31.01.2012
ON N'EST PAS SERIEUX, QUAND ON A 6 ANS.
Ca y est, Bébé Chéri a enfin terminé ses cartons d'invitation pour ses copains. Samedi en huit, Bébé Chéri recevra neuf camarades de classe à la maison. Rien que d'y penser, vous êtes déjà crevé : le goûter d'anniversaire de votre trésor revient bien trop souvent à votre goût, vous ne vous êtes toujours pas remis de celui de l'année dernière. Car un anniversaire d'enfant, c'est un vrai parcours du combattant.
- Cela commence par le choix du carton : Antoine vous a demandé des invitations pirates, les belles à 15 euros les six qu'on trouve dans la très jolie papeterie de la rue Jacob (presque plus cher que du velin d'Arche). Mais, une fois que, fière de vous, vous lui mettez en main les précieuses cartes, il refuse de les utiliser, préférant les horribles invit Spiderman ou Naruto qu'il a vues sur Internet. Tant pis pour les Pirates. Et ne croyez pas les réutiliser pour votre cadette, Charlotte ne jure que par les invitations Princesse de chez Cassegrain (27 euros les 6) qu'elle customisera avec des auto-collants en relief (3euros 50 la plaquette).
- Venons-en à la distribution : pas de problème majeur, la maîtresse accepte toujours de s'en charger. Cependant, vous n'aviez pas prévu que 3 enfants supplémentaires viendraient vous supplier de les inviter à la sortie de l'école. Gênée, vous tentez de noyer le poisson mais la mère d'Alexandre aperçoit son fils se rouler par terre en hurlant : "la maman d'Antoine est méchante. Elle a dit qu'elle m'inviterait mais maintenant elle dit le contraire." Si vous ne voulez pas que les autres parents vous jettent la pierre, vous n'avez pas le choix : invitez cet horrible Alexandre.
- Le jour J est enfin arrivé. Antoine est excité comme une puce et saute partout dans votre appartement, vous demandant toutes les trente secondes : "Dis maman, dans combien de temps ils arrivent mes copains ?"
- Enfin, le premier invité tant attendu sonne à la porte : Antoine se précipite, ouvre la porte et saute sur son petit ami manquant le faire tomber. La père ou la mère du copain entre.
- ATTENTION AU PARENT ACCOMPAGNANT ! Dans la plupart des cas, le parent accompagnant est quelqu'un de normal, aimable et attentif au bien-être de son enfant ; il laissera son numéro de téléphone "au cas où" et reviendra chercher son fils ou sa fille dans des délais raisonnables.
- Mais parfois, le parent accompagnant est un être perfide ; on le reconnait à une chose : il n'entre pas chez vous, se contentant de jeter son fils ou sa fille dans votre appartement et omettant de vous laisser son numéro de portable - il n'est jamais trop prudent ! Généralement, son enfant est malade à crever et contagieux, mais vous l'apprendrez tout seul un peu plus tard, quand, par exemple, il vomira dans votre salon. A son retour, le parent perfide vous dira : " Chouchou tenait tellement à venir, je n'ai pas voulu le priver, bien qu'il soit malade comme un chien. Aurais-je omis de vous le dire ? ". En attendant, vous avez dû, en plus de vous occuper des autres enfants, consoler le petit bout qui est bouillant, blanc comme un linge et réclame sa mère à corps et à cris, mère qui n'est pas joignable puisque qu'elle s'est bien gardée de vous laisser son numéro, et qui arrivera une demi-heure après la fin de la fête :"Vous allez rire, je me suis trompée d'heure. C'est ballot !"
- Parfois, le parent accompagnant, au lieu de lire sur le carton "fin de la fête à 18 H", a lu "fin de la fête entre 18 h et 21 H". Celui-là aussi rechigne à donner son numéro de portable. Si c'est une femme, il profite de l'anniversaire d'Antoine pour faire les soldes. Si c'est un homme, pour dormir ou faire un squash avec ses copains. Dans les deux cas, cela dure 2 heures de plus que l'anniversaire d'Antoine.
- Parfois, le parent accompagnant, généralement un curieux, découvre non sans plaisir que vous avez un très bel appartement qu'il aimerait beaucoup visiter et il ne va d'ailleurs pas se gêner pour le faire, sans même vous demander votre autorisation (si, si, je vous assure !). Alors, tandis que vous tentez désespérément de gérer vos petits invités passablement énervés, le parent curieux déambule tranquillement dans TOUT votre appartement (oui, même les toilettes), faisant l'inventaire de vos meubles, appréciant la qualité de vos tableaux, s'attardant sur les plis de vos rideaux, caressant amoureusement la commode de votre chambre. Certes il vous félicitera avec une certaine délicatesse pour votre goût irréprochable, mais avouez que la visite de l'appart par un étranger, c'est franchement lourd.
- Parfois, le parent accompagnant, généralement un anxieux, pense que lui aussi est invité à l'anniversaire d'Antoine et squatte alors votre canapé pendant 3 heures. Poussez le gentiment dehors en lui faisant miroiter une après-midi de rêve seul, sans enfant. Il partira à contre-coeur et s'installera au café juste en bas de chez vous, fixant avec angoisse la fenêtre de votre salon jusqu'à ce l'anniversaire touche à sa fin.
Mais nous n'en sommes pas encore là. Les enfants sont presque tous arrivés, il n'en manque qu'un que vous ne connaissez que de nom d'ailleurs. Là est l'erreur !
- Ne JAMAIS inviter d'enfant que vous ne connaissez pas. Si vous vous étiez renseigné, vous auriez appris que ce Jean-Baptiste était loin d'être un saint. C'est même le diable en personne. Totalement ingérable, il vous répond quand vous le priez de ne pas faire de trampoline sur votre canapé et pique une crise après que vous lui ayez dit que les toilettes ne servaient pas à baigner le chat de la famille. Il se barbouille le visage de fondant au chocolat puis vole tous les bonbons au grand désespoir des autres enfants qu'il griffe et frappe au passage. Quand sa mère le récupèrera, elle vous dira : "j'espère que cela s'est bien passé. Nous donnons une éducation très libre à Jean-Baptiste. Il s'épanouit davantage dans un environnement sans règle."
- Ne JAMAIS inviter que des filles si vous tenez à vos tympans.
- Ne JAMAIS inviter que des garçons si vous voulez éviter les bastons.
- Prévoyez des activités : jeux de société rapides (Dooble). Jeux rigolos (tapis avec des tâches de couleurs sur lesquelles poser ses pieds et ses mains.) Statue musicale. Momie en papier toilette (enfants par groupes de deux. l'un entoure son copain de bandelette de PQ pour en faire une momie. Ensuite, on déchire d'un coup les bandelettes en criant. Rires assurés. En cas d'enfants trop agités, utilisez des bandelettes de plâtre : tranquillité assurée, sauf peut-être avec les parents...) Pêche au canard avec des petits cadeaux dans votre baignoire. Pistolets à eau au parc quand les anniversaires ont lieu fin juin. Etc.
- Faites des photos. Une fois l'anniversaire terminé, envoyez deux photos par mail à chaque famille, les parents seront ravis.
Voilà, l'anniversaire est fini. Vous êtes sur les genoux. Il y a des confettis dans toute la maison, des fraises tagadas écrasées sur le carrelage de la cuisine, des assiettes en carton "Cars" avec des restes de gâteau au chocolat. Mais vous êtes heureux - si, je vous assure que vous êtes heureux. Vous êtes heureux parce que maintenant il ne vous reste plus que quatre heures de ménages afin que la maison retrouve un aspect normal. Mais surtout, vous êtes heureux, car la prochaine fois que vous devrez vous fader l'anniversaire de Bébé Chéri, ce sera dans 364 jours et 16 heures. Un an sans anniversaire d'enfant, elle est pas belle la vie ?
| Commentaires (0) | Tags : enfant
26.01.2012
LE DAL ? DES METHODES DE SALOPARDS !
Ce blog n'a habituellement pour but que de divertir, amuser et faire sourire. Mais aujourd'hui, je m'en sers comme d'une tribune afin d'exprimer ma colère et mon indignation de mère à l'encontre de l'association Droit Au Logement (DAL) qui a utilisé, pas plus tard qu'hier, des méthodes qui, selon moi, s'apparentent à des méthodes de voyous.
Que ces gens livrent bataille afin d'améliorer leurs conditions de logement me semble tout à fait légitime ; qu'ils prennent des enfants âgés de 5 à 9 ans en otages, car il s'agit bien d'une prise d'otages qui a eu lieu hier, mercredi après-midi, dans un gymnase du cinquième arrondissement de Paris, est absolument intolérable et inadmissible.
Revenons aux faits : hier, mercredi après-midi, jour des enfants, alors que ceux-ci (une quarantaine de petits) étaient en plein cours de gymnastique avec leurs trois professeurs, 200 à 300 personnes ont fait irruption illégalement dans le gymnase, hurlant, criant dans un mégaphone et scandant à tout va, sans se soucier des enfants, terrorrisés, je dis bien terrorrisés, certains pleurant, d'autres tremblant, d'autres encore criant.
Rien ne saurait justifier un tel comportement à l'égard de petits.
Pourquoi ne pas avoir fait évacuer les enfants dans les vestiaires avant d'investir les lieux ? Cela n'aurait pris que quelques minutes, il suffisait qu'un meneur de la manifestation s'entretienne quelques instants avec le responsable du cours de gymnastique. Au lieu de cela, les enfants et leurs professeurs ont été contraints de se réfugier dans un coin du gymnase à l'opposé de la sortie. Ils étaient pris au piège de cette horde humaine vociférante qui se contrefichait éperdument de ce que ces petits bouts pouvaient ressentir. Ceux qui ont consolé et rassuré les enfants ? Les CRS (4 à 5 fourgons) et policiers en civils dépêchés sur place. Et je les en remercie vivement.
Car le choc a été rude pour ces enfants ; si je parle de choc, c'est que j'ai récupéré mon fils pleurant et tremblant de tous ses membres. Hier soir, il a eu bien du mal à s'endormir et moi à calmer ses pleurs et ses angoisses. Il ne veut plus retourner à son cours de gymnastique et, ce matin, s'est serré contre moi craignant que ces voyous (j'appelle voyous les personnes aux méthodes de voyous) n'investissent son école.
Mesdames et Messieurs du DAL, si vos revendications sont légitimes, vos méthodes sont lamentables et indignes. Avec de telles pratiques, vous ne méritez que le mépris.
| Commentaires (0) | Tags : dal, droit au logement
12.12.2011
"LES RICHES, C'EST FAIT POUR ETRE TRES RICHE ET LES PAUVRES TRES PAUVRES." GERARD OURY.
Le riche ne touche pas les allocs.- Le pauvre boit les allocs au bistro du coin.
- Le riche dîne bio-équilibré.
- Le pauvre micro-ondine surgelé.
- Le fils de riche se prénomme Charles-Emmanuel, Jean ou Stanislas.
- Le fils de pauvre s'appelle Kevin, Killian ou Téo.
- La fille de riche se prénomme Victoire, Sixtine ou Domitille.
- La fille de pauvre s'appelle Louane, Jennifer ou Océane.
- Le riche va au cinéma d'art et essai.
- Le pauvre loue chaque samedi des cassettes porno.
- Le riche dit "Je vous prie de bien vouloir m'excuser."
- Le pauvre dit "Ouech. Zyvas. Vas chier."
- Le pauvre dit à son enfant : "Ta gueule. Tu fais chier à chialer tout le temps. J'vais t'foutre une torgniole, t'auras des raisons de pleurer comme ça."
- Le riche dit à son enfant : "Oui mon ange, je comprends que tu sois en colère parce que ta nurse a changé la couleur de ton mobile. Ne t'inquiète pas, nous allons embaucher une nouvelle nurse, Trésor."
- Le riche emmène ses enfants faire du cheval de bois au Jardin d'Acclimation LVMH à Neuilly et goûter chez Angelina.
- Le pauvre emmène ses enfants faire de l'auto tamponneuse à Eurodisney et manger des beignets plein de graisse.
- Le riche part en vacances à l'autre bout du monde et dans sa maison de famille de Guéthary depuis que Beigbeder lui a redonné ses lettres de noblesse.
- Le pauvre ? Il ne part pas en vacances !
- Le fils de pauvre à 5 ans : il est puni pour avoir dit "sale pute!" à la maîtresse. Son grand-frère vient casser la figure à l'institutrice à la sortie de l'école.
- Le fils de riche à 5 ans : il enchaîne cours de chinois, cours d'anglais, ateliers enfants dans les musées parisiens, cours de poney à l'école militaire, golf à Saint-Cloud, tennis à Auteuil. Le lundi matin, il n'est pas encore à l'école qu'il est déjà épuisé.
- Le fils de pauvre à 8 ans : il met le feu à son école, rend visite pour la toute première fois au juge pour enfants (ça se fête), zone en bas de son HLM et gagne chaque jour 80 euros pour faire le guet dans la cité.
- Le fils de riche doit prendre rendez-vous avec ses parents afin de leur présenter son bulletin de notes trimestriel.
- Le fils de pauvre à 15 ans : il deale.
- Le fils de riche qui tourne mal à 15 ans : il se came.
- Le fils de pauvre à 25 ans : il croupit à Fresne après une énième remontée de shit depuis le Maroc et un troisième braquage.
- Le fils de riche qui a mal tourné à 25 ans : il croupit six pieds sous terre suite à une overdose.
- Parfois, le fils de pauvre réussit : il s'en prend plein la gueule tout au long de sa scolarité par les fils de pauvres qui ont mal tourné. Il rame pour faire une prépa minable mais, grâce à la discrimination positive, grille les fils de riches, même les plus brillants, sur la ligne d'entrée à Science-Po. On dit que c'est mérité.
- Parfois, le fils de riche réussit : même si le fils de riche est un crétin, il succède à son père à la tête de l'entreprise familiale et réussit, avec un certain brio il faut bien le reconnaitre, à faire faillitte en un temps record. Dans le cas où le fils de riche est brillant, il intégre Henri IV ou Louis Le Grand, bosse comme un fou en prépa dans l'un ou l'autre de ces prestigieux établissements, entre à Dauphine (qui, en plus de pratiquer la discrimination positive pratique aussi le bizutage négatif c'est à dire le tatouage à la capsule de bière) et finit par une année aux States.
- Le pauvre joue à Euromillions deux fois par semaine.
- Le riche gagne à Euromillions tous les jours.
| Commentaires (0) | Tags : n'importe quoi
07.12.2011
JE VOUDRAIS ...
Je voudrais faire la fête jusqu'au bout de la nuit et recommencer le lendemain soir sans problème, mais il me faut une semaine pour m'en remettre.- Je voudrais boire comme un trou et me réveiller fraîche comme une rose, mais trois coupes de champagne et j'ai la gueule de bois.
- Je voudrais ne plus avoir d'enfants mais je jongle entre l'école, les activités sportives et les fêtes d'anniversaires.
- Je voudrais manger des kilos de fraises tagada sans vomir ensuite, mais je vomis.
- Je voudrais ne pas mettre de crême de nuit anti-rides et avoir un teint de rose au réveil, mais le matin je ressemble de plus en plus à Jeanne Calment.
- Je voudrais aller chez le dentiste pour un simple détartrage, mais ma dentiste me dit "nous allons vérifier si vous n'avez pas d'arthrose dans les machoires".
- Je voudrais être insouciante, mais je m'angoisse pour mes enfants.
- Je voudrais partir sur un coup de tête mais je n'ai personne pour garder mes fils.
- Je voudrais draguer mais je suis mariée et je ne sais même plus comment on fait.
- Je voudrais ne pas avoir à faire les courses et manger les restes mais on me demande "qu'est-ce-qu'on mange ce soir ?"
- Je voudrais faire la grasse matinée, paresser dans mon bain, m'allonger sur mon lit pour bouquiner et révasser, mais à chaque fois que je tente le coup, c'est Beyrouth dans mon salon.
Je voudrais avoir 19 ans, mais aujourd'hui, je fête mes 39 29.
| Commentaires (0) | Tags : moi, n'importe quoi
02.12.2011
LES PARENTS D'ELEVES, C'EST COMME LES VACHES, CA VA TOUJOURS EN TROUPEAUX.
Lorsque, pour la toute première fois, on emmène Bébé Chéri à l'école, on se dit que l'ambiance est formidable : tous ces parents polis, le sourire aux lèvres, qui se disent bonjour. Oui, vraiment le monde est bien fait ; Antoine se fait plein de nouveaux copains, tout comme ses parents. Cependant, tout doucement, ce monde de Oui Oui évolue incontestablement. Alors qu'on embrassait toute l'école en petite section de maternelle, arrivé en CE2, le clanisme est de rigueur, la faute, certes, aux affinités, mais surtout au "tout pour ma gueule".
Afin d'illustrer mon propos, établissons tout d'abord une liste (non exhaustive) des différentes races bovines.
- La race des snobs : la vache snob vous toise de la tête aux pieds et, quand elle daigne vous adresser la parole (ce qui est hélas mon cas, mes tenues semblant lui convenir) c'est pour vous parler de ses soucis avec son ISF ou bien pour s'étonner du fait que Machin prenne l'avion pour la Suède tel jour et non le lendemain, ce à quoi vous lui répondrez "hé bien, cela fait quand même une différence de 1500 euros." "Mais nous ne sommes pas à 1500 euros prêts." "Mais si, pétasse", mais cela vous ne le direz pas, vous vous contenterez de le penser très fort.
- La race des collantes : moche comme un cul, habillée comme un sac, nunuche et j'en passe, la collante a fait de vous son modèle. Dès qu'elle le peut, elle vous coince contre la barrière de sécurité de l'école, vous choppe au feu rouge, vous aggrippe le bras au parc de peur que vous ne lui échappiez et tente de vous persuader que des vacances ensemble, ce serait formidable. Elle vous aime !
- La race des étouffantes : elles passent leur temps à se plaindre que leur enfant est maltraité et incompris, surtout par le prof de sport qui, à cause de ses trois séances hebdomaires, oblige Capucine à revêtir un jogging plutôt que la jolie robe rose qu'elle adore. Elle devrait plutôt se réjouir de la chance qu'ont les écoliers parisiens de faire aussi souvent du sport (l'une des particularités de l'école parisienne étant que les enfants ont, en plus de leur instituteur, un professeur de sport, un de musique et un d'arts plastiques) mais non. D'ailleurs, elle n'aime pas non plus le professeur d'arts plastiques car Capucine déteste avoir de la peinture sur les doigts. Et puis elle demande tous les ans qu'on ouvre une salle en hiver car sa fille a froid pendant la récréation. J'ai conseillé à Capucine de courir pendant la récré, sa mère ne me dit plus bonjour.
- Les races des représentants des associations de parents d'élèves (FCPE, PEEP, Indépendants) : dans l'école de mes fils, il y a pratiquement autant de représentants qu'il y a d'enfants à l'école, car ici, Madame, les parents s'impliquent ! (Pauvres maîtresses qui ne peuvent plus faire une remarque à un enfant sans être harcelées et sans avoir à faire un rapport détaillé aux parents par la suite. Pauvres gosses qui ont le sentiment d'être sans cesse fliqués par leur parents.) Premièrement, les représentants tenteront de vous endoctriner. Résistez ! Si vous n'y parvenez pas, attention à intégrer l'association correspondant à vos convictions politiques. Une amie allemande s'y est laissée prendre ; elle, qui est de droite, ne savait pas que la FCPE était à gauche, son mari a failli s'étrangler un soir en la voyant rentrer d'une réunion FCPE le poing brandi chantant l'Internationale. Deuxièmement, ce n'est pas parce qu'on est une vache représentante des parents d'élèves qu'on beugle pour tous les veaux du troupeau. Non, on est là pour son veau et uniquement pour son veau. Ainsi, lors d'un conseil d'étable d'école, alors que le proviseur proposait d'utiliser une partie de l'argent de la coopérative pour une activité ayant pour but d'aider quelques enfants en difficulté, une mère FCPE s'est écriée "si je donne de l'argent à la coopérative, c'est pour que cela serve à MON fils." C'est beau d'intégrer une association de gauche qui a pour but de défendre les intérêts de TOUS les enfants de l'école !
- La race des "on est super intime" : à se voir tous les jours, à prendre le café ensemble tous les matins dans les "cafés - poussettes", à se croiser lors des anniversaires, des sorties d'écoles, des activités extra-scolaires et des fêtes d'école, on devient vite amis. A-t-on pour autant le devoir de déballer notre vie intime à nos nouveaux amis ? Je n'en suis pas si sûre. Je vais vous donner un exemple. Un midi, je suis invitée chez une maman de l'école avec d'autres mamans de l'école, ce qui est plutôt sympa. On discute, on picole, on mange, on discute, on picole, on rigole, on picole. Est-ce parce qu'on a trop picolé que la conversation prend un tour pour le moins inattendu ? Toujours est-il que l'une d'elle vient à raconter à toute la tablée qu'elle adore la sodomie (j'en ai avalé mon champagne de travers. La bourgeoisie germano-pratine s'est bien décoincée ces derniers temps.) mais qu'elle est terriblement frustrée parce que son mari ne la pratique pas, d'ailleurs il ne pratique plus rien du tout depuis la naissance de sa deuxième fille quatre ans plus tôt. Une autre mère lui répond alors que son mari ne la touche plus depuis deux ans mais que l'été précédant elle a découvert en épluchant leur compte bancaire qu'il s'était offert une call-girl dans un grand hôtel parisien alors qu'elle était en vacances dans leur maison de la Baule. Ce n'est pas fini, la troisième maman nous parle de son mari qu'elle trouve plan-plan au lit et d'une expérience avec deux hommes en même temps (normal que son mari lui paraisse plan-plan après ça). Quand vient mon tour, je ne trouve qu'une échappatoire : "tu l'as fait par derrière, dis-je à la première. Tu l'as fait avec deux hommes, dis-je à la seconde. C'est bien tout ça, mais qui l'a fait avec un chien ?" Tous s'esclaffent et je soupire de soulagement. Pas envie que tout le monde sache ce que je fais de mes fesses et pas plus envie de savoir que Monsieur, que je croise tous les jours devant l'école, ne touche plus sa femme, que cet autre Monsieur s'offre des call-girls, que Machine couche avec quatre hommes, trois femmes et cinq bouledogues. Gardez vos secrets, je ne suis pas sexologue ! Et je ne suis pas échangiste non plus, alors, à la mère de famille qui vient toujours me voir en me faisant du plat et me propose à mots couverts des partouzes avec son mari, je dis NON ! Foutez-moi la paix !
Au milieu de ce troupeau de vaches, je me sens comme une brebis égarée mais qui, au contraire de celle du Nouveau Testament, aurait trouvé le bon chemin, un chemin pas tout droit, n'exagérons rien ; non, légèrement sinueux, qui va d'un troupeau à l'autre. Amen.
| Commentaires (0) | Tags : enfant
10.10.2011
CHERIE, JE VAIS MOURIR.
Vous, les femmes, combien de fois avez-vous entendu cette phrase "Chérie, je vais mourir" ? Et si ce n'est pas précisément cette phrase, c'est certainement "Chérie, c'est la fin" ou encore "Chérie, tu crois que je vais m'en tirer ?" ce qui revient strictement au même.
Nous pouvons donc en conclure que ces messieurs meurent beaucoup plus souvent que nous, les femmes, au cours de leur vie.
Mon mari, pour vous donner un exemple concret, est mort deux fois rien que pour la seule année dernière.
La première fois, c'était un mardi matin à sept heures. Comme tous les jours, le réveil sonne, je me lève et commence à préparer le petit déjeuner. D'habitude, lui me rejoint et m'aide à installer la table mais ce jour-là, rien. Je retourne alors dans notre chambre et, tandis que j'allume la lumière, j'entends des vaigissements. Oui, ce sont bien des vagissements que j'entends. Et au milieu, des bribes de phrases :
"Pas bien ... malade ... température ... hyper mal." Ca y est, c'est reparti, Lui va mourir une fois de plus.
"Touche mon front, je crois que je suis brûlant." C'est moi qui bous à l'intérieur, mais c'est lui qui a chaud, allez comprendre.
Je dépose ma main sur son front (mon côté maternel sans doute). "Je n'en sais rien, prends ta température." Je vais chercher le thermomètre et le lui tends.
Lui : Tu ne m'as pas apporté le thermomètre des enfants, celui qu'on mets dans l'oreille ?
Moi : Tu vas rire, il n'y a plus de pile. (Il ne rit pas du tout, il aurait même plutôt tendance à faire la gueule et grommeler)
Lui : Tu ne voudrais pas aller acheter des piles chez Franprix ?
Moi, radieuse : Mon Trésor, Franprix est fermé à cette heure. Il vas falloir que tu baisses ton pantalon, que tu le mettes dans tes fesses et que tu attendes une minute. Tu vas voir, ça va bien se passer.
Une minute s'est bien passée, le thermomètre affiche 38°5.
Lui : Ah, je te l'avais bien dit Elsa que je n'allais pas bien du tout.
Moi : C'est sûr que passé 38°4, on est à l'article de la mort.
Lui a été particulièrement pénible pendant deux jours : "Donne-moi mes médicaments. Apporte-moi mon journal. Chut, fais moins de bruit, ça résonne dans ma tête. La soupe est trop chaude, ja vais encore avoir une suée. Touche mon front, je crois que la température ne tombe pas malgré les trente doliprane que j'ai ingurgités. Tu t'en fous que je meure."
Finalement, Lui a lutté "courageusement" pendant quarante-huit heures. L'Ankou a repris sa faux et est reparti les mains vides.
La deuxième fois, c'était un week-end. Il fallut appeler de toute urgence SOS Médecin (70 euros la visite à domicile) parce que Lui avait du sang dans les urines. Il a alors fait pipi dans un verre et c'est vrai que c'était tout rouge. Sans aucun doute, les symptômes d'un cancer de la prostate. Lui est devenu blanc comme un linge et s'est soudainement trouvé une multitude de tumeurs forcément malignes dans tout le corps, son cancer de la prostate étant particulièrement agressif : il avait déjà essaimé un peu partout, Lui était directement arrivé en stade terminal ; je serai veuve avant deux semaines, c'était sûr et certain.Le médecin a fait un test pour vérifier que c'était bien du sang. Négatif. Lui avait simplement mangé des betteraves le midi ...
04.10.2011
SANS FACON, MERCI !
Anna Wintour, la papesse de la mode, se garde bien de revêtir tous les indispensables d'une saison. Non, elle préfère porter son éternelle veste Chanel, n'utilise les plateforme shoes que pour les photos de mode de son magazine, n'entoure son cou que d'un carré Hermès et préfèrerait se jeter du pont de Brooklyn plutôt que de porter un manteau en poil de singe Roberto Cavalli.
Comme je la comprends (quoique le manteau en poil de singe, même s'il fait vraiment poule, moi, je préfère encore le porter plutôt que de sauter dans l'East river). Car, en matière de mode, qui dit indispensable, ne dit pas forcément beau et seyant.
Petit tour des indispensables moches de cet automne - hiver 2011/2012.
- Le fameux pull Céline
: aucun magazine n'a fait l'impasse sur ce pull (ils auraient dû) qui me rappelle les pulls que mes parents m'obligeaient à porter dans les années 1970 pour aller skier à Morzine. Même l'effet sous-pull (celui qui vous arrachait les oreilles et le nez quand votre mère tirait dessus de toutes ses forces pour vous l'ôter ; ça rappelle des souvenirs à certains, hein ?) est là. Je ne parle pas des couleurs... Honnêtement, qui trouve ça élégant et sexy ? Pour moi, ce sera NON. - Les bottes Prada :
Je suis à peu près certaine que Rem Koolhaas s'est inspiré des bas de contention de ma belle-mère. Croyez-moi, on a vu plus sexy que belle-maman. - La jupe culotte :
je profite de l'occasion qui m'est donnée pour demander aux créateurs ainsi qu'aux rédactrices de mode de bannir la jupe culotte à tout jamais. Non, vous ne réussirez pas à me faire croire que la jupe culotte est la pièce manquante de mon dressing. Quant au côté pratique, autant mettre un pantalon. - La capeline :
si vous ne vous appelez pas Faye Denaway et que vous ne jouez pas dans L'affaire Thomas Crowne, passez votre chemin. Seule Faye peut porter la capeline. Jennifer Lopez s'y est essayée, voyez où cela l'a menée ; mais cette fille est un véritable désastre en matière de mode, de distinction et d'élégance : remarquez, c'est simple, tout ce qu'elle fait, vous faites le contraire, vous êtes certaine de ne pas vous tromper. - Le jaune :
le jaune, c'est magnifique en maillot de bain sur une fille bronzée au corps parfait. Ce n'est pas votre cas ? Alors préférez le noir, c'est plus sûr et ça amincit. - Le vernis à ongle vert :
importable passé 15 ans. - Le total look blanc :
cela peut être magnifique à condition de faire une taille 36, sinon vous prenez le risque de ressembler au Bibendum ou à un petit boudin blanc, au choix. - Les chaussettes couleur pop dans des sandales à talons :
mais qui donc a eu cette idée ? Et pourquoi pas des chaussettes de tennis blanches dans des mocassins à glands pour les hommes pendant qu'on y est ? - Quelques restrictions concernant les chemisiers à col lavallière
, le pied de poule sous toutes ses formes et l'écossais : à n'utiliser qu'en petites touches afin de ne pas ressembler à votre grand-mère. Par exemple, une lavallière avec une mini-jupe, une pochette pied de poule avec un slim en cuir rouge, ou bien une mini-jupe écossaise avec avec une doudoune ceinturée.
Enfin, dernier conseil, et non des moindres, si vous hésitez, demandez-donc à un homme ce qu'il en pense. Vous me répondrez qu'un homme n'y connait rien en mode. Certes. Mais en vous voyant vêtue du pull Céline de sa copie Zara, des bottes Prada qui vous auront coûté deux mois de salaire et d'une jupe culotte, il refusera dorénavant de sortir dîner au restaurant avec vous (les plus horrifiés pourront même aller jusqu'à demander le divorce): vous saurez alors qu'il convient de rapporter tous vos achats pour échange. Ces messieurs ne connaissent pas forcément la mode mais ils savent quand on est belle. Et nous, ce qu'on recherche, ce n'est pas forcément d'être au top des tendances, mais d'être belles, tout simplement.
19.09.2011
PUPUCE.
Quand j'entends "Pupuce", tout d'abord je comprends "Viens te coucher Pupuce, debout grosse vache". Ensuite, je souffle bruyamment en levant les yeux au ciel - en fait, je beugle, c'est de circonstance - et hurle "Pitié !" Mon exaspération provoque alors les réactions plus ou moins gênées de l'assistance.
- Oui, vous, là, le gros costaud chauve. Madame vous appelle "mon poussin" dans l'intimité.
- Heu oui, avoue platement celui qui ressemble davantage à un pillier du XV de France qu'à une petite boule de duvet, ce qui ne manque pas de faire rire son voisin.
Mais le voisin en question rit jaune ; n'adresse-t-il pas du "Minouche d'amour" en veux-tu en voilà à Madame quand il a une faveur à lui demander ? Sachez pourtant que la Minouche d'amour n'a absolument rien en commun avec une fragile et délicate petite chatte blanche mais s'habille en 44 et chausse du 40.
Quant à un troisième larron, il devient tout chose quand son épouse, alias Didine lui sussurre à l'oreille "C'est qui la Choupette à Didine ?"
Cela prêterait à sourire si l'on ne vous imposait ces fadaises et autres niaiseries lors des dîners en ville.
Minouche d'amour et Choupette vous font face ; ou plutôt, Minouche d'amour vous fait face tandis que Choupette fait face à Minouche d'amour ne vous laissant voir de son visage que son profil. Très agréable, cela vous donne l'impression d'être revenue vingt cinq ans en arrière quand vous teniez la chandelle à votre copine Alix qui sortait avec Charles-Antoine lors de la boum de seconde B dans le presbytère. Choupette boit les paroles de Minouche d'amour, Choupette caresse la nuque de Minouche d'amour, Choupette galoche à tout va Minouche d'amour comme si vous et votre mari n'existiez pas. Les seules fois où Choupette daigne vous parler, c'est pour vous dire, en bêtifiant à outrance, que Minouche d'amour est un amour et de conclure sa démonstration par un baiser digne d'une plongée de Jacques Mayol.
Le spectateur lambda se dit alors que ces deux là s'aiment à la folie, mais mon expérience des dîners en ville ainsi que la tenue comptable des divorces dans mon cercle d'amis, m'ont rendue suspicieuse. Cet amour dégoulinant cache une toute autre réalité.Certains diront que je suis jalouse - je ne pense pas - froide et cynique - probablement. Il est vrai que je ne me suis jamais abaissée à minauder et à bêtifier, je n'ai ni envie ni besoin de ça pour aimer, au contraire. Je ne me contente pas d'un stupide "Pupuce" ou "Bébé", je suis bien plus exigente que cela. Pour moi, ce n'est qu'une façade.
Fiodor Dostoïevski l'a bien compris qui déjà en 1863 décortique les codes sociaux dans ses "Remarques écrites en hiver sur des impressions d'été" , révélant ainsi leur face cachée.
"Lorsque le bourgeois s'attendrit et qu'il veut tromper sa femme, il l'appelle toujours "Mabiche". Et inversement, la femme aimable, dans un accès de gracieuse folâtrerie, appelle son gentil bourgeois "Bribri", ce dont le bourgeois est très content de son côté. .../... Bribri devient de plus en plus complaisant et accommodant dans les rapports conjugaux. Il comprend que, quoi qu'on dise, de quelque manière que l'on s'arrange, il est impossible de retenir Mabiche, que la parisienne est créée pour l'amant."
(On sous-estime le talent comique et le côté bout-en-train de Dostoïevski, n'est-ce pas ? Remarque débile de votre dévouée à ne surtout pas ressortir lors d'un dîner en ville.)
J'affirme donc que plus un couple se donne en public du surnom mielleux et ridicule, plus il y a de chance que l'un des partenaires aille voir ailleurs. Je suis encore plus catégorique : un homme ou une femme qui appelle son conjoint par sa "nunucherie" plus de dix fois au cours d'une soirée tout en le caressant ou l'embrassant dans le cou, le trompe. J'ai pu le vérifier à de nombreuses reprises. Moins de six mois après le dîner, ces couples en question explosaient.
Bibiche ou Choupette finalement, ça rassure, ça donne bonne conscience alors même que l'amour à déjà fui le couple. Ce n'est plus qu'une question de temps pour que le couple éclate définitivement. Bibiche et Choupette ne sont déjà plus qu'une illusion, une illusion sociale. On donne à voir l'image d'un couple heureux et épanoui, fort et indestructible alors même que mensonges et tromperies fragilisent déjà les fondations comme autant de termites s'attaquant à un chalet de montagne.
Deux solutions :
- Le conjoint trahi fuit, mettant fin au couple.
- On continue à se donner du surnom concon en public pour mieux se tromper en privé.
Je préfère la seconde solution. Non pour moi, mais parce que cela pimente davantage mes dîners en ville. D'ailleurs, quand je ne réponds pas immédiatement à vos questions au cours d'un dîner, sachez que je suis simplement occupée à comptabiliser les "Bibiche" et "Choupette" de mes voisins de table.
On s'amuse comme on peut.
| Commentaires (0) | Tags : couple
18.06.2011
CHER LECTEUR,
Sache que je ne te prends pas pour un con, même si parfois tu fais quand même tout pour.
Tout blogger a un "tableau de bord" qui lui permet de savoir qui vient lire son blog. Hou ! Je sens que certains commencent à angoisser :
- Hein ? Elsa sait que j'ai fait des recherches sur elle, en cachette, sans le dire à personne ?
Alors je te réponds : OUI !
Mais je te rassure, je ne sais pas précisément qui tu es. Enfin, j'ai quand même quelques moyens de le deviner à ma portée.
Par exemple, je sais combien de pages ont été lues, donc, quand je vois que TOUT mon blog a été lu, c'est souvent quelqu'un qui me connait et qui a fait des recherches sur GOOGLE pour savoir ce que cette sale petite peste bonne vieille copine d'Elsa est devenue depuis toutes ces années.
- Bah, tu vois, je vais super bien, merci ! Toujours la même ! Toi, en revanche, t'as morflé ; la vache, fallait pas t'épouser !
D'autres fois, je devine qui tu es grâce aux mots que tu balances dans ton moteur de recherche.
Quelques exemples :
-
Quand, sur Google, tu tapes "comment prendre soin de mon vagin et de mes seins et avoir mon cul gonflé à l'hélium", (ne me demande pas comment on peut arriver sur mon blog grâce à cette requête, cela reste un grand mystère pour moi !) j'en déduis que tu as pris au pied de la lettre l'expression "s'envoyer en l'air" : navrée de te décevoir, tu auras beau gonfler tes fesses à l'hélium, tu n'auras pas d'orgasme pour autant ! Tu risques juste de t'envoler.
-
Tu as également cherché sur Internet des "photos de femme mariée aimant montrer son cul dans son jardin". Qu' apprend-on de toi alors ? Soit tu es un poête, soit un pervers ! Mais sache, que je vis en appartement.
Parfois, tu essaies de faire plus ample connaissance en m'envoyant des messages sur ma boîte mail :
-
"Elsa, ton blog m'est devenu indispensable ... Je passe mon temps à t'imaginer ... Je serais le plus heureux des hommes si tu m'envoyais une photo de toi nue, si possible. " Oui, je sais que ce blog fait fantasmer beaucoup d'hommes, mais pourquoi crois-tu que la seule photo de ce blog soit une photo de mes pieds ? Parce que ma tête est beaucoup, beaucoup, beaucoup moins bien ! Et puis, j'ai l'air aussi sympathique qu'une porte de prison. Je ne vais quand même pas effrayer le lecteur en lui imposant une photo de mon visage. Tu es déçu, hein ? Oui, la vérité est parfois terrible. Mais au moins, comme ça, tu n'encombreras plus ma boîte Mail de messages d'amoureux transi.
-
En plus de ça, j'ai reçu, suite à la parution de la photo de mes pieds, des mails de toi, fétichiste du pied qui souhaiterais ardemment me sucer le gros orteil droit. Je suis sincèrement désolée, mais ça ne va pas être possible. Console-toi en te disant que je suis allée à la piscine hier et que j'ai très certainement attrapé une verrue plantaire.
De temps à autre j'ai du mal à comprendre le cheminement de ta pensée - et encore plus le fonctionnement de Google ; à croire que tous les chemins, surtout les plus tordus, mènent à mon blog - notamment quand tu tapes :
-
"Etre enceinte après une seule trempe" : moi j'appelle ça tomber enceinte à la suite d'un viol.
-
"Est-ce que les mamelons d'une femme enceinte brillent au début ?" Bah, je n'en sais fichtre rien et je dois bien avouer que je m'en moque comme de mon premier soutien-gorge.
-
"Elsa à quatre pattes sous le bureau du chef". Attention, en ce moment, le harcèlement sexuel, ça peut te coûter ton boulot.
-
"Toute nue chez le dermatologue" : c'est quand même plus facile pour le toubib pour examiner tes grains de beauté.
-
"Striptease dans un couloir" : compte pas trop là-dessus mon coco !
Enfin, je trouve affreusement vexant que tu oses taper "ton cul n'est plus tout neuf" et qu'en plus tu réussisses à arriver chez moi avec ce type de recherche.
Heureusement, toi, mon vrai lecteur, qui m'aimes pour ce que je suis, tu tapes : "Elsa est super sexy et intelligente", ou encore "Elsa est la plus belle" pour me retrouver sur le net, et bien je peux te dire que TU AS TOUT COMPRIS !!! et je suis complètement d'accord avec toi. Parfois même, tu cliques "coeur Elsa" : je suis effectivement un amour !
PS : Pas la peine de dire que le Coeur Elsa est la dernière création de Pierre Hermé ...
| Commentaires (0) | Tags : n'importe quoi
17.06.2011
A FOND, A FOND, A FOND !!!
| Commentaires (0) | Tags : moi, n'importe quoi
14.06.2011
LA VISITE.
Il y a certaines règles que je n'ai pas réussi à imposer à mes deux charmants bambins : ne pas dire de gros mots (dès que j'ai le dos tourné ils s'en donnent à coeur joie. En ce moment, ils sont même poêtes : "Prout de mammouth, ça schmoukte. Prout de mouette, avis de tempête"), ne pas se battre comme des chiffonniers, ne pas forcément s'exprimer tout haut (un exemple : "maman, si le monsieur buvait moins de coca cola et mangeait moins de chips, il ne serait pas aussi gros. Hein, c'est vrai maman ?"). Bref, pour ne pas qu'on me jette la pierre au parc ou dans la rue, il m'arrive parfois de regarder les autres parents en prenant un air horrifié : "Ah non, ces deux horribles enfants ne sont pas les miens ! Où donc peut être leur mère ?"
Cependant, s'il me reste quelques problèmes éducatifs à résoudre avec ma marmaille, j'ai réussi deux trois trucs. De fait, mes deux anges (mais si !) savent se tenir dans le bus, sont irréprochables au restaurant ce qui nous vaut à chaque fois les félicitations du personnel et pourraient en remontrer à certains adultes dans les musées.
"Les musées ?" me répondront certains narquois, "on n'y va pas tous les jours ! Pfff."
Là est l'erreur, leur répondrai-je. Les miens sont presque nés dedans. Un adulte n'ira au musée qu'à la condition qu'on lui ait appris enfant.
"Mais des enfants si petits dans un musée ? Ils vont s'ennuyer ?"
On n'emmène pas un petit enfant dans un musée de la même façon qu'on y emmène un adulte !
-
On choisit des espaces vastes dans lesquels l'enfant peut déambuler à son aise : le Louvre, le Centre Pompidou, Orsay, les Arts Premiers sont parfaits. Ces bâtiments en eux-même valent le détour : diversité des espaces au Louvre avec ses nombreuses galeries et sa multitude de salles, les différents "panoramas" à Orsay, le côté ludique des Arts Premiers avec ses "labyrinthes" de couleurs, ou encore l'immense hall, les escalators et la vue sur tout Paris de Beaubourg.
-
On évite par conséquent le musée du Sénat : trop petit avec ses trois minuscules salles. Si vraiment vous voulez tenter avec des enfants, sachez qu'il vous en coûtera 11 euros par tête et qu'ils ont même voulu faire payer au fils d'une de mes amies : son fils avait trois mois et était en train de dormir dans le porte-bébé ! Les poussettes ne sont pas admises. Mieux vaut y aller le matin pour éviter la foule et ainsi voir les oeuvres exposées. L'étroitesse des lieux fait qu'on n'a pas de recul : il vous faudra porter votre enfant dans vos bras pour qu'il puisse voir quelque chose.
-
On choisit des expositions "amusantes". Ils adorent tous voir les momies au Louvre, les têtes réduites des coupeurs de têtes de Bornéo aux Arts Premiers, le rhinocéros en résine rouge à Pompidou (attention, il n'est pas toujours exposé !), les jouets aux Arts Décoratifs, les créations délirantes au Musée d'Art Moderne (évitez le Palais de Tokyo : trop petit !).
-
On dépose TOUJOURS ses vêtements au vestiaire : c'est gratuit et beaucoup plus pratique de se ballader sans avoir à porter sa doudoune et son parapluie !
-
On se ballade dans un musée quand on a des enfants !!! On les laisse regarder ce qu'ils ont envie, parce qu'ils n'ont pas forcément les mêmes goûts que vous et ne sont donc pas sensibles aux mêmes choses que vous. Certes, on a droit de leur présenter des oeuvres et on en profite pour leur expliquer deux trois bricoles, mais on fait simple et court (il ne s'agit pas les saouler ! ) et surtout, on évite de leur raconter des âneries : "regarde le beau Fragonard", quand c'est une toile de Matisse. (Oui, ce sont des choses qui arrivent ! Tendez l'oreille dans les musées, vous verrez qu'on entend un certain nombre de conneries !) Mieux vaut ne rien dire -on vous pardonnera de ne pas connaître tous les artistes. Qui d'ailleurs peut se targuer de les connaître tous ? - que dire des bêtises grosses comme vous !
-
On leur prête un appareil photo et on leur propose de faire une sorte de reportage : les enfants photographieront tout ce qu'ils aiment et regarderont leur "travail" à la maison ensuite.
-
On ne reste pas des heures, au bout d'un moment c'est ennuyeux et fatiguant, pour eux comme pour vous : ne prenons pas les tics des parents profs à l'éducation nationale (et je sais de quoi je parle !). Des visites courtes ! mais plus fréquentes, c'est bien mieux.
-
On diversifie : un jour, sculpture au Louvre, une autre fois les expos interactives du palais de la Découverte ou de la Cité des Sciences (étudiez bien le programme chez vous avant et pensez à réserver !!!), ensuite, des dinosaures à la Grande Galerie de l'Evolution. (Attention ! pas tout le même jour, on espace les visites !)
-
On va faire un tour à la boutique du musée, pas forcément pour acheter mais parce qu'il y a toujours des petits gadget amusants à découvrir (mention spéciale à la boutique de la Maison de la Culture du Japon). Quand on quitte le Louvre, on fait un tour au Carrousel : les enfants vont jouer un peu dans la boutique Apple puis vont lire chez Virgin, ça vous laisse du temps pour fouiner tranquillement au rayon bouquins ; tout le monde est content !
C'est ainsi que vos enfants prendront le pli. Aller au musée deviendra alors la chose la plus naturelle au monde. Une petite victoire pour vous, une grande chance pour eux !
| Commentaires (0) | Tags : paris, enfant
10.06.2011
POLITICALLY ROND, UNPOLITICALLY GROS.
- Silence, Elsa !
- Pourquoi ?
- Parce que la société actuelle impose qu’on tourne sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler.
- Tant pis, je le dis quand même.
- Pfff, allez-y puisque de toute façon vous vous foutez éperdument de mes conseils. Comme toujours d'ailleurs. Vous avez vraiment un caractère de cochon et ça ne s'arrange pas avec l'âge, ma chère Elsa !
- Cet enfant est obèse !
- Mais non, cet enfant n’est pas obèse, il est rond.
- Quiconque ose parler de surpoids, quiconque ose actuellement mettre la minceur à l’honneur, se voit marquer du sceau de l’infamie. La mode, et son grand gourou de Karl Lagerfeld en tête depuis qu’il a lancé son pavé dans la mare - « Vous avez des mères assises devant la télé avec un paquet de chips qui disent que les mannequins minces sont horribles» - sont cloués au pilori. Pourtant, il suffit de regarder autour de soi : la Grossitude fait des ravages.
Lorsque j’étais enfant, il y avait un gros ou encore un "mammouthi" ou un "bouboule", ainsi qu’ils étaient la plupart du temps surnommés par leurs charitables petits camarades, par collège, soit à peu prêt un élève sur cinq cents. Cet enfant était bien souvent extrêmement suivi par le corps médical et ses parents qui s’échinaient à grand coup de légumes vapeur et de cours de sport à lui faire perdre ses kilos en trop. Les représentations enfantines dans le cinéma, la littérature ou la publicité faisaient la part belle aux pattes de mouches de petits Gibus en godillots et culottes courtes.
Aujourd’hui, les héros de dessin animé sont à la limité de l’obésité : Russell, le petit garçon de Là-Haut, passe tout le film à manger du chocolat et son surpoids l’empêche de grimper à une corde ou bien de terminer une course sans souffler comme un bœuf. Tout cela est finalement très politically correct ; les studios Disney Pixar s’adaptent à leur public : des enfants passant leur temps à regarder des films en se goinfrant de pop corn au lieu de courir au parc, de faire du sport ou tout simplement de marcher. Leur lieu de sortie préféré est Eurodisney (tiens donc, encore Disney. Simple hasard ?), temple de la Grossitude et capitale de la friture, où l’on se rend en famille : grosse maman et gros papa tenant d’une main la poussette de leur enfant de quatre ans plein de bourrelets et déjà fatigué et essoufflé à la simple idée de poser un pied par terre. Comment pourrait-il marcher d’ailleurs ? Il tient des doghnuts dans une main, une auge de pop corn dans l’autre et a la bouche pleine de coca-cola. Les professionnels de la santé ont beau seriner à ces parents amateurs d’aliments transformés et saturés en graisse que l’espérance de vie de leur rejeton diminue de quinze ans, ces énormes loches qui confondent éducation physique et sitting devant la télévision ont ces commentaires quand, l’été, au bord d’une piscine municipale ou sur une plage publique, ils croisent un enfant à la courbe de poids en parfaite adéquation avec sa taille : « Si mon fils était si maigrichon, je serais vraiment inquiète. » Cette grosse vache parlait de mes fils ! Alors, on gave, on donne à boire des cannettes de soda, on n’achète plus de fruits et de légumes : « Trop cher ! » dit-on, alors même qu’une pizza coûte le double d’un kilo de fruits de saison. On n’envoie plus son enfant à la cantine qui pourtant lui assurait le seul repas équilibré de la journée « c’est pas bon, y a que des haricots verts » et on lui achète chaque midi un kebbab. Et l’enfant grossit. On lui dit alors : « il est en pleine forme cet enfant. Regardez donc ses bonnes grosses joues. » Doucement, la grosseur se normalise.
Afin de ne pas heurter la sensibilité de ces nouveaux gros, il convient alors de ne pas utiliser de termes trop explicites : dorénavant, on ne dit plus gros ou obèse mais rond et on les met en avant dans les médias. Les publicitaires ne s’y sont pas trompés qui castent des femmes taille 44 pour vendre leur nouveau gel douche. Marianne James pose nue en une de Gala. Et il faut s’extasier devant cette cellulite qu’on surnomme rondeur sous peine de passer pour une pro anorexie. Il faut congratuler ces femmes qui osent exhiber leur corps déformé par la graisse mais magnifié (?) par le maquillage et les logiciels photos, alors que les publicitaires ne font que s’adapter à leur nouvelle clientèle avide de reconnaissance. Même les gros achètent du gel douche.
Qu’un électron libre comme Karl Lagerfeld, ancien gros reconverti, ose dire que les femmes minces font rêver, et c’est le scandale assuré. Le net s’en fait l’écho et l’on pointe à nouveau du doigt les mannequins trop maigres qui seraient à l’origine de l’anorexie des jeunes filles, alors que les statistiques le prouvent : les facteurs de causalité de l’anorexie des jeunes filles sont des facteurs psychologiques (très forte sensibilité, difficulté à s’affirmer ...) et issus de la sphère familiale (difficulté à affirmer ses émotions, parentification c'est-à-dire inversion des rôles parents-enfants, grandes attentes et tendances à souligner les performances …). Certes, le cadre culturel et social (pressions sociales, image du corps idéal véhiculé par les magazines de mode, idéal de perfection …) peut également mener à l’anorexie mais ce n’est pas la majorité des cas.
Et puis, si l’on poursuit ce raisonnement qui veut que ce soient les images de femmes très minces dans la presse qui créent l’anorexie, on peut alors dire également que les images d’une Marianne James nue incitent à l’obésité.
Ah, mais non, ça on ne peut pas le dire, ce ne serait pas politiquement correct !
10.04.2011
VENEZ DONC VOUS ASSEOIR !
Le temps étant magnifique aujourd’hui, rendez-moi une petite visite. C’est la journée idéale pour s’asseoir sur … moi ! Oui, sur moi : je suis le banc du Jardin des Plantes. Je pourrais tout aussi bien être un banc du Parc Monceau ou du Bois de Boulogne, ou encore du Jardin du Luxembourg. Ah non, pas le Luxembourg, ce sont des chaises là-bas. Peu importe quel parc, nous sommes tous bancs !
Mais, au Jardin des Plantes, il se passe une petite révolution parmi mes congénères : de nouveaux bancs sont progressivement installés et je suis plutôt fier d’être le petit nouveau. Vous me trouverez du côté ensoleillé sous les platanes ; je suis en métal beige quand les anciens sont encore en bois.
Mais on n’arrive pas là d’un coup de baguette magique. Tout d’abord, nous sommes entassés dans le hangar du chef jardinier où des conférences sont données. Voici les intitulés des cours :
· Le banc dans le Jardin d’Eden.
· Bancs et banquets dans la grotte de Platon (427 av JC – 348 av JC).
· L’importance du banc dans les cités grecques et romaines : Sénat, arènes et théâtre.
· Les migrations du banc au fil de la Loire sous François Ier (1494 – 1547).
· Le Concile de Trente : naissance du banc d’église (1545).
· La place du banc dans la roseraie de Pierre de Ronsard (1524 – 1585).
· Bancs et jeux d’eau à la cour de louis XIV (1682 – 1715).
· Les bancs en place de grève sous la Révolution (1789 – 1794).
· Le banc à Sainte-Hélène : solitude et déchéance (1815 – 1821).
· Les bancs dans les usines de la Révolution Industrielle.
· Bancs brûlés et barricades : la Commune de Paris (1871).
· Les bancs dans les casernes : solidarité et fraternité entre Poilus (1914 – 1918).
· Les Trente Glorieuses : du banc de l’école communale aux bancs du lycée de la grande ville.
· 1968 : les bancs de la Sorbonne désertés pour les barricades.
Chaque banc, à l’issue de son cursus, doit faire un exposé. J’ai choisi de m’intéresser à l’Epoque Moderne : c’est, selon moi, l’âge d’or du banc. Rien de plus merveilleux qu’un banc dans les jardins de Versailles. Le comble du romantisme quand, par une nuit de pleine lune, Neptune s’échappait de son bassin pour rejoindre, à dos de dauphin, sur un banc de pierre, au détour d’un bosquet, une nymphe enamourée. Quel panache !
En fonction des résultats aux examens, les bancs sont affectés dans divers lieux : le major de la promotion rejoint les jardins de l’Elysée, son avenir est tout tracé, il deviendra bankable. Les suivants sont installés dans les parcs côté soleilpuis, en fonction des places restantes, côté ombre ou dans des endroits où il y a peu de passage. Ceux sont les résultats sont vraiment mauvais sont affectés sur les aires d’autoroutes.
Comme je vous l’apprenais précédemment, les bancs en bois du Jardin des Plantes sont progressivement remplacés par des modèles en métal plus tendance. Pour cela, on a fait un appel d’offre et des designers reconnus ont proposé leur vision du banc du nouveau millénaire. Le Prince Jardinier, dont la boutique est au Palais Royal, a imaginé un modèle rayé noir et blanc, mais les colonnes de Buren ont manifesté leur opposition et le projet a été abandonné. Les Vilmorin ont dessiné un banc qu’ils ont appelé Louise, entièrement recouvert de graffitis représentant les signatures de Jean Cocteau, Anaïs Nin, Saint-Exupéry et André Malraux. Hélas, le prix de ce banc étant bien trop élevé le Louise a été jeté aux orties. Un nouveau designer britannique, ancien jardinier bio reconverti, a même été contacté : Charles de Galles a créé le banc Diana mais son prototype a été abîmé lors de l’accident du camion qui le transportait ; le Diana, ne pouvant plus être présenté, a été remplacé par le Camilla, plus lourd et chevalin que le précédent. Le Camilla, bien trop britannique à mon goût pour un jardin à la française, a été heureusement écarté. Tous ces designers ayant échoué lamentablement, le chef jardinier a fait appel au leader du banc en kit : IBANKA.
IBANKA a donc produit en masse ces bancs en fer beige aux lignes fluides et sobres. Le marché représente des millions. Mais depuis, les allées de platanes bruissent de mille et une rumeurs, toutes plus folles les unes que les autres. Dans les contre-allées, il se murmure les pires infamies : des malversations auraient été effectuées. Les syndicats s’en défendent. Les bancs de l’opposition – ceux de l’ombre – réclament une enquête parlementaire afin que toute la vérité soit faite sur cette affaire. Nous, les bancs, nous menaçons de faire grève. Mais comment ? Cela s’ajoute à nos conditions de travail déjà pénibles : nombreux sont les accidents dans notre métier, avec toutes ces branches qui nous tombent dessus les jours de tempête. Les plus vieux d’entre nous, en fin de vie, sont bancals. Qui voudrait d’un banc bancal ? Je vous le demande ! Ceux-là sont alors mis au ban de la société.
Enfin, malgré tous ces problèmes qui finissent par ternir notre réputation, chaque jour nous continuons notre travail. Le matin, un ou deux clochards viennent finir leur nuit en attendant que la Soupe Populaire ouvre ses portes à la Gare d’Austerlitz voisine. Puis, c’est l’heure des joggeurs qui étirent leurs muscles sur notre assise. C’est le moment de la journée que je préfère car une jolie joggeuse répondant au doux prénom d’Elsa vient bouger ses ravissantes petites fesses sous mon nez : tout un poème ! Après, une nounou asiatique dépose quelques instants les enfants dont elle a la garde et s’adonne à sa séance quotidienne de tai-chi. Quelques grands-mères viennent se détendre avant de rentrer déjeuner. Ainsi la matinée s’écoule, paisible.
Le midi, la population change : les étudiants du Quartier Latin, en attente du prochain cours, bavardent au soleil. Mais le moment du déjeuner, c’est surtout celui que choisissent les couples adultères pour se bécoter sur nous, les bancs publics.
Vient l’après-midi et ses hordes de mamans avec leurs poussettes : elles s’arrêtent le temps que bébé dorme, en profitent pour lire ou même ne rien faire, juste se reposer d’une nuit trop courte. Vers seize heures trente, après l’école, grands frères et grandes sœurs les rejoignent : je suis alors recouvert de miettes de pain au chocolat et de gouttes de jus de fruit. Mais j’ai les reins solides et ce ne sont pas ces petits détails qui m’empêcheront de continuer. Les touristes, après avoir visité la Galerie de l’Evolution, s’accordent une petite pause avant d’attaquer la Galerie de Paléontologie. Un peu plus tard, juste avant la fermeture, quelques shiteux en mal d’inspiration roulent leur pétard et, souvent, brûlent mes lattes : p’tits cons !
Puis, c’est la fin de la journée. Le parc se vide, les gardiens vérifient que tous les visiteurs sont partis. Il y en a un particulièrement sympathique qui vient toujours me voir et fume une cigarette juste avant de rentrer chez lui en métro. Quand il part, il tape doucement sur mon dossier comme pour me dire « Au revoir ! Bonne nuit et à demain, mon vieux ! » C’est drôle, j’ai beau cligner de l’œil à son attention, il semble ne jamais s’en être rendu compte …
Mais il est tard, alors, comme on dit chez nous : « Fermez le ban ! »
| Commentaires (0) | Tags : paris, promenade
09.04.2011
ILS SONT MIGNONS !
Hier soir, je dinais seule avec mes deux fils :
Le plus petit (5 ans): Maman, je suis amoureux de toi. Plus tard, je me marierai avec toi !
Moi : Impossible mon ange, je suis déjà mariée avec ton papa.
Le plus petit : Je me marierai quand même avec toi. Papa sera mort, il sera au cimetière !
Moi : Tu serais triste si ton papa était mort, non ?
Le plus petit : Oui, c'est vrai. ... Oh, j'ai une idée ! Papa va se marier avec mon grand frère !
Le grand frère (bientôt 8 ans): Mais non, impossible. Papa, il est pas gay !
29.03.2011
C'EST L'AMOUR AU BUREAU, WAOUH, TCHA TCHA TCHA;
Ne JAMAIS mélanger "amour", ou du moins sexe, et boulot.
Sortez avec un collègue : si ça ne marche pas, vous serez immédiatement cataloguée, que ce soit en bien ou en mal - c'est bien plus souvent en mal - et votre vie professionnelle deviendra un calvaire.
J'ai toujours scrupuleusement appliqué cette règle et ce dès le lycée, puisque je préfèrai chasser en dehors de l'établissement. Plus tard, j'ai évité de sortir avec mon responsable, bien que celui-ci rêvat de me voir à quatre pattes sous son bureau, ce qui expliquait certainement mes cinq convocations hebdomadaires, on ne sait jamais, sur un malentendu ? Je n'ai évidemment pas couché avec mon patron : trop vieux, trop laid, trop marié ; je ne suis pas vénale. Ces règles de conduite m'ont évité bien des soucis, excepté avec mon responsable lorsque je l'ai menacé de révéler à sa femme son comportement à mon égard pour qu'il me fiche la paix ; avec le recul, ce ne fut pas la meilleure décision de ma vie : j'ai été virée !
Malgré mes avertissements, vous voulez tenter le coup ? Deux solutions s'offrent alors à vous :
-
Ca fonctionne : Vous roucoulez, vous vous mariez ou vous vous pacsez, vous faites de beaux enfants, c'est le bonheur, les oiseaux gasouillent. Sauf que maintenant, en plus de bosser avec votre conjoint, vous partagez vos nuits, vos week-end, vos RTT et vos vacances. Pas une minute de répit ! C'est devenu l'horreur d'être ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il ne vous reste plus qu'à demander le divorce tellement la vie commune est devenue insupportable et comme maintenant il est pénible de bosser avec votre ex, vous êtes obligée de démissionner ! Quand je vous dis que ça ne marche pas.
-
Ca ne colle pas du tout entre vous : Vous avez couché avec votre charmant collègue du service recouvrement hier soir, mais ce matin vous prenez conscience que le prince charmant a l'haleine fétide d'un vieux crapaud et que ce n'est décidément pas le bon numéro que vous avez tiré (façon de parler !). Votre tranquillité est d'ores et déjà foutue. Toute la boite sait que vous êtes une fille facile qui couche dès le premier soir - en même temps, à 38 ans, on a généralement une libido qui sait exactement ce qu'elle veut ; ça fait longtemps qu'on ne joue plus les vierges effarouchées - Gérard s'en est vanté à la machine à café. Vos collègues masculins vous regardent comme si vous portiez autour du cou un écriteau sur lequel serait inscrit, au choix ; "grosse chaude, grosse cochonne, grosse salope, grosse coincée, grosse frigide", parfois tout ça en même temps. Pour les hommes, nous sommes toujours une "grosse quelque chose" !
Vous êtes toujours tentée après cette petite démonstration ? Alors,
-
Soit vous êtes la chef et vous pouvez vous débarrasser de vos amants du service recouvrement d'un coup de baguette magique.
-
Soit vous avez follement envie de vous taper le nouveau petit stagiaire qui a des fesses à se damner.
Dans les deux cas, rien à craindre, si ce n'est une accusation pour harcèlement sexuel. En revanche, ce sont eux qui devraient avoir peur de vous ...