Négatif. Lui avait simplement mangé des betteraves le midi ...
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